« Il atteint les points d’eau, proches et débordants… tel le sandgrouse quand l’ombre s’allonge »[1].
Le terme « tubbaʿ » désigne aussi une espèce d’oiseau.
Al-Suhaylî a dit : Tubbaʿ est le titre donné à tout souverain qui régna à la fois sur le Yémen, al-Shihr et Ḥaḍramawt ; s’il ne dominait que le Yémen, on ne l’appelait pas Tubbaʿ – ainsi l’a rapporté al-Masʿûdî.
Parmi les Tubbaʿs figurent :
– al-Ḥârith ar-Râʾish, fils de Hammâl Dhû Sudad[2] ;
– Abrahah Dhû al-Manâr ;
– ʿAmr Dhû al-Adʿâr ;
– Shimr ibn Mâlik, auquel on rattache la fondation de Samarcande ;
– Afriqîs ibn Qays, qui chassa les Berbères vers l’Ifriqiyyah depuis la terre de Canaan, et dont cette région prit le nom.
Il ressort des versets que Dieu – exalté soit-Il – n’entendait viser qu’un seul de ces rois, celui que les Arabes connaissaient sous ce titre mieux qu’aucun autre. C’est pourquoi le Prophète – paix et bénédiction d’Allâh sur lui – déclara :
« Je ne sais pas si Tubbaʿ est voué à la malédiction ou non. »
Il est toutefois rapporté qu’il dit encore :
« Ne dénigrez pas Tubbaʿ, car il fut croyant. »
Cela montre qu’il s’agissait bien d’un personnage précis – Allâh est plus savant –, à savoir Abû Karb. Celui-ci avait d’abord projeté d’attaquer la Maison sacrée puis l’en revêtit d’un manteau ; il avait également marché sur al-Madînah avec l’intention de la détruire, avant de rebrousser chemin lorsqu’on l’informa qu’elle serait le lieu d’émigration d’un Prophète nommé Aḥmad. Il composa alors quelques vers qu’il confia aux habitants de la cité ; ceux-ci les conservèrent de génération en génération jusqu’à l’Hégire, puis les remirent au Prophète – que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui.
On rapporte que la lettre et le poème se trouvaient chez Abû Ayyûb Khâlid ibn Zayd. On y lisait :
J’atteste qu’Aḥmad est, l’honneur de mon âme, (A)
L’Envoyé du Seigneur, Créateur des âmes. (A)
Si ma vie se prolongeait jusqu’à la sienne, (B)
Je serais son ministre et cousin. (B)
Al-Zajjāj, Ibn Abî ad-Dunyâ, al-Zamakhsharî et d’autres ont mentionné qu’un tombeau lui fut creusé à Ṣanʿāʾ – d’autres disent dans la région de Ḥimyar – à l’époque de l’islam. On y découvrit deux femmes intactes, et auprès de leur tête une tablette d’argent portant en lettres d’or :
« Voici la tombe de Ḥubbā et Lamīs. »
On rapporte aussi les lectures : Ḥubbā et Tumâḍir ; ou encore :
« Voici la tombe de Raḍwā et celle de Ḥubbā, filles de Tubbaʿ ; elles sont mortes en attestant qu’il n’est de dieu qu’Allâh, sans rien Lui associer, et c’est ainsi qu’avaient quitté ce monde les vertueux avant elles. »