Elle peut être un pronom relatif, ou bien une particule interrogative employée au nominatif.
« Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé ; et je ne suis qu’un avertisseur explicite. »
On trouve également la lecture « yuḥī », c’est-à-dire : c’est Allah — Puissant et Majestueux — qui révèle ; cela a déjà été mentionné à plusieurs reprises.
[Sourate Al-Aḥqāf (46), verset 10]
Dis : « Que pensez-vous ? S’il (le Coran) vient d’Allah et que vous le reniez, alors qu’un témoin, issu des Fils d’Israël, a témoigné en faveur de quelque chose de semblable, y a cru tandis que vous vous êtes enflés d’orgueil, Allah ne guide assurément pas le peuple injuste. »
Parole du Très-Haut :
« Dis : “Que pensez-vous ? S’il vient d’Allah…” », c’est-à-dire : le Coran.
« …et que vous le reniez » : ash-Shaʿbī a dit : il s’agit de Muḥammad — qu’Allah prie sur lui et le salue.
« …et qu’un témoin parmi les Fils d’Israël témoigne… » : Ibn ʿAbbās, al-Ḥasan, ʿIkrima, Qatāda et Mujāhid ont dit qu’il s’agit de ʿAbd Allāh b. Salām, lequel attesta auprès des Juifs que le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — est mentionné dans la Torah et qu’il est un Prophète envoyé par Allah.
Dans le recueil de at-Tirmidhī, il rapporte : « Des versets du Livre d’Allah ont été révélés à mon sujet ; il s’agit de : “et qu’un témoin issu des Fils d’Israël a témoigné de quelque chose de semblable, y a cru tandis que vous vous êtes enflés d’orgueil ; Allah ne guide assurément pas le peuple injuste.” » Cela a déjà été évoqué à la fin de la sourate Ar-Raʿd¹.
Masrūq a dit : il s’agit de Moïse et de la Torah, non de Ibn Salām, car celui-ci se convertit à Médine alors que la sourate est mecquoise. Il précisa encore que l’expression « …et que vous le reniez » s’adresse aux Quraysh.
Ash-Shaʿbī expliqua, quant à lui, qu’il s’agit de ceux des Fils d’Israël qui crurent en Moïse et à la Torah, parce que Ibn Salām n’embrassa l’islam que deux ans avant le décès du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue —, tandis que la sourate est mecquoise.
Al-Qushayrī dit : « Ceux qui soutiennent que le témoin est Moïse affirment que la sourate est mecquoise, alors que Ibn Salām embrassa l’islam deux ans avant la mort du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. » Il est néanmoins possible que le verset ait été révélé à Médine et placé dans une sourate mecquoise, car il arrivait qu’un verset fût révélé et que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — ordonnât : « Placez-le dans telle sourate. »
Le verset s’inscrit dans la controverse avec les polythéistes. La force de la preuve réside dans le fait qu’ils consultaient les Juifs sur divers points ; or leur témoignage en sa faveur ainsi que celui de leur prophète à mon endroit comptent parmi les preuves les plus manifestes. Il n’est pas exclu non plus que la sourate vise la polémique avec les Juifs.
Lorsque Ibn Salām vint en musulman, avant même que les Juifs n’apprennent sa conversion, il dit : « Ô Messager d’Allah, établis-moi arbitre entre toi et les Juifs. » Le Prophète les interrogea alors à son sujet : « Quel homme est-il parmi vous ? » — « Notre seigneur et notre savant », répondirent-ils. Il reprit : « Il a certes cru en moi », et ils se mirent aussitôt à proférer contre lui des paroles injurieuses… (fin du ḥadith).
¹ Voir le commentaire du verset 43 de la sourate Ar-Raʿd.