pour désigner le Coran.
Quant à celui qui a affirmé qu’Il avait juré par l’ensemble des autres Écritures, il considère que Sa parole : « Nous l’avons certes fait descendre » renvoie de façon allusive à un livre autre que le Coran, ainsi que cela a déjà été exposé au début de la sourate « az-Zukhruf » ¹.
La « nuit bénie » est la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr). Certains disent : il s’agit de la nuit du milieu de Shaʿbân. Elle porte quatre noms : la Nuit bénie, la Nuit de l’Absolution (al-Barâ’ah), la Nuit du Décret (aṣ-Ṣakk) et la Nuit du Destin. Il la qualifie de « bénie » en raison des bénédictions, des bienfaits et des récompenses qu’Allâh y fait descendre sur Ses serviteurs.
Qatâdah rapporte d’après Wâthilah que le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – a dit :
« Les feuillets d’Ibrâhîm furent révélés la première nuit de Ramadân ; la Tawrah, après six nuits écoulées de Ramadân ; le Zabour, après douze nuits ; l’Injîl, après dix-huit nuits ; et le Coran, après vingt-quatre nuits de Ramadân. »
Il fut ensuite dit : le Coran tout entier fut descendu, durant cette nuit, vers le ciel de ce monde, puis il fut révélé fragment après fragment, au cours des autres jours, selon les événements.
On a également dit : à chaque Nuit du Destin descendait la part qui serait révélée durant le reste de l’année. D’aucuns soutiennent encore que le début de la révélation eut lieu précisément cette nuit-là.
ʿIkrimah a déclaré : la « nuit bénie » mentionnée ici est la nuit du milieu de Shaʿbân. L’avis premier est toutefois plus correct, compte tenu de la parole du Très-Haut : « Nous l’avons certes fait descendre durant la Nuit du Destin » ² [al-Qadr : 1].
Qatâdah et Ibn Zayd ont dit : Allâh fit descendre le Coran en entier, durant la Nuit du Destin, depuis l’« Original du Livre » (Umm al-Kitâb) jusqu’à la « Maison de la Gloire » (Bayt al-ʿIzzah) au ciel de ce monde ; puis Il le fit descendre sur Son Prophète – paix et bénédictions sur lui – nuit et jour, sur vingt-trois années. Ce sens a déjà été mentionné dans la sourate « al-Baqarah » ³, à la parole du Très-Haut : « Le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été révélé » [2 : 185], et il reviendra plus loin, si Allâh – Très-Haut – le veut.
[Sourate ad-Dukhân (44), verset 4]
« En elle est tranchée toute affaire empreinte de sagesse » (4).
Ibn ʿAbbâs a dit : Allâh y arrête les affaires de ce monde pour l’année qui vient : vie, mort et subsistance. Qatâdah, Mujâhid, al-Ḥasan et d’autres l’ont également affirmé.
Il fut dit encore : à l’exception du malheur ou du bonheur — ceux-ci ne changent pas —, ainsi l’a rapporté Ibn ʿUmar.
Al-Mahdawî a commenté : le sens de cette parole est qu’Allâh – Puissant et Majestueux – ordonne aux anges ce qui adviendra durant l’année, bien que tout cela soit, de toute éternité, dans Sa science – Majesté et Gloire à Lui.
ʿIkrimah a dit : il s’agit de la nuit du milieu de Shaʿbân ; l’affaire de l’année y est décrétée, les vivants y sont distingués des morts, et y sont inscrits les noms des pèlerins ; il n’y est ni ajouté ni retranché personne.
ʿUthmân ⁴ ibn al-Mughîrah rapporte que le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – a dit : « Les termes des vies sont tranchés à partir de Shaʿbân…»