Parole du Très-Haut :
« Et lorsque Nos versets clairs leur sont récités. »
C’est-à-dire : lorsque ces polythéistes entendent la lecture de Nos versets révélés qui attestent la possibilité de la résurrection, ils ne disposent d’aucune réfutation.
« Leur unique argument n’a été que de dire : “Faites donc revenir nos pères.” »
Le mot « leur argument » est l’attribut du verbe kâna, et le sujet est l’expression : « si ce n’est qu’ils dirent : faites revenir nos pères », c’est-à-dire les morts, afin que nous les interrogions sur la véracité de ce que vous avancez. Allah — exalté soit-Il — leur répondit :
« Dis : “Allah vous fait vivre” »
— après que vous avez été de simples gouttes de sperme, dépourvues de vie —
« puis Il vous fait mourir, puis Il vous rassemblera au Jour de la Résurrection »,
comme Il vous a déjà fait vivre ici-bas.
« Mais la plupart des gens ne savent pas »
qu’Allah les fera revenir à l’existence comme Il les a créés la première fois.
Az-Zamakhsharî dit :
« Si tu demandes : pourquoi leur propos est-il qualifié d’“argument” alors qu’il n’en est pas un ?
Je réponds : parce qu’ils l’ont brandi comme un plaideur brandit sa preuve, et l’ont présenté sous cette forme ; on l’a donc appelé “argument” par dérision. Ou bien parce que, dans leur estimation, il constitue réellement un argument.
Ou encore, par analogie avec la tournure du vers :
“Le salut qui les unit est un coup douloureux” (1),
comme s’il avait été dit : leur argument n’a été rien d’autre que ce qui n’est pas un argument ; l’intention est de nier qu’ils possèdent la moindre preuve.
Si tu dis : comment la réplique « Dis : “Allah vous fait vivre” » répond-elle à leur défi « Faites revenir nos pères, si vous êtes véridiques » ?
Je réponds : lorsqu’ils ont nié la résurrection et traité les messagers de menteurs, pensant que leur parole était une objection cinglante, on les a renvoyés à ce qu’ils admettent : qu’Allah — Puissant et Majestueux — est Celui qui les fait vivre puis mourir. À cette concession s’ajoute l’obligation de reconnaître, s’ils sont équitables et prêtent l’oreille à l’appel de la vérité, qu’Il les rassemblera au Jour de la Résurrection. Et Celui qui est capable de cela est, a fortiori, capable de faire revenir leurs pères ; c’est pour Lui la chose la plus aisée.
[Surat al-Jâthiyah (45), verset 27]
« À Allah appartient la royauté des cieux et de la terre ; et le Jour où l’Heure se lèvera, ce Jour-là, les négateurs seront perdants. »
Parole du Très-Haut : « À Allah appartient la royauté des cieux et de la terre », c’est-à-dire la création et la pleine possession.
« Et le Jour où l’Heure se lèvera, ce Jour-là, les négateurs seront perdants. »
Le premier terme « jour » est à l’accusatif, régi par le verbe « seront perdants », et l’expression « ce Jour-là » se répète pour renforcer l’idée.
(1) « Le salut qui les unit est un coup douloureux » : vers arabe cité pour illustrer l’ironie stylistique.