Au sujet d’al-Ḥârith ibn Qays, du clan des Ghayâṭila «1». An-Naqqâsh rapporte, quant à lui, que le verset fut révélé au sujet d’al-Ḥârith ibn Nawfal ibn ʿAbd Manâf.
Muqâtil a dit : Il a été révélé au sujet d’Abû Jahl. En effet, une nuit, celui-ci fit le tawâf autour de la Maison en compagnie d’al-Walîd ibn al-Mughîra, et ils se mirent à évoquer l’affaire du Prophète — qu’Allah lui accorde Sa bénédiction et Sa paix. Abû Jahl déclara : « Par Allah, je sais assurément qu’il est véridique ! » Al-Walîd lui dit : « Doucement ! Qu’est-ce qui t’amène à cette conviction ? » Il répondit : « Ô Abâ ʿAbd Shams, nous l’appelions, dans son enfance, “le Véridique, le Digne de confiance” ; puis, lorsqu’il eut atteint la plénitude de l’intelligence et la perfection du jugement, nous l’appelons “le Menteur, le Traître” !? Par Allah, je sais bel et bien qu’il est véridique ! » Al-Walîd reprit : « Qu’est-ce donc qui t’empêche de le tenir pour véridique et de croire en lui ? » Il répondit : « Les filles de Qurayš iront raconter que j’ai suivi l’orphelin d’Abû Ṭâlib pour une simple bouchée de pain «2». Par al-Lât et al-ʿUzzâ, jamais je ne le suivrai ! » Alors fut révélé : « … et Il a scellé son ouïe et son cœur. »
[Sourate Al-Jâthiyah (45), verset 24]
« Et ils dirent : “Il n’y a pour nous que la vie d’ici-bas ; nous mourons et nous vivons, et rien ne nous fait périr si ce n’est le Temps.” Or ils n’en ont aucune science ; ils ne font que conjecturer. » (24)
La Parole du Très-Haut : « Et ils dirent : “Il n’y a pour nous que la vie d’ici-bas ; nous mourons et nous vivons” » est, de leur part, un déni de l’Au-delà, un rejet de la résurrection et une négation de la rétribution. Le sens de « nous mourons et nous vivons » est : nous mourons, mais nos enfants vivent, selon Al-Kalbî. On a également récité « wa-nahyâ » avec la nûn vocalisée par ḍamma.
Il a aussi été dit : certains d’entre nous meurent, d’autres vivent.
Il a encore été avancé qu’il y a, dans l’expression, inversion de l’ordre : nous vivons puis nous mourons ; telle est la lecture d’Ibn Masʿûd.
« Et rien ne nous fait périr si ce n’est ad-Dahr » : Mujâhid a expliqué qu’il s’agit des années et des jours. Qatâdah a dit : du terme de la vie, et le sens est identique. On a encore récité : « si ce n’est un temps qui passe ».
Ibn ʿUyaynah rapporte que les gens de la Jâhiliyyah disaient : « Le Temps est ce qui nous fait périr ; c’est lui qui nous fait vivre et mourir. » C’est alors que fut révélé ce verset.
Quṭrub a dit : « Rien ne nous anéantit si ce n’est la mort », et il cita ces vers d’Abû Ḏuʾayb :
« Te plains-tu du Destin et de ses vicissitudes ?…
Or le Temps n’a point d’indulgence pour celui qui s’afflige. »