Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

On décelait cela sur son visage.

ʿÂʾisha — qu’Allah l’agrée — dit :
« Ô Messager d’Allah, lorsque les gens aperçoivent un nuage, ils s’en réjouissent, espérant qu’il y ait de la pluie ; or je constate que, lorsque toi tu le vois, la contrariété se lit sur ton visage ? »

Il répondit :
« Ô ʿÂʾisha, qu’est-ce qui me mettrait à l’abri qu’il n’y ait pas, en son sein, un châtiment ? Un peuple fut certes châtié par le vent, et un autre vit venir le supplice et déclara : “Voilà un nuage qui va nous arroser.” »

Hadith rapporté par Muslim et at-Tirmidhî, lequel précise : « Hadith ḥasan. »

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, Ibn ʿAbbâs — qu’Allah l’agrée — rapporte du Prophète ﷺ qu’il a dit :
« J’ai été secouru par le Ṣabâ(1) et la tribu de ʿÂd fut anéantie par le Dabûr. »

Al-Mâwardî mentionne que celui qui, parmi le peuple de ʿÂd, prononça la parole : « Voilà un nuage qui va nous arroser » fut Bakr b. Muʿâwiya ; lorsqu’il vit le nuage, il s’exclama : « Je vois un nuage cendré qui n’épargnera aucun membre de ʿÂd »(2).

ʿAmr b. Maymûn rapporte que le vent ramenait jusqu’à eux l’homme absent pour le projeter ensuite dans leur assemblée.

Ibn Isḥâq dit : Hûd, ainsi que les croyants qui l’accompagnaient, se retirèrent dans un enclos ; rien du vent ne les atteignit — eux et leurs habits — sinon une légère brise qui n’amollissait que le haut de leurs vêtements, brise dont les âmes se réjouissaient. Quant aux ʿÂdites, le vent passait parmi eux, emportant les femmes en litière entre le ciel et la terre, puis les fracassait contre les pierres jusqu’à ce qu’ils périssent.

Al-Kalbî rapporte qu’un de leurs poètes composa à ce sujet :
Hûd lança sur eux une malédiction ardente,
Et soudain ils devinrent poussière, muette et ardente ;
Un vent impétueux surgit, brisant leur orgueil arrogant,
Sept nuits durant, il ne laissa sur la terre tronc ni rameau vivant.

Après leur disparition, Hûd vécut encore parmi les siens cent cinquante ans.

« Et au matin, l’on ne voyait plus que leurs demeures. »

ʿÂṣim et Ḥamza ont récité : « lâ yurâ illâ masâkinuhum », à la troisième personne impersonnelle. Ḥammâd b. Salama rapporte de Ibn Kathîr la récitation « turâ » avec le tâʾ ; cette lecture est également attestée d’Abû Bakr d’après ʿÂṣim. Les autres récitateurs lisent « tarâ » avec un tâʾ ouvert.

« Masâkinahum » est alors à l’accusatif : « Tu ne verras, ô Muḥammad, que leurs demeures. »

Al-Mahdawî commente : Celui qui lit avec le tâʾ à la forme impersonnelle s’appuie sur le mot explicite — « masâkin », nom féminin — ; c’est un usage rare, cantonné à la poésie.

Abû Ḥâtim ajoute : Cette tournure n’est correcte que si l’on sous-entend un pronom, comme l’expression : « Ne voit-on, parmi les femmes, que Zaynab ? » ; en revanche, dire : « lâ turâ illâ Zaynab » n’est pas acceptable.

(1) Ṣabâ : vent venant de l’est ; Dabûr : vent venant de l’ouest.
(2) Parole attribuée à Bakr b. Muʿâwiya annonçant l’anéantissement des ʿÂdites.

عُرِفَ فِي وَجْهِهِ. قَالَتْ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، النَّاسُ إِذَا رَأَوُا الْغَيْمَ فَرِحُوا رَجَاءَ أَنْ يَكُونَ فِيهِ الْمَطَرُ، وَأَرَاكَ إِذَا رَأَيْتَهُ عُرِفَ فِي وَجْهِكَ الْكَرَاهِيَةُ؟ فَقَالَ: ] يَا عَائِشَةُ، مَا يُؤَمِّنُنِي أَنْ يَكُونَ فِيهِ عَذَابٌ عُذِّبَ قَوْمٌ بِالرِّيحِ وَقَدْ رَأَى قَوْمٌ الْعَذَابَ فَقَالُوا هَذَا عَارِضٌ مُمْطِرنَا [خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ وَالتِّرْمِذِيُّ، وَقَالَ فِيهِ: حَدِيثٌ حَسَنٌ. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ: ] نُصِرْتُ بِالصَّبَا «١» وَأُهْلِكَتْ عَادٌ بِالدَّبُورِ [. وَذَكَرَ الْمَاوَرْدِيُّ أَنَّ الْقَائِلَ " هَذَا عارِضٌ مُمْطِرُنا" مِنْ قَوْمِ عَادٍ: بَكْرُ بْنُ مُعَاوِيَةَ، وَلَمَّا رَأَى السَّحَابَ قَالَ: إِنِّي لَأَرَى سَحَابًا مُرَمَّدًا، لَا تَدَعُ مِنْ عَادٍ أَحَدًا «٢» . فَذَكَرَ عَمْرُو بْنُ مَيْمُونَ أَنَّهَا كَانَتْ تَأْتِيهِمْ بِالرَّجُلِ الْغَائِبِ حَتَّى تَقْذِفَهُ فِي نَادِيهِمْ. قَالَ ابْنُ إِسْحَاقَ: وَاعْتَزَلَ هُودٌ وَمَنْ مَعَهُ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ فِي حَظِيرَةٍ، مَا يُصِيبُهُ وَمَنْ مَعَهُ مِنْهَا إِلَّا مَا يُلِينُ أَعْلَى ثِيَابِهِمْ. وَتَلْتَذُّ الْأَنْفُسُ بِهِ، وَإِنَّهَا لَتَمُرُّ مِنْ عَادٍ بِالظَّعْنِ بَيْنَ السَّمَاءِ وَالْأَرْضِ وَتَدْمَغُهُمْ بِالْحِجَارَةِ حَتَّى هَلَكُوا. وَحَكَى الْكَلْبِيُّ أَنَّ شَاعِرَهُمْ قَالَ فِي ذَلِكَ: فَدَعَا هُودٌ عَلَيْهِمْ ... دَعْوَةً أَضْحَوْا هُمُودًا عَصَفَتْ رِيحٌ عَلَيْهِمْ ... تَرَكَتْ عَادًا خُمُودًا سُخِّرَتْ سَبْعَ لَيَالٍ ... لَمْ تَدَعْ فِي الْأَرْضِ عُودًا وَعَمَّرَ هُودٌ فِي قَوْمِهِ بَعْدِهِمْ مِائَةً وَخَمْسِينَ سَنَةً. " فَأَصْبَحُوا لَا يُرى إِلَّا مَساكِنُهُمْ" قَرَأَ عَاصِمٌ وَحَمْزَةُ " لَا يُرَى إِلَّا مَسَاكِنُهُمْ" بِالْيَاءِ غَيْرَ مُسَمِّي الْفَاعِلَ. وَكَذَلِكَ رَوَى حَمَّادُ بْنُ سَلَمَةَ عَنِ ابْنِ كَثِيرٍ إِلَّا أَنَّهُ قَرَأَ " تُرَى" بِالتَّاءِ. وَقَدْ رُوِيَ ذَلِكَ عَنْ أَبِي بَكْرٍ عَنْ عَاصِمٍ. الْبَاقُونَ " تَرَى" بِتَاءٍ مَفْتُوحَةٍ. " مَساكِنُهُمْ" بِالنَّصْبِ، أَيْ لَا تَرَى يَا مُحَمَّدُ إِلَّا مَسَاكِنَهُمْ. قَالَ الْمَهْدَوِيُّ: وَمَنْ قَرَأَ بِالتَّاءِ غَيْرَ مُسَمِّي الْفَاعِلَ فَعَلَى لَفْظِ الظَّاهِرِ الَّذِي هُوَ الْمَسَاكِنُ الْمُؤَنَّثَةُ، وَهُوَ قَلِيلٌ لَا يُسْتَعْمَلُ إِلَّا فِي الشِّعْرِ. وَقَالَ أَبُو حَاتِمٍ: لَا يَسْتَقِيمُ هَذَا فِي اللُّغَةِ إِلَّا أَنْ يَكُونَ فِيهَا إِضْمَارٌ، كَمَا تَقُولُ فِي الْكَلَامِ أَلَا تُرَى النِّسَاءُ إِلَّا زَيْنَبُ. وَلَا يَجُوزُ لَا تُرَى إِلَّا زَيْنَبُ.
(١). الصبا (بالفتح): ريح الشمال. والدبور: ريح الجنوب. (٢). في نهاية ابن الأثير واللسان مادة (رمد) وتاريخ الطبري:" خذها رمادا رمددا، لا تذر من عاد أحدا" والرمد (بالكسر): المتناهي في الاحتراق والدقة. [ ..... ]

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