Sa parole – exalté soit-Il : « Or, avant lui », c’est-à-dire avant le Coran ;
« le Livre de Moïse », à savoir la Torah ;
« comme guide », auquel on se conforme ;
« et miséricorde » de la part d’Allah.
Il existe dans l’énoncé une ellipse : « mais vous ne vous êtes pas laissés guider par lui ». En effet, la Torah contenait la description du Prophète ﷺ et l’ordre de croire en lui, qu’ils ont abandonné.
Le terme « imâman » est à l’accusatif en fonction d’état, car le sens est : « Le Livre de Moïse l’a précédé comme guide » ; « wa raḥmatan » lui est coordonné. Certains disent qu’il est à l’accusatif par l’omission d’un verbe sous-entendu : « Nous l’avons fait descendre comme guide et miséricorde ».
Al-Akhaffach a déclaré qu’il s’agit d’une reprise détachée, parce que l’expression « Kitâba Mûsâ » est définie par l’annexion ; en effet, lorsqu’un indéfini est répété, annexé ou précédé de l’article défini, il devient défini¹.
« Et celui-ci est un Livre », c’est-à-dire le Coran,
« confirmateur » de la Torah et des Écritures antérieures ; d’autres disent : confirmateur du Prophète ﷺ.
« En langue arabe » est à l’accusatif, valeur d’état : « confirmateur de ce qui l’a précédé, en arabe ». Le mot « lisânan » introduit l’état, par emphase, comme dans l’expression : « Zayd est venu à moi, homme vertueux », où l’on mentionne « homme » pour insister.
On a dit encore qu’il est à l’accusatif à cause d’un verbe sous-entendu : « Et celui-ci est un Livre confirmateur – j’entends, en langue arabe ». Autre avis : il est à l’accusatif par suppression de la préposition : « avec une langue arabe ».
Certains enfin ont soutenu que « lisânan » est un complément d’objet, désignant le Prophète ﷺ ; le sens serait alors : « Et celui-ci est un Livre confirmateur du Prophète ﷺ, car il constitue son miracle ». L’ellipse serait : « confirmateur d’un porteur d’une langue arabe ». « Lisân » est donc régi par « muṣaddiqun » et désigne le Prophète ﷺ. Il est peu probable que « lisân » renvoie au Coran, car cela impliquerait qu’il se confirmerait lui-même.
« Afin qu’il avertisse ceux qui commettent l’injustice ». La récitation la plus courante lit « li-yunḏira » à la troisième personne, prédicat du mot « Livre » : afin qu’il avertisse ceux qui se sont lésés eux-mêmes par la mécréance et la désobéissance. D’autres y voient le prédicat du Messager ﷺ.
Nāfiʿ, Ibn ʿĀmir et al-Bazī ont récité avec la tâʾ (« li-tunḏira »), lecture préférée par Abū ʿUbayd et Abū Ḥātim, comme un discours adressé au Prophète ﷺ, conformément à la parole d’Allah : « Tu n’es qu’un avertisseur »² (ar-Raʿd, 7).
« et une bonne annonce pour les bienfaisants ». Le mot « bushrâ » est au nominatif : « et il est bonne annonce ». On a dit aussi qu’il est coordonné à « Kitâb » : « et celui-ci est un Livre confirmateur et bonne annonce ». Il peut encore être à l’accusatif du fait de la suppression d’une préposition : « afin qu’il avertisse les injustes et (afin) d’être bonne annonce ». D’autres enfin en font un masdar : « et qu’il annonce aux bienfaisants une bonne annonce ». De la même manière on dit : « Je suis venu à toi pour te visiter, pour t’honorer et pour m’acquitter de ton droit », c’est-à-dire : pour te visiter, t’honorer et m’acquitter de ton droit ; ainsi « karâmah » y est mis à l’accusatif au moyen d’un verbe implicite.
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¹ Référence à la règle selon laquelle l’indéfini devient défini lorsqu’il est repris, annexé ou introduit par l’article.
² Sourate ar-Raʿd, verset 7 : « Tu n’es qu’un avertisseur ».