Ils le disent par pure imitation¹ de leurs pères, sans aucune science ; aussi demeurent-ils dans le doute. Et même s’ils s’imaginent être croyants, ils ne font que jouer avec leur religion, suivant ce qui leur traverse l’esprit, sans preuve.
On a dit : « ils jouent », c’est-à-dire qu’ils attribuent au Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – des mensonges par moquerie.
Celui qui se détourne des exhortations est, dit-on, un « joueur » ; il ressemble à l’enfant qui s’amuse et accomplit des actes dont il ignore la conséquence.
[Sourate ad-Dukhân (44), versets 10-11]
« Attends donc le Jour où le ciel apportera une fumée parfaitement évidente,
qui enveloppera les gens : voilà un châtiment douloureux. »
Parole du Très-Haut :
« Attends donc le Jour où le ciel apportera une fumée parfaitement évidente. »
Le verbe « attends » signifie : « Patiente, ô Muhammad, à l’égard de ces mécréants, jusqu’au Jour où le ciel fera venir une fumée manifeste » – ainsi l’a expliqué Qatâdah.
D’autres ont dit : son sens est : « Conserve leur parole afin que tu témoignes contre eux le Jour où le ciel fera venir une fumée manifeste »; c’est pourquoi le gardien est appelé raqîb (« surveillant »).
Au sujet de cette fumée, trois avis ont été émis :
- Elle fait partie des signes de l’Heure et n’est pas encore survenue. Elle demeurera sur terre quarante jours, remplissant l’espace entre le ciel et la terre. Pour le croyant, elle sera semblable à un simple rhume ; quant au mécréant et au pervers, elle pénétrera leurs narines, perforera leurs oreilles et étouffera leur respiration ; elle provient des effets de la Géhenne au Jour de la Résurrection.
Parmi ceux qui ont affirmé que la fumée n’est pas encore apparue figurent : ʿAlî, Ibn ʿAbbâs, Ibn ʿAmr, Abû Hurayrah, Zayd ibn ʿAlî, al-Ḥasan, Ibn Abî Mulaykah et d’autres.
Abû Saʿîd al-Khudrî rapporte, dans un hadith marfûʿ, qu’il s’agira d’une fumée qui se soulèvera contre les gens le Jour de la Résurrection : le croyant n’en ressentira qu’un léger rhume, tandis que le mécréant gonflera jusqu’à ce qu’elle sorte par chacun de ses conduits auditifs ; cela a été mentionné par al-Mâwardî.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Abû ṭ-Ṭufayl, d’après Ḥudhayfah ibn Usayd al-Ghifârî, on lit :
« Le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – se présenta à nous alors que nous échangions des propos et dit : “De quoi parlez-vous ?”
— Nous évoquons l’Heure, répondirent-ils.
Il dit : “Elle ne surviendra pas avant que vous ne voyiez dix signes : (puis il cita) la fumée, le Faux-Messie, la Bête, le lever du soleil à l’ouest, la descente de ʿIsâ fils de Maryam, la sortie de Gog et Magog, trois affaissements de terre – un à l’orient, un à l’occident, un dans la Péninsule arabique – et, en dernier lieu, un feu qui surgira du Yémen et chassera les gens vers leur lieu de rassemblement.” »
Dans une autre version, Ḥudhayfah rapporte : « L’Heure n’aura pas lieu avant l’apparition de dix signes : un affaissement de terre à l’orient, un à l’occident, un dans la Péninsule arabique, la fumée, le Faux-Messie… »