On demanda : « Qui sont-ils, ô Messager d’Allâh ? » — Il répondit : « Ce sont ceux qui, lorsque les gens se corrompent, demeurent intègres. » Puis il ajouta : « Sachez qu’il n’y a point d’exil pour le croyant ; jamais un croyant ne meurt en terre étrangère, loin de ceux qui le pleureraient, sans que le ciel et la terre ne pleurent sur lui. » Ensuite, le Messager d’Allâh — qu’Allâh le bénisse et le salue — récita : « Ni le ciel ni la terre ne pleurèrent sur eux » [ad-Dukhân : 29], puis il conclut : « En vérité, ils ne pleurent pas sur le mécréant. »
J’ai dit : Abû Nuʿaym Muḥammad ibn Maʿmar (1) rapporte : « Abû Shuʿayb al-Ḥarrânî nous a transmis, Yahyâ ibn ʿAbdillâh nous a transmis, al-Awzâʿî nous a transmis, d’après ʿAṭâʼ al-Khurâsânî, qu’il a dit : “Il n’est point de serviteur qui se prosterne devant Allâh, fût-ce une seule prosternation en quelque endroit de la terre, sans que cette parcelle n’atteste en sa faveur le Jour de la Résurrection et ne pleure sa mort.” »
On a dit encore : leur pleur consiste en la rougeur de leurs confins. Tel est l’avis de ʿAlî ibn Abî Ṭâlib — qu’Allâh l’agrée —, de ʿAṭâʼ, d’as-Suddî, de Muḥammad ibn ʿAlî at-Tirmidhî, et il est également rapporté d’al-Ḥasan.
As-Suddî a déclaré : « Lorsque al-Ḥusayn ibn ʿAlî — qu’Allâh les agrée — fut tué, le ciel pleura sur lui ; son pleur fut sa rougeur. »
Jarîr rapporte de Yazîd ibn Abî Ziyâd : « Lorsque al-Ḥusayn ibn ʿAlî ibn Abî Ṭâlib — qu’Allâh les agrée — fut tué, les horizons du ciel rougirent durant quatre mois. » Yazîd ajouta : « Cette rougeur est son pleur. »
Muḥammad ibn Sîrîn a dit : « On nous a informés que la rougeur qui accompagne le crépuscule n’apparut qu’après le meurtre de al-Ḥusayn ibn ʿAlî — qu’Allâh les agrée. »
Sulaymân le juge déclara : « Le jour où al-Ḥusayn fut tué, il nous plut du sang. »
J’ai dit : ad-Dâraqutnî rapporte, d’après Mâlik ibn Anas, de Nâfiʿ, d’après Ibn ʿUmar, que le Prophète — qu’Allâh le bénisse et le salue — a dit : « Le shafaq, c’est la rougeur. »
Il est rapporté de ʿUbâdah ibn aṣ-Ṣâmit et Shaddâd ibn Aws qu’ils dirent : « Il existe deux sortes de shafaq : la rougeur et la blancheur ; lorsque la rougeur disparaît, la prière devient licite. »
Et d’après Abû Hurayrah on rapporte : « Le shafaq, c’est la rougeur. » Cette affirmation contredit donc ce qu’a relaté Ibn Sîrîn. Nous avons déjà mentionné, dans l’interprétation de « Subḥân » (2), la parole de Qurrah ibn Khâlid : « Le ciel n’a pleuré pour personne sinon pour Yahyâ ibn Zakariyyâ et al-Ḥusayn ibn ʿAlî ; sa rougeur est son pleur. »
Muḥammad ibn ʿAlî at-Tirmidhî a dit : « Le pleur est l’effusion de quelque chose ; lorsque l’œil fait couler son eau, on dit qu’il pleure ; lorsque le ciel laisse couler sa rougeur, on dit qu’il pleure ; lorsque la terre fait jaillir sa poussière, on dit qu’elle pleure. Car le croyant est lumière, et avec lui se trouve la lumière d’Allâh ; la terre est illuminée par sa lumière, même si tes yeux ne la voient pas. Lorsqu’elle est privée de la lumière du croyant, elle s’assombrit et sa poussière se met à ruisseler. »