Cela a été affirmé par Muqâtil, et c’est le sens même de la parole de Mujâhid.
D’aucuns ont dit que l’expression « son Livre » désigne le registre que les anges ont consigné à son sujet. D’autres y voient le Livre révélé à la communauté, afin que l’on vérifie si elle a mis son contenu en pratique. D’autres enfin estiment qu’il s’agit ici de la Table préservée (al-Lawḥ al-Maḥfûẓ).
Yaʿqûb al-Ḥaḍramî a récité « kulla ummatin » à l’accusatif, en apposition à la première occurrence de « kullin », parce que la seconde mention apporte une précision que ne contient pas la première : le simple fait de les voir agenouillées ne renseigne pas sur la raison de cette posture, tandis que la seconde précise le motif qui y conduit, à savoir l’appel de chaque communauté à son Livre.
Il a également été avancé que l’accusatif est régi par l’emploi sous-entendu du verbe « tu vois » (tarâ), alors que le nominatif s’expliquerait par une phrase nominale.
« Aujourd’hui, vous serez rétribués pour ce que vous accomplissiez » – qu’il s’agisse de bien ou de mal.
Sûrat al-Jâthiyah (45), verset 29
« Voici Notre Livre : il parle contre vous en toute vérité ; certes, Nous faisions recopier tout ce que vous faisiez. »
Au sujet de la parole du Très-Haut : « Voici Notre Livre », on a dit que c’est Allâh qui l’adressera aux gens ; d’autres pensent que ce seront les anges.
« Il parle contre vous en toute vérité » signifie : il témoigne. Il s’agit d’une métaphore ; l’on dit en arabe : « le livre a parlé de telle chose », c’est-à-dire : il l’a clairement exposée.
On a aussi avancé qu’ils liront ce Livre et qu’il leur rappellera alors leurs actes, de sorte qu’il est comme s’il parlait contre eux. La preuve en est la parole divine : « Et ils diront : “Malheur à nous ! Qu’a donc ce Livre ? Il n’omet ni petite ni grande chose sans l’avoir dénombrée.” » (al-Kahf, 49).
Il est dit également dans Sûrat al-Muʾminûn : « Et auprès de Nous se trouve un Livre qui parle en toute vérité, et ils ne seront point lésés. »(2) – verset déjà cité(3).
Le verbe « parle » (yanṭiqu) peut être considéré soit comme un état circonstanciel se rapportant au Livre, soit à « ceci », soit comme un second prédicat pour celui-ci ; on peut aussi tenir « Notre Livre » pour une apposition à « ceci », « parle » devenant alors le prédicat.
« Certes, Nous faisions recopier tout ce que vous faisiez » signifie : Nous ordonnions que soit transcrit tout ce que vous accomplissiez.
ʿAlî – qu’Allâh l’agrée – a dit : « Allâh possède des anges qui descendent chaque jour avec un feuillet où ils consignent les œuvres des fils d’Âdam. »
Ibn ʿAbbâs a déclaré : « Allâh a mandaté des anges purifiés qui, durant le mois de Ramadân, copient du Livre-Mère tout ce qui adviendra des œuvres des fils d’Âdam ; chaque jeudi, ils confrontent ces copies aux registres des anges gardiens préposés aux serviteurs, et ils trouvent que ce qu’ont rapporté les gardiens correspond exactement à ce qu’ils ont transcrit de ce Livre, sans qu’il y ait la moindre addition ni omission. »
Ibn ʿAbbâs ajouta : « Et pourrait-on copier autrement que d’un Livre ? »
Al-Ḥasan a dit : « Nous copions ce qu’ont inscrit les anges gardiens. »