Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et Sa parole – ainsi que nous l’avons rapporté de l’un et de l’autre – ne permet donc pas, sous cet angle, de faire halte sur « yaktubûna ».

Al-Farrâʼ et al-Akhfash ont, en outre, autorisé qu’on le mette à l’accusatif comme nom verbal, comme s’il avait été dit : « Il a énoncé Sa propre parole et porté Sa plainte auprès d’Allâh – Puissant et Majestueux. »

C’est dans ce sens que Kaʿb ibn Zuhayr a dit :
A Les délateurs cheminent, flanquant ses côtés affligés,
A et leurs propos répétés…
B « Ô fils d’Abî Salmâ, tu seras exécuté »,
B tels sont les mots qu’ils font circuler avec acharné.¹
Il voulait signifier : « Ils disent leur propos. »

Quant à celui qui lit « qîluhu » au nominatif, on comprend : « Et auprès de Lui se trouve Sa parole », ou : « Sa parole est entendue », ou encore : « Sa parole est ce même discours. »²

Az-Zamakhsharî observe : « Ce qu’ils ont avancé n’est pas solide quant au sens ; il se trouve en effet une coupure entre le terme coordonné et celui auquel il est conjonctivement rattaché, coupure qui ne saurait servir d’incise convenable, sans compter la dissonance de la construction. »

« Plus fort et plus pertinent, poursuit-il, est d’expliquer le régime du génitif ou de l’accusatif par l’implicitation et la suppression de la particule de serment ; quant au nominatif, il relève de la tournure : “Par les engagements d’Allâh”, “Par le dépôt confié par Allâh”, “Par le serment d’Allâh”, “Par ta vie…”, de sorte que l’énoncé
“En vérité, ceux-ci sont un peuple qui ne croient pas”
constitue la réponse au serment, comme si l’on disait : « Et Il a juré par Sa parole : “Ô Seigneur…”, ou : “Sa parole, ô Seigneur, est mon serment : en vérité, ceux-ci sont un peuple qui ne croient pas.” »

Ibn al-Anbârî dit : « Il est permis, en arabe, de lire : “wa-qîluhu” au nominatif, en le faisant porter par : “En vérité, ceux-ci sont un peuple qui ne croient pas.” »

Al-Mahdawî propose encore : « On peut sous-entendre : “wa-qîlihi qîluhu yâ rabb”, le second “qîluhu”, qui en serait le prédicat, ayant été omis ; l’interjection “yâ rabb” se trouve alors régie par ce prédicat implicite. Cela n’est pas contraire à la règle interdisant de retrancher une partie du relatif tout en en laissant subsister une autre, car la suppression du terme “qawl” (parole) est devenue fréquente au point d’équivaloir à sa mention explicite. »

Le pronom de « qîlihi » renverrait à ʿÎsâ, selon certains, ou à Muḥammad – paix et bénédictions d’Allâh sur lui –, son nom ayant été évoqué lorsqu’Il dit :
« Dis : “Si le Tout-Miséricordieux avait un enfant…” » (az-Zukhruf, 81).

Abû Qilâbah a récité : « yâ rabba » avec la voyelle ouverte sur la lettre bâʼ.

Le terme « qîl » est un nom verbal, au même titre que « qawl ». De là l’expression prophétique : « Il a interdit le “qîl wa qâl” » (cancans et rumeurs). On dira ainsi : « qultu qawlan, wa qîlan, wa qâlan ».

Dans la sourate an-Nisâʼ, il est dit : « Et qui donc est plus véridique qu’Allâh en parole ? » (4 : 122).

[Sourate az-Zukhruf (43), verset 89]
« Pardonne-leur donc, et dis : “Paix !” – ils finiront bien par savoir. » (89)

Qatâdah commente : « Il reçut d’abord l’ordre de leur pardonner, puis celui de les combattre ; le pardon s’est donc trouvé abrogé par le glaive. »

Dans le même sens, Ibn ʿAbbâs dit :
« “Pardonne-leur”, c’est-à-dire détourne-toi d’eux ;
“et dis : ‘Paix’”, c’est-à-dire une parole courtoise : dis-la aux polythéistes de La Mecque ;
“ils finiront bien par savoir”.
Puis cela fut abrogé, dans la sourate al-Barâʼah, par Sa parole Très-Haute :
“Alors tuez les polythéistes où que vous les trouviez…” » (at-Tawbah, 5).

D’autres ont soutenu que ce verset est péremptoire, non abrogé.

—
¹ Traduction poétique en rime AABB, inspirée du distique de Kaʿb ibn Zuhayr.
² Les chiffres (1)-(5) renvoient aux notes critiques de l’édition arabe originale.

وَقِيلَهُ، كَمَا ذَكَرْنَا عَنْهُمَا فَمِنْ هَذَا الْوَجْهِ لَا يَحْسُنُ الْوَقْفُ عَلَى يَكْتُبُونَ. وَأَجَازَ الْفَرَّاءُ وَالْأَخْفَشُ أَيْضًا: أَنْ يُنْصَبَ عَلَى الْمَصْدَرِ، كَأَنَّهُ قَالَ: وَقَالَ قِيلَهُ، وَشَكَا شَكْوَاهُ إِلَى اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ، كَمَا قَالَ كَعْبُ بْنُ زُهَيْرٍ: تمشي الوشاة جنابيها «١» وقيلهم ... إنك يا بن أَبِي سُلْمَى لَمَقْتُولُ أَرَادَ: وَيَقُولُونَ قِيلَهُمْ. وَمَنْ رَفَعَ قِيلِهِ فَالتَّقْدِيرُ: وَعِنْدَهُ قِيلُهُ، أَوْ قِيلُهُ مَسْمُوعٌ، أَوْ قِيلُهُ هَذَا الْقَوْلُ «٢» . الزَّمَخْشَرِيُّ: وَالَّذِي قَالُوهُ لَيْسَ بِقَوِيٍّ فِي الْمَعْنَى مَعَ وُقُوعِ الْفَصْلِ بَيْنَ الْمَعْطُوفِ وَالْمَعْطُوفِ عَلَيْهِ بِمَا لَا يَحْسُنُ اعْتِرَاضًا وَمَعَ تَنَافُرِ النَّظْمِ. وَأَقْوَى مِنْ ذَلِكَ وَأَوْجَهُ أَنْ يَكُونَ الْجَرُّ وَالنَّصْبُ عَلَى إِضْمَارِ حَرْفِ الْقَسَمِ وَحَذْفِهِ. وَالرَّفْعُ عَلَى قَوْلِهِمْ: أَيْمَنُ اللَّهِ وَأَمَانَةُ اللَّهِ وَيَمِينُ اللَّهِ وَلَعَمْرُكَ، وَيَكُونُ قَوْلُهُ " إِنَّ هؤُلاءِ قَوْمٌ لَا يُؤْمِنُونَ" جَوَابُ الْقَسَمِ، كَأَنَّهُ قَالَ: وَأَقْسَمَ بِقِيلِهِ يَا رَبِّ، أَوْ قِيلِهِ يَا رَبِّ قَسَمِي، إِنَّ هَؤُلَاءِ قَوْمٌ لَا يُؤْمِنُونَ. وَقَالَ ابْنُ الْأَنْبَارِيِّ: ويجوز في العربية " وقيله" بالرفع، عَلَى أَنْ تَرْفَعَهُ بِإِنَّ هَؤُلَاءِ قَوْمٌ لَا يُؤْمِنُونَ. الْمَهْدَوِيُّ: أَوْ يَكُونُ عَلَى تَقْدِيرِ وَقِيلِهِ قِيلُهُ يَا رَبِّ، فَحَذَفَ قِيلَهُ الثَّانِي «٣» الَّذِي هُوَ خَبَرٌ، وَمَوْضِعُ " يَا رَبِّ" نُصِبَ بِالْخَبَرِ الْمُضْمَرِ، وَلَا يَمْتَنِعُ ذَلِكَ مِنْ حَيْثُ امْتَنَعَ حَذْفُ بَعْضِ الْمَوْصُولِ وَبَقِيَ بَعْضُهُ، لِأَنَّ حَذْفَ الْقَوْلِ قَدْ كَثُرَ حَتَّى صَارَ بِمَنْزِلَةِ الْمَذْكُورِ. وَالْهَاءُ فِي " قِيلِهِ" لِعِيسَى، وَقِيلَ لِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَقَدْ جَرَى ذِكْرُهُ إِذْ قال " قُلْ إِنْ كانَ لِلرَّحْمنِ وَلَدٌ" [الزخرف: ٨١] . وَقَرَأَ أَبُو قِلَابَةَ " يَا رَبَّ" بِفَتْحِ الْبَاءِ. وَالْقِيلُ مَصْدَرٌ كَالْقَوْلِ، وَمِنْهُ الْخَبَرُ] نَهَى عَنْ قِيلٍ وَقَالٍ [. وَيُقَالُ: قُلْتُ قَوْلًا وَقِيلًا وَقَالًا. وَفِي النِّسَاءِ وَمَنْ أَصْدَقُ مِنَ اللَّهِ قِيلًا «٤» [النساء: ١٢٢] . [[سورة الزخرف (٤٣) : آية ٨٩]] فَاصْفَحْ عَنْهُمْ وَقُلْ سَلامٌ فَسَوْفَ يَعْلَمُونَ (٨٩) قَالَ قَتَادَةُ: أُمِرَ بِالصَّفْحِ عَنْهُمْ ثُمَّ أَمَرَهُ بِقِتَالِهِمْ، فَصَارَ الصَّفْحُ مَنْسُوخًا بِالسَّيْفِ. وَنَحْوُهُ عَنِ ابْنِ عباس قال: " فَاصْفَحْ عَنْهُمْ" أي أَعْرِضْ عَنْهُمْ. " وَقُلْ سَلامٌ" أَيْ مَعْرُوفًا، أَيْ قل لمشركي أَهْلِ مَكَّةَ " فَسَوْفَ تَعْلَمُونَ" ثُمَّ نُسِخَ هَذَا فِي سُورَةِ " بَرَاءَةٌ" بِقَوْلِهِ تَعَالَى: " فَاقْتُلُوا الْمُشْرِكِينَ حَيْثُ وَجَدْتُمُوهُمْ" «٥» [التوبة: ٥] الْآيَةَ. وَقِيلَ: هِيَ مُحْكَمَةٌ لَمْ تُنْسَخْ. وَقِرَاءَةُ العامة" فسوف
(١). أي ناحيتيها. (٢). أو قيله هذا القول ساقط من ح وفي ز ل وفيه هذا القول. [ ..... ] (٣). في الأصول:" الأول". (٤). آية ١٢٢. (٥). آية ٥.

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