Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Un vin « ṣarīfiyy » d’un goût délicieux :
Son écume jaillit entre la coupe et le tonneau(1).

Un autre a dit(2) :
Allongé, les battants de ses portes claquent ;
Le serviteur s’empresse d’y aller, la coupe à la main.

Qatādah a dit : « Le kūb est un récipient circulaire, à col court et à petite anse ; l’ibrīq, lui, se distingue par un col long et une large anse. »

Al-Akhfash a déclaré : « Les akwāb sont des abāriq (pichets) qui n’ont pas de bec verseur. »

Qutrub a dit : « Ce sont des pichets dépourvus d’anses. »

Mujāhid a dit : « Ce sont des récipients dont l’ouverture est parfaitement ronde. »

As-Suddī : « Ils sont sans “oreilles”, c’est-à-dire sans anses. »

Ibn ʿAzīz : « “Akwāb” désigne des pichets sans anses ni bec verseur ; au singulier : kūb. »

Je dis : tel est bien le sens retenu par Mujāhid et as-Suddī, et c’est l’opinion des maîtres de la langue : il s’agit de récipients dépourvus d’oreilles et d’anses.

Parole du Très-Haut : « Et il s’y trouve tout ce que désirent les âmes et ce qui réjouit les yeux. »

At-Tirmidhī rapporte, d’après Sulaymān ibn Buraydah, d’après son père, qu’un homme demanda au Prophète — qu’Allāh le bénisse et le salue : « Ô Messager d’Allāh, y aura-t-il des chevaux au Paradis ? » Il répondit : « Si Allāh te fait entrer au Paradis, il suffira que tu souhaites être porté sur un cheval fait de rubis rouge ; il s’envolera alors avec toi dans le Paradis où que tu veuilles. »

Un autre homme l’interrogea : « Ô Messager d’Allāh, y aura-t-il des chameaux au Paradis ? » Il ne lui répondit pas comme à son compagnon et dit : « Si Allāh t’admet au Paradis, tu y trouveras tout ce que ton âme désire et ce qui réjouit ton œil. »

Les gens de Médine, Ibn ʿĀmir et les gens du Shām lisent : « wa-fīhā mā tashtahīhi l-anfusu » ; les autres lisent : « tashtahī l-anfusu », c’est-à-dire « ce que désirent les âmes ». On dit : « al-ladī ḍarabta Zaydan », c’est-à-dire : « celui que tu as frappé, c’est Zayd. »

« Wa-taladhdhu l-aʿyunu » : on dit « lazza sh-shay’u yalidhu lizādhًا wa-ladhādhatan », et « ladhidhtu bi-sh-shay’i alidhu » (avec kasra au passé, fatḥa au futur) lizādhًا wa-ladhādhatan, c’est-à-dire « je l’ai trouvé savoureux ». « Al-tadhadhtu bihi » et « taladhadhtu bihi » ont le même sens : au Paradis se trouve tout ce qui délecte l’œil par la beauté de son aspect.

Saʿīd ibn Jubayr a dit : « “Ce qui réjouit les yeux” : c’est la vision d’Allāh — Exalté soit-Il —, comme dans le ḥadīth : “Je Te demande la délectation du regard porté sur Ton Visage.” »

« Et vous y demeurerez éternellement » : vous y resterez pour toujours, car si le séjour devait prendre fin, il deviendrait détestable.

صِرِيفِيَّةٌ طَيِّبٌ طَعْمُهَا ... لَهَا زَبَدٌ بَيْنَ كُوبٍ وَدَنٍّ «١» وَقَالَ آخَرُ «٢» : مُتَّكِئًا تَصْفِقُ أَبْوَابُهُ ... يَسْعَى عَلَيْهِ الْعَبْدُ بِالْكُوبِ وَقَالَ قَتَادَةُ: الْكُوبُ الْمُدَوَّرُ الْقَصِيرُ الْعُنُقِ الْقَصِيرُ الْعُرْوَةِ. وَالْإِبْرِيقُ الْمُسْتَطِيلُ الْعُنُقِ الطَّوِيلُ الْعُرْوَةِ. وَقَالَ الْأَخْفَشُ: الْأَكْوَابُ الْأَبَارِيقُ الَّتِي لا خراطيم لها. وقال قطرب: هي الْأَبَارِيقُ الَّتِي لَيْسَتْ لَهَا عُرًى. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: إِنَّهَا الْآنِيَةُ الْمُدَوَّرَةُ الْأَفْوَاهِ. السُّدِّيُّ: هِيَ الَّتِي لَا آذَانَ لَهَا. ابْنُ عَزِيزٍ: " أَكْوابٍ" أَبَارِيقُ لَا عُرًى لَهَا وَلَا خَرَاطِيمَ، وَاحِدُهَا كُوبٌ. قُلْتُ: وَهُوَ مَعْنَى قَوْلِ مُجَاهِدٍ وَالسُّدِّيُّ، وَهُوَ مَذْهَبُ أَهْلِ اللُّغَةِ أَنَّهَا الَّتِي لَا آذَانَ لَهَا وَلَا عُرًى. قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَفِيها مَا تَشْتَهِيهِ الْأَنْفُسُ وَتَلَذُّ الْأَعْيُنُ" رَوَى التِّرْمِذِيُّ عَنْ سُلَيْمَانَ بْنِ بُرَيْدَةَ عَنْ أَبِيهِ أَنَّ رَجُلًا سَأَلَ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، هَلْ فِي الْجَنَّةِ مِنْ خَيْلٍ؟ قَالَ: ] إِنَّ اللَّهَ أَدْخَلَكَ الْجَنَّةَ فَلَا تَشَاءُ أَنْ تُحْمَلَ فِيهَا «٣» عَلَى فَرَسٍ مِنْ يَاقُوتَةٍ حَمْرَاءَ يَطِيرُ بِكَ] فِي الْجَنَّةِ «٤» [حَيْثُ شئت [. قال: وسأله رجلا فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ، هَلْ فِي الْجَنَّةِ مِنْ إِبِلٍ؟ قَالَ: فَلَمْ يَقُلْ لَهُ مِثْلَ ما قال لصاحبه قال:] إن يدخلك اللَّهُ الْجَنَّةَ يَكُنْ لَكَ فِيهَا مَا اشْتَهَتْ نفسك ولذت عينك [. وقرا أهل المدينة، ابن عَامِرٍ وَأَهْلُ الشَّامِ " وَفِيهَا مَا تَشْتَهِيهِ الْأَنْفُسُ" ، الْبَاقُونَ " تَشْتَهِي الْأَنْفُسُ" أَيْ تَشْتَهِيهِ الْأَنْفُسُ، تَقُولُ الَّذِي ضَرَبْتَ زَيْدٌ، أَيِ الَّذِي ضَرَبْتَهُ زَيْدٌ. " وَتَلَذُّ الْأَعْيُنُ" تَقُولُ: لَذَّ الشَّيْءُ يَلَذُّ لِذَاذًا، وَلَذَاذَةً. وَلَذِذْتُ. بِالشَّيْءِ أَلَذُّ (بِالْكَسْرِ فِي الْمَاضِي وَالْفَتْحِ فِي الْمُسْتَقْبَلِ) لِذَاذًا وَلَذَاذَةً، أَيْ وَجَدْتُهُ لَذِيذًا. وَالْتَذَذْتُ بِهِ وَتَلَذَّذْتُ بِهِ بِمَعْنًى. أَيْ فِي الْجَنَّةِ مَا تَسْتَلِذُّهُ الْعَيْنُ فَكَانَ حَسَنَ الْمَنْظَرِ. وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: " وَتَلَذُّ الْأَعْيُنُ" النَّظَرُ إِلَى اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ، كَمَا فِي الْخَبَرِ: ] أَسْأَلُكَ لَذَّةَ النَّظَرِ إِلَى وَجْهِكَ [. " وَأَنْتُمْ فِيها خالِدُونَ" بَاقُونَ دَائِمُونَ، لِأَنَّهَا لَوِ انْقَطَعَتْ لتبغضت.
(١). الصريفية: الخمر المنسوبة إلى صريفون، وهي قرية عند عكبراء، أو لأنها أخذت من الدن ساعتئذ كاللبن الصريف (الحليب الحار ساعة يصرف من الضرع). (٢). هو عدي بن زيد. (٣). من أح ز ن هـ (٤). زيادة عن سنن الترمذي.

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