Comme l’on dit : « Crains le Feu, crains le châtiment. »
Quant à l’expression « le Grand Coup », Ibn Masʿûd l’applique au jour de Badr ; tel est aussi l’avis d’Ibn ʿAbbâs, d’Ubayy ibn Kaʿb, de Mujâhid et d’ad-Ḍaḥḥâk.
D’autres ont soutenu qu’il s’agit du supplice de la Géhenne, le Jour de la Résurrection ; c’est l’opinion d’al-Ḥasan, d’ʿIkrima et, de nouveau, d’Ibn ʿAbbâs, et c’est celle qu’a retenue az-Zajjâj.
Il a encore été dit : c’est la fumée qui s’abattra sur le monde, ou bien une famine, ou une sécheresse qui surviendra avant le Jour de la Résurrection.
Al-Mâwardî a ajouté : il se peut aussi que ce soit l’avènement même de l’Heure, puisqu’elle constitue le dernier de Ses châtiments dans ce bas-monde.
On dit : « Allâh s’est vengé de lui », c’est-à-dire Il l’a châtié ; le nom qui en dérive est « naqmah », dont le pluriel est « niqamât » (1). Certains ont distingué la « naqmah » de la « ʿuqûbah » : la ʿuqûbah intervient après la désobéissance, car elle est la conséquence (ʿâqibah), tandis que la naqmah peut la précéder ; tel est l’avis d’Ibn ʿAbbâs. On a dit aussi : la ʿuqûbah est un châtiment fixé, alors que la vengeance n’est pas déterminée à l’avance.
« Nous avons certes éprouvé, avant eux, le peuple de Pharaon, et un Messager noble leur est venu » (s. ad-Dukhân [44], v. 17).
C’est-à-dire : Nous les avons mis à l’épreuve ; cette épreuve consistait à leur enjoindre d’obéir.
Autrement dit, Nous les avons traités comme des gens que l’on met à l’essai, en leur envoyant Mûsâ : ils le traitèrent de menteur et furent anéantis. Ainsi agirai-Je avec tes ennemis, ô Muḥammad, s’ils ne croient pas.
Il a également été dit : « Nous les avons éprouvés » signifie : Nous les avons châtiés par la noyade. L’énoncé comporte ici une inversion ; on doit comprendre : « Un Messager noble vint aux gens de Pharaon et Nous les éprouvâmes », c’est-à-dire Nous les noyâmes, l’épreuve survenant après la venue des messagers. La conjonction wa n’implique pas la succession.
Le mot « karîm » signifie : noble parmi son peuple. On a aussi dit : noble de caractère, indulgent et clément. Al-Farrâʾ affirme : noble auprès de son Seigneur, car Allâh l’a privilégié par la prophétie et par le fait de Lui faire entendre Sa Parole.
« Remettez-moi les serviteurs d’Allâh, car je suis pour vous un Messager digne de confiance. Et ne vous enorgueillissez pas devant Allâh ; assurément, je viens à vous avec une preuve évidente » (v. 18-19).
Au sujet de : « Remettez-moi les serviteurs d’Allâh », Ibn ʿAbbâs dit : il vint à eux et leur dit : « Suivez-moi » ; l’expression « serviteurs d’Allâh » est alors un vocatif. Mujâhid dit : le sens est : « Envoyez avec moi les serviteurs d’Allâh et libérez-les du châtiment » ; dans ce cas, l’expression est objet direct. D’autres ont dit : « Prêtez-moi votre écoute afin que je vous transmette le message de mon Seigneur. »
« Je suis pour vous un Messager digne de confiance », c’est-à-dire digne de confiance quant à la Révélation ; acceptez donc mon exhortation. On a aussi dit : digne de confiance quant à ce que je viens réclamer.
(1) Pluriel : niqamât.