Parole du Très-Haut : « Certes, les pieux seront dans une demeure sûre. »
Après avoir décrit la demeure des mécréants et leur supplice, Il évoque maintenant l’hospitalité réservée aux croyants et les délices qui leur sont promis.
Nāfiʿ et Ibn ʿĀmir récitent : « dans un muqām » – avec la ḍamma sur la lettre mīm –, tandis que la majorité lit « dans un maqām » – avec la fatḥa.
Al-Kisāʾī déclare : al-muqām désigne le lieu, alors que al-maqām renvoie au fait de « résider », comme dans ce vers :
« Les demeures se sont effacées, leur lieu de passage et leur séjour… »(1)
Al-Jawharī ajoute : al-maqām et al-muqām peuvent l’un comme l’autre signifier la résidence ou le lieu où l’on se tient debout. Si le terme dérive de qāma-yaqūmu, il se prononce avec fatḥa ; s’il vient de aqāma-yuqīmu, il se prononce avec ḍamma, car lorsqu’un verbe dépasse la trilittéralité, le nom désignant le lieu prend une mīm avec ḍamma, à l’instar des verbes quadrilittéraux, tel daḥraja : « voici notre point de rassemblement mudahriǧunā ».
On a également dit : al-maqām (fatḥa) signifie l’assemblée ou le lieu de réunion, tandis que muqām (ḍamma) peut désigner soit l’endroit même, soit être compris comme un nom d’action sous-entendant un complément, c’est-à-dire : « dans un lieu de séjour ».
« … sûr » : l’on y est préservé de toute calamité.
L’expression « au milieu de jardins et de sources » constitue un badal (apposition) à « dans une demeure sûre ».
« Revêtus de soie fine (sundus) et de brocart épais (istabraq), assis les uns en face des autres » : aucun d’eux ne verra la nuque de l’autre ; ils seront placés face à face, et leur cercle se déplacera avec eux où qu’ils se trouvent.
Le sundus est la soie fine, tandis que l’istabraq est sa variante épaisse. Cette question a déjà été abordée dans la sourate « al-Kahf »(2).
[ad-Dukhân, 44 : 54]
« Ainsi [en sera-t-il] ; Nous les avons mariés à des houris aux grands yeux. » (54)
Parole du Très-Haut : « Ainsi… » – c’est-à-dire : l’affaire est exactement telle que Nous venons de la décrire. On peut donc s’arrêter sur « ainsi ».
Selon un autre avis : de même que Nous les avons introduits au Paradis et comblés de ce qui vient d’être mentionné, de même Nous les avons honorés en les mariant à des houris aux grands yeux. La question des ʿīn a déjà été traitée dans la sourate « aṣ-Ṣaffât »(3).
Quant aux « hour » : selon Qatāda et la majorité, il s’agit des femmes au teint éclatant; pluriel de ḥawrāʾ.
La ḥawrāʾ est cette femme d’une blancheur telle que l’on distingue son tibia à travers ses vêtements, et le regardant aperçoit son propre reflet dans le galbe de sa cheville, à la manière d’un miroir, tant sa peau est fine, sa chair délicate et son teint limpide. La preuve de cette exégèse réside dans la lecture d’Ibn Masʿūd : « bi ʿīsin ʿīn »(4).
Abū Bakr al-Anbārī rapporte : « Aḥmad b. al-Ḥusayn nous a informés, disant : Ḥusayn nous a relaté… » (la suite du récit se poursuit).