[Sourate al-Aḥqāf (46) : versets 13-14]
« Certes, ceux qui disent : “Notre Seigneur est Allah”, puis se tiennent dans la droiture, n’éprouveront ni crainte ni tristesse.
Ceux-là sont les hôtes du Paradis où ils demeureront à jamais, en rétribution de ce qu’ils accomplissaient. »
Sa parole – exalté soit-Il : « Certes, ceux qui disent : “Notre Seigneur est Allah”, puis se tiennent dans la droiture » : le sens de ce verset a déjà été exposé¹.
Ibn ʿAbbâs a dit : il a été révélé au sujet d’Abû Bakr as-Ṣiddîq ; toutefois, le verset demeure d’application générale.
« جَزاءً » (rétribution) est à l’accusatif en fonction de masdar.
[Sourate al-Aḥqāf (46) : verset 15]
« Nous avons enjoint à l’homme la bienfaisance envers ses père et mère ; sa mère l’a porté dans la contrainte et l’a mis au monde dans la contrainte ; la gestation et le sevrage totalisent trente mois. Lorsqu’il atteint sa pleine maturité et parvient à quarante ans, il dit : “Seigneur ! Inspire-moi la gratitude pour Ta faveur dont Tu m’as comblé ainsi que mes père et mère ; fais que j’accomplisse une œuvre vertueuse que Tu agrées ; améliore ma descendance pour moi ; certes, je me repens à Toi et je suis du nombre des musulmans.” »
Il y a là sept questions :
Première question – Sa parole – exalté soit-Il : « Nous avons enjoint à l’homme la bienfaisance envers ses père et mère. » Il expose la diversité de l’attitude de l’homme envers ses parents : tantôt il leur obéit, tantôt il leur désobéit. Il n’est donc pas étonnant qu’il en aille de même pour le Prophète – paix et salut sur lui – et son peuple : certains répondent favorablement à son appel, tandis que d’autres mécroient. Tel est, selon al-Qushayrî, le lien qui unit les propos les uns aux autres.
Deuxième question – Sa parole – exalté soit-Il : « حُسْنًا » (en toute bonté). La récitation la plus répandue lit « حُسْنًا » ; tel est également l’écriture des maṣâḥif des gens des Deux Sanctuaires, de Baṣra et de Shâm. Ibn ʿAbbâs et les lecteurs koufiens ont récité « إِحْسَانًا » ; leur argument est la parole d’Allah, dans les sourates al-Anʿâm et Banî Isrâ’îl : « وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا »² [al-Anʿâm : 151], et c’est aussi l’écriture adoptée dans les maṣâḥif de Kūfa.
L’argument de la première lecture est la parole d’Allah, dans la sourate al-ʿAnkabût : « وَوَصَّيْنَا الْإِنْسَانَ بِوَالِدَيْهِ حُسْنًا »³ [al-ʿAnkabût : 8].