Parole du Très-Haut :
« Certes, dans les cieux et sur la terre » – c’est-à-dire dans leur création – « se trouvent bel et bien des signes pour les croyants ; de même, dans votre propre création, ainsi que dans tout être vivant qu’Il dissémine, il y a des signes pour des gens convaincus ; et dans l’alternance de la nuit et du jour, dans ce qu’Allah fait descendre du ciel comme subsistance » – à savoir la pluie – « puis par quoi Il rend la terre vivante après sa mort, et dans la variation des vents, il y a des signes pour des gens doués d’intelligence. »
Tout cela a déjà été exposé de façon détaillée dans la sourate « al-Baqarah » et ailleurs « 1 ».
La lecture majoritaire vocalise au nominatif (marfûʿ) les deux segments : « wa-mâ yabuththu min dâbbatin âyâtun » et « wa-taṣrîfi r-riyâḥi âyâtun ». Ḥamzah et al-Kisâʾî, quant à eux, les ont lus avec une kasrah sur le tâʾ de « âyâtin » dans les deux cas.
Il n’existe aucune divergence au sujet du premier syntagme : le mot « âyâtin » y est à l’accusatif, en tant que nom (ism) de « inna », et son prédicat est « fî as-samâwâti ».
La kasrah portée sur le second « âyâtin » s’explique par la coordination avec ce sur quoi « inna » exerce sa régence ; l’estimation est alors : « et, certes, dans votre création et dans tout ce qu’Il disperse comme bêtes, il y a des signes ».
Quant à la troisième occurrence, on a dit que l’accusatif y est dû à la reprise du mot « âyâtun » – la phrase s’étant allongée –, exactement comme on dit : « ḍarabtu Zaydan Zaydan » « 2 ».
On a également avancé qu’elle repose sur une attraction (ḥaml) opérée par « inna », la préposition « fî » ayant été sous-entendue ; le sens deviendrait alors : « et dans l’alternance de la nuit et du jour il y a des signes ». La préposition a été omise, car elle avait déjà été mentionnée. Sîbawayh, à propos de cette élision, a cité le vers :
« A-kulla mriʾin taḥsibîna imraʾan… wa-nârin tawqadu bi-l-layli… nârā » « 3 »,
où il a retranché « kulla », annexé au mot « nâr » mis au génitif, en raison de sa mention préalable.
D’aucuns ont soutenu que nous sommes ici en présence d’une coordination (ʿaṭf) portant sur deux agents. Sîbawayh l’a jugée inadmissible, tandis qu’al-Akhaffash et plusieurs grammairiens koufiques l’ont permise. Ainsi, « ikhtilâf » serait coordonné à « wa-fî khalqikum », puis viendrait « wa-taṣrîfi r-riyâḥi âyâtun » ; il faudrait donc admettre une coordination sur deux agents, chose réprouvée car les particules de coordination tiennent la place de l’agent et ne peuvent suppléer deux agents distincts : si elles remplaçaient simultanément un régissant qui élève (râfiʿ) et un régissant qui met à l’accusatif (nâṣib), elles se retrouveraient à la fois élevant et accusatif dans un seul et même état.
Quant à la lecture au nominatif, elle se fonde sur la position grammaticale de « inna » et de ce qu’elle régit. Les grammairiens y voient également une coordination sur deux agents, car elle coordonne « wa-ikhtilâfi » à « wa-fî khalqikum », et « âyâtun » à la position du premier « âyâtun » ; mais l’on estime alors la répétition de la préposition « fî ».
Et il est aussi permis que l’on élève