On vise par cette sentence quiconque professe ce qui vient d’être mentionné ; ainsi, le début du verset est spécifique, tandis que sa fin est d’ordre général.
On a dit : lorsque ʿAbd ar-Raḥmân déclara : « Et tant de générations se sont écoulées avant moi », il ajouta : « Où donc est ʿAbd Allâh b. Judʿân ? où est ʿUthmân b. ʿAmr ? où est ʿÂmir b. Kaʿb et où sont les anciens de Quraysh, que je les interroge sur ce qu’ils avancent ? » – De sorte que la Parole divine : « Ceux-là sur qui la Parole s’est réalisée » se rapporte à ces personnages.
Je dis : dans la sourate al-Anʿâm, à propos de la parole : « Il a des compagnons qui l’appellent vers la guidée » [6 : 71], il a déjà été rapporté ce qui prouve que ce verset fut révélé au sujet de ʿAbd ar-Raḥmân b. Abî Bakr lorsqu’il était mécréant ; or, après sa conversion et la haute distinction qu’il atteignit, il devient évident qu’il n’est pas visé par l’énoncé : « Ceux-là sur qui la Parole s’est réalisée. »
« Et tous deux » – c’est-à-dire ses père et mère – « implorent Allah » : ils invoquent Allah pour qu’Il le guide, ou bien ils implorent Allah contre son mécréance. Le prépositionnel ayant été omis, le verbe régit directement le mot suivant et se trouve à l’accusatif.
Il a aussi été dit que l’istighâtha n’est autre que l’invocation ; il n’y a donc nul besoin de la préposition « bi- ».
Al-Farrâʾ dit : « Allah a exaucé sa prière et son appel au secours. »
« Malheur à toi ! Crois ! » – c’est-à-dire atteste la Résurrection.
« Certes la promesse d’Allah est Vérité » : elle est véridique, sans aucun manquement.
« Mais il dit : “Ce n’est là que” » – c’est-à-dire : ce que ses parents lui rapportent – « “des contes d’anciens” », leurs récits et ce qu’ils ont consigné, sans fondement.
« Ceux-là sur qui la Parole s’est réalisée » : il s’agit de ceux que le fils d’Abû Bakr désignait lorsqu’il disait : « Faites revivre pour moi les anciens de Quraysh », à savoir ceux visés par ses mots : « Et tant de générations se sont écoulées avant moi. »
Quant au fils d’Abû Bakr – ʿAbd Allâh ou ʿAbd ar-Raḥmân –, Allah a exaucé à son propos la supplication de son père : « Et améliore ma descendance pour moi » [al-Aḥqâf : 15], ainsi qu’il a été vu.
Le sens de « la Parole s’est réalisée contre eux » est que le châtiment leur est devenu inéluctable ; c’est la Parole d’Allah : « Ceux-ci au Paradis et Je ne M’en soucie pas, ceux-là en Enfer et Je ne M’en soucie pas. »
« Parmi des communautés » : c’est-à-dire, avec d’autres nations « qui ont passé », c’est-à-dire qui les ont précédés et disparus, « avant eux, parmi les djinns et les humains », les mécréants. « En vérité, ils » – ces peuples infidèles – « étaient perdants » à cause de leurs actes : leur effort fut vain et ils ont perdu le Paradis.
[Surate al-Aḥqâf (46), verset 19]
« À chacun des degrés selon ce qu’ils ont œuvré, afin qu’Il leur attribue pleinement leurs œuvres ; et ils ne seront point lésés. »