La consommation de ce qui est sain et licite est permise. Toutefois, si l’on délaisse la gratitude qui lui est due et que l’on s’aide de ces biens pour accomplir ce qui ne lui est pas permis, il en aura fait disparaître la bénédiction. Et Allah est plus Savant.
[Coran, sourate al-Aḥqāf (46), verset 21]
« Et rappelle-toi le frère des ʿĀd, lorsqu’il avertit son peuple dans les Aḥqāf ; des avertisseurs étaient passés avant lui et après lui : “N’adorez qu’Allah ; certes, je crains pour vous le châtiment d’un Jour terrible.” » (21)
Paroles du Très-Haut :
« Et rappelle le frère des ʿĀd » : il s’agit de Hūd ibn ʿAbd Allah ibn Rabāḥ – que la paix soit sur lui – qui était leur frère par la descendance, non par la religion.
« Lorsqu’il avertit son peuple dans les Aḥqāf » : c’est-à-dire : mentionne à ces polythéistes l’histoire des ʿĀd afin qu’ils en tirent une leçon.
D’aucuns disent : Allah ordonna au Prophète – paix et salut sur lui – de se remémorer intérieurement l’histoire de Hūd pour l’imiter et pour que le démenti de son propre peuple lui fût allégé.
Les Aḥqāf sont le pays des ʿĀd ; ce sont de vastes dunes de sable, selon al-Khalīl et d’autres. Par leur force, les ʿĀd avaient dominé les habitants de la terre. « Aḥqāf » est le pluriel de « ḥiqf », qui désigne une longue étendue de sable élevée et courbe n’ayant pas atteint la hauteur d’une montagne ; son pluriel est « ḥiqāf » ou « aḥqāf » – on dit aussi « ḥuqūf ». Le verbe iḥqawqafa s’emploie pour le sable comme pour le croissant de lune lorsqu’il se courbe.
On a également dit : « al-ḥiqf » est un nom collectif dont le pluriel est « ḥiqāf », tandis que « al-Aḥqāf » est le pluriel de ce pluriel.
On dit encore : « ḥiqf, aḥqaf ».
Al-Aʿshā a chanté :
« Il passa la nuit, près d’al-Arṭāt, un ḥiqf qui était aḥqaf »(1),
c’est-à-dire une dune longue et dominante ; le verbe en est iḥqawqafa.
Al-ʿAjjāj a dit :
« Le déroulement des nuits, station après station…
La clarté du croissant jusqu’à ce qu’il s’iḥqawqafa »(2),
c’est-à-dire qu’il se courba et devint arrondi.
Et Imruʾ al-Qays a dit :
« Tel un ḥiqf du Naqā…
Deux enfants marchent dessus, grâce à la douceur de son contact et sa facilité »(3).
L’objet même désigné ici par « Aḥqāf » fait l’objet de divergences.
Ibn Zayd affirme : ce sont des dunes élevées, allongées, semblables à des montagnes sans en avoir toute la hauteur ; la preuve en est ce que nous venons de rapporter.
Qatādah dit : ce sont des montagnes.
(1) Vers d’al-Aʿshā.
(2) Vers d’al-ʿAjjāj.
(3) Vers d’Imruʾ al-Qays.