Puis l’ange verse sur lui une eau bouillante dont la chaleur est parvenue à son comble ; celle-ci atteint alors ses entrailles. L’ange dit :
« Goûte le châtiment. »
On trouve l’équivalent dans la parole d’Allah :
« يُصَبُّ مِنْ فَوْقِ رُءُوسِهِمُ الْحَمِيمُ »(1)
[al-Ḥajj, 19].
[ad-Dukhān (44), v. 49-50]
« Goûte ; certes, c’est toi l’Incomparable, le Noble (49). Voilà bien ce dont vous doutiez (50). »
Parole du Très-Haut : « Goûte ; certes, c’est toi l’Incomparable, le Noble. » Ibn al-Anbārī rapporte que la masse des récitateurs prononce « inna » avec kasra. Il est transmis de al-Ḥasan d’après ʿAlī – qu’Allah lui fasse miséricorde – la lecture « ḏuq annaka » avec la fatḥa de « anna », et c’est ainsi qu’a récité al-Kisāʾī. Celui qui lit avec kasra s’arrête sur « ḏuq » ; celui qui lit avec fatḥa ne s’y arrête pas, car le sens est : « Goûte, puisque tu es, oui, parce que tu es l’Incomparable, le Noble. »
Qatāda a dit : ce verset fut révélé au sujet d’Abū Jahl, qui avait déclaré : « Il n’y a ici personne de plus puissant ni de plus noble que moi. » C’est pourquoi il lui fut dit : « Goûte ; certes, c’est toi l’Incomparable, le Noble. »
Ikrima rapporte : le Prophète – paix et salut d’Allah sur lui – rencontra Abū Jahl et lui dit : « Allah m’a ordonné de te dire : “Awlā laka fa-awlā (Malheur à toi, encore malheur)”. » Abū Jahl répondit : « De quoi me menaces-tu ? Par Allah, ni toi ni ton Seigneur ne pouvez rien contre moi ! Je suis, parmi les habitants de cette vallée, le plus puissant et le plus noble aux yeux de mon peuple. » Allah le fit périr le jour de Badr, l’humilia, et ce verset fut révélé.
Autrement dit, l’ange lui dira : « Goûte, toi qui te prétendais l’Incomparable, le Noble. »
Il a aussi été dit que l’expression relève de la dérision, de la réprobation, de la raillerie, de l’humiliation et du rabaissement ; c’est-à-dire : « Tu es, en vérité, l’avilie, le méprisable. »
Cela ressemble à la parole que le peuple de Chuʿayb adressa à leur prophète :
« إِنَّكَ لَأَنْتَ الْحَلِيمُ الرَّشِيدُ » [Hūd, 87],
entendant par là, selon l’une des interprétations déjà mentionnées(3), « le sot, l’ignorant ». Telle est l’opinion de Saʿīd b. Jubayr.
« C’est bien cela dont vous doutiez » : autrement dit, les anges leur diront : « Voilà ce dont, dans le bas-monde, vous doutiez. »
[ad-Dukhān (44), v. 51-53]
« Quant aux pieux, ils seront dans une demeure sûre (51), au milieu de jardins et de sources (52), revêtus de soie fine (sundus) et de brocart épais (istabraq), assis les uns en face des autres (53). »