Ainsi, quiconque soutient qu’il s’agirait d’une autre nuit profère une imposture majeure à l’encontre d’Allâh. Il n’existe, au sujet de la nuit du milieu de Shaʿbân, aucun ḥadith sur lequel on puisse s’appuyer – ni pour son mérite, ni pour une éventuelle abrogation des termes des vies ; ne vous y attachez donc point.
Az-Zamakhsharî :
« On a dit que la retranscription de ces décrets à partir de la Tablette Préservée commence durant la Nuit de l’Absolution (Laylat al-Barâʾah, la mi-Shaʿbân) et s’achève la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr). Le registre des subsistances est alors confié à Mîkâʾîl, celui des guerres à Jibrîl – ainsi que ceux des séismes, des foudres et des affaissements de terrain –, le registre des œuvres à Ismâʿîl, gardien du ciel de ce bas-monde, détenteur d’une souveraineté immense, et le registre des calamités à l’Ange de la Mort. »
D’après certains :
« Chaque agent reçoit les bénédictions de ses actes ; son éloge est placé sur les langues des créatures et la crainte révérencielle de sa personne dans leurs cœurs. »
On a récité « نُفَرِّقُ » avec redoublement de la consonne, et « يَفْرِقُ », chacune selon sa vocalisation à la forme active et l’accusatif de « كُلَّ » ; le Séparateur est Allâh – عز وجل. Zayd ibn ʿAlî – qu’Allâh l’agrée – l’a également récité « نُفَرِّقُ » avec la nûn.
« كُلُّ أَمْرٍ حَكِيمٍ » : toute affaire dotée de sagesse, c’est-à-dire réalisée conformément à ce qu’exige la sagesse.
[Surat ad-Dukhân (44), versets 5-6]
« Un ordre émanant de Nous ; Nous sommes certes ceux qui envoyons –
par miséricorde de la part de ton Seigneur ; c’est Lui, en vérité, l’Audient, l’Omniscient. »
Au sujet de Sa parole : « أَمْرًا مِنْ عِندِنَا »
– An-Naqqâsh dit : « L’ordre, c’est le Coran ; Allâh l’a fait descendre de Sa propre part. »
– Ibn ʿÎsâ dit : « Il s’agit de ce qu’Allâh décrète, durant la nuit bénie, pour la situation de Ses serviteurs ; “amran” est un masdar occupant la fonction de ḥâl, de même que “raḥmatan min rabbika”. Selon al-Akhfash, il s’agit de deux états circonstanciels, dont l’estimation est : “Nous l’avons fait descendre en ordonnant par lui et en faisant miséricorde.” »
– Al-Mubarrad : « “Amran” tient lieu de masdar ; l’estimation est : “Nous l’avons fait descendre d’une descente.” »
– Al-Farrâʾ et az-Zajjâj : « “Amran” est mis à l’accusatif par “yufraqu”, comme dans l’expression “yufraqu farqan” ; “amr” y a le sens de “farq” et constitue un masdar, de même que “yaḍribu ḍarban”. »
– Il a aussi été dit : le verbe « yufraqu » revêt le sens de « yuʾmaru » (on ordonne), si bien que « amran » est un masdar gouverné par ce qui précède.
« إِنَّا كُنَّا مُرْسِلِينَ • رَحْمَةً مِنْ رَبِّكَ »
– Al-Farrâʾ (1) : « “Raḥmatan” est le complément d’objet du verbe sous-entendu dans “mursilîn” ; la miséricorde en question est le Prophète – que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui. »
– Az-Zajjâj : « “Raḥmatan” est un complément circonstanciel de cause : Nous l’avons envoyé par miséricorde. »
– D’autres ont dit qu’il s’agit d’un badal du mot « amran ». D’autres encore ont affirmé que c’est un masdar.
Az-Zamakhsharî : « “Amran” est mis à l’accusatif par voie d’exclusivité (ikhtiṣâṣ) ; Il a conféré à chaque affaire grandeur et magnificence en la qualifiant de “ḥakîm”, puis Il l’a encore rehaussée en majesté et l’a dotée… »