de majesté en disant :
« Par cet Ordre, j’entends un décret émanant de Nous, provenant de Notre part, advenant selon ce qu’exigent Notre science et Notre parfaite sagesse dans la conduite des affaires. »
Dans la récitation de Zayd ibn ʿAlî – qu’Allâh l’agrée –, on lit : « amrun min ʿindinā » (un Ordre venant de Nous), à savoir : « huwa amrun » ; cette lecture vient conforter l’analyse qui voit dans l’accusatif de « amr » un cas d’exclusivité (ikhtiṣâṣ).
Al-Ḥasan, pour sa part, a récité : « raḥmatun », sous-entendu : « tilka hiya raḥmatun » – lecture qui soutient que l’accusatif ordinaire de « raḥmatan » est un complément de cause (mafʿūl lah).
[Surat ad-Dukhân (44), versets 7 à 9]
« Seigneur des cieux et de la terre et de ce qui est entre eux, si toutefois vous êtes convaincus ; (7)
point de divinité en dehors de Lui ; Il fait vivre et Il fait mourir – votre Seigneur et le Seigneur de vos premiers ancêtres ; (8)
mais ils sont dans le doute ; ils s’amusent. » (9)
Au sujet de Sa parole – Exalté soit-Il – : « Seigneur des cieux et de la terre », les Koufiens l’ont lue « rabbi » (au génitif). Les autres l’ont lue au nominatif, « rabbu », en réponse à Son propos : « C’est Lui, en vérité, l’Audient, l’Omniscient ». Si tu le souhaites, l’expression peut être prise comme début de phrase, son prédicat étant : « il n’est de divinité que Lui » ; ou bien elle peut être le prédicat d’un sujet elliptique, estimé ainsi : « Lui est le Seigneur des cieux et de la terre ». La lecture au génitif est alors une apposition (badal) au terme « rabbika ». De la même façon, les syntagmes « votre Seigneur et le Seigneur de vos premiers ancêtres » peuvent se lire au génitif ; c’est ce qu’a rapporté ash-Shayzarî (1) d’après al-Kisâʾî. Les autres les ont récités au nominatif, par indépendance (istiʾnâf).
Il se peut que cet appel s’adresse à ceux qui reconnaissent qu’Allâh a créé les cieux et la terre ; c’est-à-dire : si vraiment vous en êtes certains, sachez qu’Il a le droit d’envoyer les messagers et de faire descendre les Écritures. Il est également possible qu’il vise ceux qui ne reconnaissent pas qu’Il est le Créateur ; autrement dit, ils doivent savoir qu’Il est bel et bien le Créateur, Celui qui fait vivre et fait mourir.
On a dit encore : le « muqîn » ici est celui qui veut parvenir à la certitude et la recherche, comme on dit : « Untel yun-jid » – il désire aller au Najd –, ou « yut-him » – il veut Tihâma.
« Il n’est de divinité que Lui ; Il fait vivre et Il fait mourir » : c’est-à-dire qu’Il est le Créateur de l’univers ; il n’est donc pas permis d’associer à Lui quiconque est incapable de créer quoi que ce soit. – « Il fait vivre et Il fait mourir » signifie qu’Il vivifie les morts et qu’Il fait mourir les vivants.
« Votre Seigneur et le Seigneur de vos premiers ancêtres » : autrement dit, votre Maître et le Maître de ceux qui vous ont précédés. Craignez donc de traiter Muhammad de menteur, de peur que le châtiment ne vous atteigne.
« Mais ils sont dans un doute ; ils s’amusent » : ils ne possèdent aucune certitude au sujet de l’apparente foi et de la reconnaissance qu’ils affichent lorsqu’ils disent : « Allâh est notre Créateur » ; en réalité