ce qu’il contient, quand bien même les témoins ignoreraient le contenu de l’écrit. Il en est de même pour le testament, ou pour l’écriture d’un homme reconnaissant devoir une somme à autrui : lorsque les témoins attestent que c’est bien son écriture, et cas semblables, l’imâm est catégorique : le jugement est alors rendu sur cette base.
On a dit : « ou quelque trace de savoir », c’est-à-dire un reste de science ; telle est l’explication d’Ibn ʿAbbâs, d’al-Kalbî, d’Abû Bakr b. ʿAyyâsh et d’autres. Dans le Ṣiḥâḥ, l’expression « ou quelque trace de savoir » signifie également « un reliquat » ; il en est de même pour le terme al-atharah, avec voyellation.
On dit : « Les chameaux ont engraissé sur une athārah », c’est-à-dire sur le reliquat de graisse qui subsistait auparavant.
Al-Mâwardî et ath-Thaʿlabî ont cité ces vers du poète ar-Râʿî :
D’un maigre reste elle se repaît encor, A
Dévorant les pousses que le mont abrite ; A
Sur la crête elle broute un végétal sonore, B
Dont la sève jaillit, bouillonnante et subite. B
Al-Harawî a dit : « al-atharah et al-athar désignent le reliquat » ; l’on dit : « Il n’y a plus ni œil ni trace. »
Maimûn b. Mihrân, Abû Salamah b. ʿAbd ar-Raḥmân et Qatâdah ont expliqué : « ou quelque trace de savoir » = une part particulière de science.
Mujâhid a dit : un récit que vous rapportez de ceux qui vous ont précédés.
ʿIkrimah et Muqâtil : un récit transmis des prophètes.
Al-Quraẓî : il s’agit de l’isnâd.
Al-Ḥasan : le sens est « ce qui est mis au jour ou extrait ».
Az-Zajjâj : « ou quelque atharah » = un signe. Al-atharah est un nom d’action, comme as-samâḥah (générosité) ou ash-shajâʿah (bravoure). Le mot dérive de al-athar, la narration ; on dit : athartu al-ḥadîth, athuruhu atharan, athâratan, uthratan : « je rapporte un propos d’autrui ».
De là l’on dit : ḥadîthun maʾthûr, c’est-à-dire transmis de génération en génération.
Al-Aʿshâ a dit :
C’est de cela même que vous disputiez tous deux, A
Pour l’auditeur, le transmetteur, tout est clair et lumineux. A
On le rapporte aussi avec la variante « bayna ». On lit encore « aw uthrah » en donnant le ḍamma à la hamza et en amuissant le thâʾ. L’expression peut donc signifier « un reste de savoir », ou bien « quelque chose transmis des Écritures anciennes ».
Quant au maʾthûr, c’est tout propos rapporté dont la chaîne de transmission est authentique [1].
As-Sulamî, al-Ḥasan et Abû Rajâ’ ont récité avec ouverture de la hamza et du thâʾ, sans alif : athrah, c’est-à-dire une part spécifique de science qui vous a été accordée, ou par laquelle vous avez été privilégiés. D’après al-Ḥasan et d’autres on lit aussi « athrah » avec hamza ouverte et thâʾ muette ; ath-Thaʿlabî mentionne la première forme, al-Mâwardî la seconde.
Ath-Thaʿlabî rapporte encore d’après ʿIkrimah : « ou un héritage de savoir ».
« si vous êtes véridiques ».
Cinquièmement —
La parole du Très-Haut : « Apportez-moi un Livre antérieur à celui-ci, ou quelque trace de savoir » expose les différentes voies de la preuve ; la première est la preuve rationnelle, ainsi qu’Il — exalté soit-Il — dit :