Et l’on dit : « Les gens déferlèrent d’Arafât jusqu’à Minâ », c’est-à-dire qu’ils s’y mirent en mouvement ; tout départ collectif est appelé ifâḍa.
« Il Me suffit pour témoin » : l’expression est à l’accusatif par fonction de spécification (tamyîz).
« Entre moi et vous » : autrement dit, Il connaît ma véracité et que vous êtes dans l’erreur.
« Et Il est le Pardonneur » pour qui se repent, « le Très-Miséricordieux » envers Ses serviteurs croyants.
[Sourate al-Aḥqâf (46), verset 9]
Dis : « Je ne suis pas une innovation parmi les Messagers ; je ne sais pas ce qu’il sera fait de moi ni de vous. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé, et je ne suis qu’un avertisseur explicite. » (9)
Parole du Très-Haut : « Dis : Je ne suis pas une innovation (bidʿan) parmi les Messagers » c’est-à-dire : je ne suis pas le tout premier Envoyé ; il y eut, avant moi, des messagers — selon Ibn ʿAbbâs et d’autres.
Le mot bidʿ désigne « le premier ». ʿIkrima et d’autres ont lu « bidaʿan », avec ouverture du dâl, en sous-entendant l’ellipse d’un mot annexé ; le sens est alors : « je ne suis pas l’auteur d’une innovation ». On a dit encore : bidʿ et badîʿ sont synonymes, comme niṣf et naṣîf.
On dit : « abdaʿa le poète », c’est-à-dire : il a produit quelque chose de remarquable. Une chose qualifiée de bidʿ (avec kasra) est « inédite » ; untel est bidʿ dans tel domaine, c’est-à-dire d’une originalité sans pareille ; et l’on dit, d’après al-Akhfash : « un peuple abdâʿ » (d’une rare excellence).
Qaṭrub cita ces vers de ʿAdî b. Zayd :
« Je ne suis point le seul aux revers qui surviennent,
Des hommes, après détresse, au bonheur parviennent. »¹
« Et je ne sais pas ce qu’il sera fait de moi ni de vous » : il vise ici le Jour de la Résurrection.
Lorsque ce verset fut révélé, les polythéistes, les Juifs et les hypocrites s’en réjouirent et dirent : « Comment suivrions-nous un Prophète qui ne sait pas ce qu’il adviendra de lui ni de nous ? Il n’a donc aucun mérite sur nous. S’il n’inventait pas ce qu’il dit de son propre chef, Celui qui l’a envoyé l’aurait informé de ce qu’Il fera de lui. » Alors descendit le verset :
« Afin qu’Allah te pardonne tes péchés passés et futurs… »² [al-Fatḥ : 2]
Ce verset abrogea le précédent et réduisit à néant les prétentions des mécréants.
Les Compagnons dirent : « Félicitations à toi, ô Messager d’Allah ! Allah t’a clairement informé de ton sort ; si seulement nous savions, nous, ce qu’Il fera de nous ! » Puis fut révélé :
« Afin qu’Il fasse entrer les croyants et les croyantes dans des Jardins sous lesquels coulent les rivières… »³ [al-Fatḥ : 5]
Et encore : « Et annonce la bonne nouvelle aux croyants qu’ils recevront d’Allah un immense mérite. »⁴ [al-Aḥzâb : 47]
Ainsi l’ont rapporté Anas, Ibn ʿAbbâs, Qatâda, al-Ḥasan, ʿIkrima et ad-Ḍaḥḥâk.
Ummu l-ʿAlâ’, une femme des Anṣâr, déclara : « Nous avons tiré au sort les Muhâjirûn, et le sort nous fit échoir ʿUthmân. »