Al-Naqqâch.
On a dit : « Attends la conquête de la part de ton Seigneur ; eux, dans leur prétention, attendent de te dominer. »
Et l’on a dit : « Attends que Dieu juge entre toi et eux, car ils attendent pour toi les vicissitudes du temps. » Le sens des deux propos est proche.
Et l’on a dit : « Guette la récompense que Je t’ai promise ; eux, de leur côté, sont comme ceux qui guettent le châtiment que Je leur ai annoncé. »
Et l’on a dit : « Guette le Jour de la Résurrection, car c’est le Jour du Jugement décisif. Même s’ils ne croient pas à l’avènement de la Résurrection, ils sont considérés comme des guetteurs, car telle sera inéluctablement leur fin. » Et Allah – Très-Haut – sait mieux.
[Exégèse de la sourate al-Jâthiyah]
D’après al-Ḥasan, Jâbir et ‘Ikrimah, la sourate al-Jâthiyah est entièrement mecquoise.
Ibn ‘Abbâs et Qatâdah ont toutefois soutenu qu’il y a une exception ; il s’agit du verset :
« Dis à ceux qui ont cru de pardonner à ceux qui n’espèrent pas les Jours d’Allah » (45 : 14).
Al-Mâwardî rapporte qu’il fut révélé à Médine au sujet de ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allah l’agrée.
Al-Mahdawî et an-Naḥḥâs rapportent d’Ibn ‘Abbâs que ce verset fut révélé au sujet de ‘Umar – qu’Allah l’agrée – lorsqu’un homme parmi les polythéistes l’injuria à La Mecque, avant l’Hégire ; il voulut se saisir de lui, alors Allah – Puissant et Majestueux – fit descendre :
« Dis à ceux qui ont cru de pardonner à ceux qui n’espèrent pas les Jours d’Allah » (45 : 14),
puis ce verset fut abrogé par Sa parole :
« Tuez les polythéistes où que vous les trouviez » (9 : 5).
En conséquence, la sourate est, hormis ce verset, entièrement mecquoise sans divergence. Elle comprend trente-sept versets – certains disent trente-six.
Au Nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux
[Sourate al-Jâthiyah (45), versets 1-2]
Au Nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux
Hâ Mîm (1)
La révélation du Livre émane d’Allah, le Tout-Puissant, le Sage (2)
Parole du Très-Haut :
« Hâ Mîm » est le sujet, et « tanzîl » en est le prédicat.
D’autres ont dit : « Hâ Mîm » est le nom de la sourate, et « tanzîl al-kitâb » est le sujet dont « min Allâh » constitue le prédicat. Le « Livre » renvoie au Coran. « Al-‘Azîz » : le Tout-Puissant, l’Inaccessible ; « al-Ḥakîm » : sage dans Son agir. Tout cela a déjà été expliqué en détail.
[Sourate al-Jâthiyah (45), versets 3-5]
Certes, dans les cieux et la terre il y a des signes pour les croyants (3).
De même, dans votre propre création ainsi que dans tous les êtres vivants qu’Il dissémine, il y a des signes pour des gens doués de certitude (4).
Et dans l’alternance de la nuit et du jour, dans ce qu’Allah fait descendre du ciel comme subsistance – par quoi Il rend la terre vivante après sa mort –, et dans la circulation des vents, il y a des signes pour des gens doués d’intelligence (5).