Parole du Très-Haut :
« وَالَّذِينَ مِنْ قَبْلِهِمْ أَهْلَكْنَاهُمْ »
Le relatif « الَّذِينَ » est au nominatif, coordonné à « قَوْمُ تُبَّعٍ ». Sa proposition relative est « أَهْلَكْنَاهُمْ », et l’expression « مِنْ قَبْلِهِمْ » s’y rattache. Il est également possible de considérer que « مِنْ قَبْلِهِمْ » constitue la proposition relative de « الَّذِينَ », auquel cas l’adverbe contient un pronom renvoyant au relatif. Dans cette hypothèse, « أَهْلَكْنَاهُمْ » se comprend de deux manières : soit l’on y sous-entend « قَدْ », ce qui en fait un circumstantiel (حَال) ; soit l’on suppose l’élision d’un adjectif, comme s’il avait été dit : « un peuple que Nous avons anéanti ». Le sens sous-jacent est alors : « Ne réfléchissez-vous donc pas ? Si Nous avons eu le pouvoir d’anéantir ceux qui viennent d’être mentionnés, Nous avons pouvoir d’anéantir les polythéistes. »
On peut encore prendre « وَالَّذِينَ مِنْ قَبْلِهِمْ » pour sujet, dont le prédicat est « أَهْلَكْنَاهُمْ ». Il est aussi permis de mettre « الَّذِينَ » au génitif, par coordination à « تُبَّعٍ », comme s’il avait été dit : « le peuple de Tubbac, ceux qui furent détruits avant eux ». Enfin, « الَّذِينَ » peut être à l’accusatif, régi par un verbe sous-entendu que suggère « أَهْلَكْنَاهُمْ ». Et Allah est plus Savant.
Parole du Très-Haut :
« وَمَا خَلَقْنَا السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ وَمَا بَيْنَهُمَا لَاعِبِينَ »
C’est-à-dire : « sans en être inattentifs », selon Muqātil. D’autres ont dit : « distraits » ; c’est l’avis d’al-Kalbī.
« وَمَا خَلَقْنَاهُمَا إِلَّا بِالْحَقِّ »
c’est-à-dire : « si ce n’est par l’ordre véritable », d’après Muqātil. Selon al-Kalbī et al-Ḥasan : « si ce n’est pour la vérité ». On a dit aussi : « pour établir la vérité et la faire apparaître ; à savoir l’unicité d’Allah et l’obligation de Lui obéir ». Cette idée a déjà été exposée dans la sûrah « Al-Anbiyā’ »¹.
« وَلٰكِنَّ أَكْثَرَهُمْ » — c’est-à-dire la plupart des gens — « لَا يَعْلَمُونَ » cela.
[Sûrat ad-Dukhân, 44 : 40]
« إِنَّ يَوْمَ الْفَصْلِ مِيقَاتُهُمْ أَجْمَعِينَ » (40)
Le « Jour de la Décision » est le Jour de la Résurrection ; il a reçu ce nom parce qu’Allah — exalté soit-Il — y tranche entre Ses créatures. La preuve en est Sa parole :
« لن تنفعكم أرحامكم ولا أولادكم يوم القيامة يَفْصِلُ بَيْنَكُمْ »² [Al-Mumtaḥana : 3].
Son semblable est Sa parole :
« وَيَوْمَ تَقُومُ السَّاعَةُ يَوْمَئِذٍ يَتَفَرَّقُونَ »³ [Ar-Rûm : 14].
Ainsi, « le Jour de la Décision » est le rendez-vous de tous, comme Il — Très-Haut — a dit : « إِنَّ يَوْمَ الْفَصْلِ كَانَ مِيقَاتًا »⁴ [An-Naba’ : 17] ; c’est-à-dire le moment fixé pour distinguer le malfaisant du bienfaiteur, et les séparer : un groupe au Paradis, un groupe dans la Fournaise. Il s’agit là d’un avertissement et d’une menace portés à leur comble. Il n’existe aucune divergence entre les lecteurs quant au fait de mettre ce terme au nominatif.
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- Voir Tafsîr de la sûrah Al-Anbiyā’, versets correspondants.
- Al-Mumtaḥana : 3.
- Ar-Rûm : 14.
- An-Naba’ : 17.