Sourate az-Zukhruf (43)
Verset 72
« Et voilà le Paradis dont vous héritez, pour prix de ce que vous accomplissiez. »
Sa parole — exalté soit-Il — : « Et voilà le Paradis… »
Autrement dit : il leur sera dit : « Voici ce Paradis même qui vous était décrit dans le bas-monde. »
Ibn Khâlawayh a dit : le Très-Haut a désigné le Paradis par l’adverbe démonstratif éloigné « tilka », et la Géhenne par l’adverbe proche « hâdhihi », afin de susciter la crainte de la Géhenne et de renforcer la mise en garde à son sujet, la présentant, par une indication de proximité, comme si elle était sous leurs yeux.
« …dont vous héritez en récompense de ce que vous œuvriez. »
Ibn ʿAbbâs a dit : Allâh a créé, pour chaque âme, un Paradis et un Feu. Le mécréant hérite du Feu qui aurait été celui du musulman, et le musulman hérite du Paradis qui aurait été celui du mécréant. Ce propos a déjà été rapporté, avec élévation de chaîne, dans le commentaire du verset : « Certes, ont réussi les croyants » (al-Mu’minûn : 1), d’après le ḥadîth d’Abû Hurayrah, ainsi que dans la sourate al-Aʿrâf[1].
Verset 73
« Vous y trouverez une abondance de fruits ; c’est de ceux-ci que vous mangerez. »
La « fâkihah » (fruit) est bien connue ; ses variétés sont appelées « fawâkih », et le « fâkihânî » est celui qui les vend.
Ibn ʿAbbâs a dit : il s’agit de tous les fruits, frais ou secs. Autrement dit, outre la nourriture et la boisson, ils disposeront au Paradis d’une grande quantité de fruits dont ils mangeront.
Versets 74-76
« Les criminels, eux, demeureront éternellement dans le châtiment de la Géhenne, (74)
Il ne leur sera pas allégé, et là-bas ils seront accablés de désespoir. (75)
Nous ne les avons point lésés ; ce sont eux qui furent injustes (envers eux-mêmes). » (76)
Sa parole — exalté soit-Il — : « Les criminels demeureront éternellement dans le châtiment de la Géhenne… »
Après avoir décrit la condition des gens du Paradis, Il mentionne celle des gens du Feu, afin de manifester la supériorité de l’obéissant sur le désobéissant.
« Il ne leur sera pas allégé… » : aucun répit ne leur sera accordé dans ce châtiment.
« …et là-bas ils seront accablés de désespoir » : ils seront définitivement privés d’espérance en la miséricorde. On a également dit : ils garderont le silence, abattus par le désespoir ; cela a déjà été expliqué dans la sourate al-Anʿâm[2].
« Nous ne les avons point lésés… » par ce châtiment ; « mais ils furent eux-mêmes les injustes », envers eux-mêmes, par leur polythéisme. Il est aussi possible de lire : « wa-lâkin kânû humu ẓ-ẓâlimûn », la phrase étant alors, au nominatif, un début et un prédicat, la proposition constituant le khabar de kâna.
Verset 77
« Et ils crieront : “Ô Mâlik ! Que ton Seigneur nous fasse mourir !” Il dira : “En vérité, vous resterez là.” »
[1] Voir le hadith cité dans le commentaire des versets initiaux de la sourate al-Mu’minûn, ainsi que dans le passage relatif à la sourate al-Aʿrâf.
[2] Al-Anʿâm, verset 44.