jusqu’à (le mois de) Shaʿbân ; si bien qu’il arrive qu’un homme se marie, qu’un enfant lui naisse, alors que son nom est déjà inscrit parmi les morts.
Le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – a dit :
« Lorsque vient la nuit du milieu de Shaʿbân, veillez-la en prière et jeûnez son jour, car Allâh descend, au coucher du soleil, vers le ciel de ce monde et Il dit : “N’y a-t-il pas quelqu’un qui Me demande pardon afin que Je lui pardonne ? N’y a-t-il pas un affligé pour que Je le guérisse ? N’y a-t-il pas un demandeur de subsistance pour que Je le pourvoie ? N’y a-t-il pas ceci, n’y a-t-il pas cela ?” – et cela jusqu’à l’apparition de l’aube. » Ce ḥadith est rapporté par ath-Thaʿlabī.
At-Tirmidhī a, dans le même sens, rapporté d’après ʿÂʾishah – qu’Allâh l’agrée – que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – a dit :
« Allâh – Puissant et Majestueux – descend, la nuit du milieu de Shaʿbân, vers le ciel de ce monde et Il accorde Son pardon à un nombre de gens supérieur aux poils de la toison des moutons de (la tribu de) Kalb. »
Sur ce chapitre, il existe également (un récit) d’Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq. Abû ʿĪsâ (at-Tirmidhī) dit : « Le ḥadith de ʿÂʾishah, nous ne le connaissons élevé (marfûʿ) que par la chaîne d’al-Ḥajjâj ibn Arṭâʾah, d’après Yahyâ ibn Abî Kathîr, d’après ʿUrwah, d’après ʿÂʾishah ; et j’ai entendu Muḥammad (al-Bukhârî) juger ce ḥadith faible. » Il ajouta : « Yahyâ ibn Abî Kathîr n’a pas entendu (directement) de ʿUrwah ; quant à al-Ḥajjâj ibn Arṭâʾah, il n’a pas entendu de Yahyâ ibn Abî Kathîr. »
Je (l’auteur) dis : l’auteur du Kitâb al-ʿArûs a rapporté en détail le ḥadith de ʿÂʾishah et a retenu que la nuit où est décrété tout ordre empreint de sagesse serait la nuit du milieu de Shaʿbân, appelée « la Nuit de l’Absolution » (Laylat al-Barâʾah). Nous avons cité son avis et y avons répondu ailleurs, ayant montré que l’avis correct est qu’il s’agit de la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr), comme nous l’avons expliqué.
Ḥammâd ibn Salamah rapporte : Rabîʿah ibn Kulthûm nous a informés qu’un homme interrogea al-Ḥasan – alors que j’étais auprès de lui – en ces termes : « Abû Saʿîd, la Nuit du Destin se trouve-t-elle dans chaque Ramadan ? » Il répondit : « Oui, par Allâh, il n’est d’autre divinité que Lui ! Elle est dans chaque Ramadan ; c’est la nuit où est décidé tout ordre empreint de sagesse ; durant elle, Allâh arrête toute création, toute échéance, toute subsistance et tout acte jusqu’à la même nuit (de l’année suivante). »
Ibn ʿAbbâs a dit : « Il est transcrit, à partir de l’“Archetype du Livre” (Umm al-Kitâb), lors de la Nuit du Destin, ce qui adviendra dans l’année : mort, vie, subsistance, pluie, jusqu’au pèlerinage ; il est alors dit : “Untel accomplira le ḥajj, Untel accomplira le ḥajj.” »
Il dit encore au sujet de ce verset : « Tu peux voir un homme marcher dans les marchés alors que son nom a déjà été inscrit parmi les morts. » Cette exposition des décrets annuels n’est destinée qu’aux anges chargés des causes de la création ; nous avons déjà évoqué cette signification plus haut.
Le Qâḍî Abû Bakr ibn al-ʿArabî a dit : « La majorité des savants affirment qu’il s’agit de la Nuit du Destin. Certains ont soutenu qu’il s’agissait de la nuit du milieu de Shaʿbân, mais cela est infondé, car Allâh – Très-Haut – a dit dans Son Livre véridique et décisif : “Le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été révélé” (2 : 185). Il a ainsi fixé clairement la période de sa descente à Ramadân, puis Il a précisé, en ce passage, qu’il s’agissait de la nuit, par Sa parole : “dans une nuit bénie”. »