Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ibn al-Anbārī [a également rapporté ceci].

Quant au terme « al-ʾathīm », il signifie « al-fājir » – le pervers –, selon Abū ad-Dardāʾ ; telle fut aussi la lecture qu’il adopta, tout comme Ibn Masʿūd.

Hammām ibn al-Ḥārith rapporte : « Abū ad-Dardāʾ faisait répéter à un homme le verset : ﴾Inna shajarata az-zaqqūmi taʿāmu al-ʾathīm﴿ – “En vérité, l’arbre de Zaqqūm est la nourriture du pécheur” – et l’homme récitait : “taʿāmu al-yatīm” – “la nourriture de l’orphelin”. Comme il ne saisissait pas le terme, Abū ad-Dardāʾ lui dit alors : “taʿāmu al-fājir” – “la nourriture du pervers”. »

Abū Bakr al-Anbārī dit : « Mon père m’a narré, nous rapportant de Naṣr, lequel tenait d’Abū ʿUbayd, qui tenait de Nuʿaym ibn Ḥammād, d’Abd al-ʿAzīz ibn Muḥammad, d’Ibn ʿAjlān, dʿAwn ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUtbah ibn Masʿūd, qu’ʿAbd Allāh ibn Masʿūd enseigna à un homme ce passage : ﴾Inna shajarata az-zaqqūmi • taʿāmu al-ʾathīm﴿. L’homme répéta : “taʿāmu al-yatīm”. Ibn Masʿūd corrigea, mais l’homme revint toujours à l’erreur. Lorsque Ibn Masʿūd constata que la langue de l’homme ne parvenait pas à se conformer à la bonne prononciation, il lui dit : “Ne sais-tu donc pas dire : taʿāmu al-fājir ?” – “Bien sûr que si”, répondit-il. – “Alors dis-le.”

Les ignorants parmi les gens de la déviation ne peuvent cependant tirer de cet épisode aucun argument autorisant à remplacer un mot du Coran par un autre ; ce n’était, de la part d’ʿAbd Allāh, qu’une facilitation destinée à l’apprenant, un moyen de le guider vers la bonne version, afin qu’il use du vrai et prononce la Parole selon la révélation d’Allah et la transmission du Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui.

Az-Zamakhsharī a dit : « On déduit de là qu’il est permis de substituer un mot à un autre lorsque ce dernier restitue exactement le sens voulu ; c’est sur cette base qu’Abū Ḥanīfa a autorisé la récitation en persan, sous une condition : que le récitant rende les significations dans leur intégralité, sans en omettre aucune. »

Ils ont cependant ajouté : « Cette même condition prouve qu’il ne s’agit, en réalité, d’aucune permission effective ; car la langue arabe – surtout dans le Coran, miracle par son éloquence, l’originalité de sa composition et de ses tournures – recèle des subtilités de sens et d’intentions qu’aucune langue, persane ou autre, n’est à même de restituer fidèlement. Par ailleurs, Abū Ḥanīfa – qu’Allah lui fasse miséricorde – ne maîtrisait pas le persan ; son propos ne procédait donc ni d’une connaissance sûre ni d’un examen approfondi. »

ʿAlī ibn al-Jaʿd a, d’ailleurs, rapporté d’Abū Yūsuf, d’après Abū Ḥanīfa, un avis semblable à celui de ses deux compagnons, consistant à rejeter la récitation en persan.

Quant à l’arbre de Zaqqūm : c’est l’arbre qu’Allah a créé dans la Géhenne et qu’Il a qualifié d’« arbre maudit ». Lorsque les gens du Feu souffrent de la faim, ils s’y réfugient et en mangent ; aussitôt, cela bout dans leurs ventres comme de l’eau brûlante. Ce qui y parvient est comparé au « muhl », à savoir le cuivre fondu.

La lecture la plus répandue est « taghlī » – “elle bout” – avec le tāʾ, se rapportant à l’arbre. Ibn Kathīr, Ḥafṣ, Ibn Muḥayṣin et Ruways (d’après Yaʿqūb) lisent « yaghlī » – “il bout” – avec le yāʾ, renvoyant au « nourriture », lequel est ici équivalent de l’arbre. On ne rapporte pas le verbe au « muhl », car

ابن الأنباري. و " الْأَثِيمِ" الْفَاجِرُ، قَالَهُ أَبُو الدَّرْدَاءِ. وَكَذَلِكَ قَرَأَ هُوَ وَابْنُ مَسْعُودٍ. وَقَالَ هَمَّامُ بْنُ الْحَارِثِ: كَانَ أَبُو الدَّرْدَاءِ يُقْرِئُ رَجُلًا " إِنَّ شَجَرَةَ الزَّقُّومِ طَعامُ الْأَثِيمِ" وَالرَّجُلُ يَقُولُ: طَعَامُ الْيَتِيمِ، فَلَمَّا لَمْ يَفْهَمْ قَالَ لَهُ: " طَعَامُ الْفَاجِرِ" . قَالَ أَبُو بَكْرٍ الْأَنْبَارِيُّ: حَدَّثَنِي أَبِي قَالَ حَدَّثَنَا نَصْرٌ قَالَ حَدَّثَنَا أَبُو عُبَيْدٍ قَالَ حَدَّثَنَا نُعَيْمُ بْنُ حَمَّادٍ عَنْ عَبْدِ الْعَزِيزِ بْنِ مُحَمَّدٍ عَنِ ابْنِ عَجْلَانَ عَنْ عَوْنِ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُتْبَةَ بْنِ مَسْعُودٍ قَالَ: عَلَّمَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْعُودٍ رَجُلًا " إِنَّ شَجَرَةَ الزَّقُّومِ. طَعامُ الْأَثِيمِ" فَقَالَ الرَّجُلُ: طَعَامُ الْيَتِيمِ، فَأَعَادَ عَلَيْهِ عَبْدُ اللَّهِ الصَّوَابَ وَأَعَادَ الرَّجُلُ الْخَطَأَ، فَلَمَّا رَأَى عَبْدُ اللَّهِ أَنَّ لِسَانَ الرَّجُلِ لَا يَسْتَقِيمُ عَلَى الصَّوَابِ قَالَ لَهُ: أَمَا تُحْسِنُ أَنْ تَقُولَ طَعَامُ الْفَاجِرِ؟ قَالَ بَلَى، قَالَ فَافْعَلْ. وَلَا حُجَّةَ فِي هَذَا لِلْجُهَّالِ مِنْ أَهْلِ الزَّيْغِ، أَنَّهُ يَجُوزُ إِبْدَالُ الْحَرْفِ مِنَ الْقُرْآنِ بِغَيْرِهِ، لِأَنَّ ذَلِكَ إِنَّمَا كَانَ مِنْ عَبْدِ اللَّهِ تَقْرِيبًا لِلْمُتَعَلِّمِ، وَتَوْطِئَةً مِنْهُ لَهُ لِلرُّجُوعِ إِلَى الصَّوَابِ، وَاسْتِعْمَالُ الْحَقِّ وَالتَّكَلُّمِ بِالْحَرْفِ عَلَى إِنْزَالِ اللَّهِ وَحِكَايَةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَقَالَ الزَّمَخْشَرِيُّ: " وَبِهَذَا يُسْتَدَلُّ عَلَى أَنَّ إِبْدَالَ كَلِمَةٍ مَكَانَ كَلِمَةٍ جَائِزٌ إِذَا كَانَتْ مُؤَدِّيَةً مَعْنَاهَا. وَمِنْهُ أَجَازَ أَبُو حَنِيفَةَ الْقِرَاءَةَ بِالْفَارِسِيَّةِ عَلَى شَرِيطَةِ، وَهِيَ أَنْ يُؤَدِّيَ الْقَارِئُ الْمَعَانِي عَلَى كَمَالِهَا مِنْ غَيْرِ أَنْ يَخْرِمَ مِنْهَا شَيْئًا. قَالُوا: وَهَذِهِ الشَّرِيطَةُ تَشْهَدُ أَنَّهَا إِجَازَةٌ كَلَا إِجَازَةٍ، لِأَنَّ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ خُصُوصًا فِي الْقُرْآنِ الَّذِي هُوَ مُعْجِزٌ بِفَصَاحَتِهِ وَغَرَابَةِ نَظْمِهِ وَأَسَالِيبِهِ، مِنْ لَطَائِفَ الْمَعَانِي وَالْأَغْرَاضِ مَا لَا يَسْتَقِلُّ بِأَدَائِهِ لِسَانٌ مِنْ فَارِسِيَّةٍ وَغَيْرِهَا، وَمَا كَانَ أَبُو حَنِيفَةَ رَحِمَهُ اللَّهُ يُحْسِنُ الْفَارِسِيَّةَ، فَلَمْ يَكُنْ ذَلِكَ مِنْهُ عَنْ تَحَقُّقٍ وَتَبَصُّرٍ. وَرَوَى عَلِيُّ بْنُ الْجَعْدِ عَنْ أَبِي يُوسُفَ عَنْ أَبِي حَنِيفَةَ مِثْلَ قَوْلِ صَاحِبَيْهِ فِي إِنْكَارِ الْقِرَاءَةِ بِالْفَارِسِيَّةِ" . وشَجَرَةُ الزَّقُّومِ: الشَّجَرَةُ الَّتِي خَلَقَهَا اللَّهُ فِي جَهَنَّمَ وَسَمَّاهَا الشَّجَرَةَ الْمَلْعُونَةَ، فَإِذَا جَاعَ أَهْلُ النَّارِ الْتَجَئُوا إِلَيْهَا فَأَكَلُوا مِنْهَا، فَغَلِيَتْ فِي بُطُونِهِمْ كَمَا يَغْلِي الْمَاءُ الْحَارُّ. وَشَبَّهَ مَا يَصِيرُ مِنْهَا إِلَى بُطُونِهِمْ بِالْمُهْلِ، وَهُوَ النُّحَاسُ الْمُذَابُ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ " تَغْلِي" بِالتَّاءِ حَمْلًا عَلَى الشَّجَرَةِ. وَقَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَحَفْصٌ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ وَرُوَيْسٌ عَنْ يَعْقُوبَ " يَغْلِي" بِالْيَاءِ حَمْلًا عَلَى الطَّعَامِ، وَهُوَ فِي مَعْنَى الشَّجَرَةِ. وَلَا يُحْمَلُ عَلَى الْمُهْلِ لِأَنَّهُ

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