Les avis ont divergé quant à l’usage qui peut être fait de ces objets en dehors de cela.
Ibn al-ʿArabî a dit :
« L’opinion correcte est qu’il n’est permis aux hommes d’en faire usage en rien, conformément à la parole du Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — au sujet de l’or et de la soie :
“Ces deux matières sont interdites aux hommes de ma communauté, licites à ses femmes.”
L’interdiction de manger et de boire dans de tels récipients montre bien que leur simple utilisation est illicite, car ils constituent un bien dont la jouissance n’est pas permise. Certes, le point de départ de l’interdiction concerne la nourriture et la boisson, mais la cause véritable en est la précipitation à goûter à ce qui appartient à l’Au-delà, raison qui englobe la nourriture, la boisson et toute autre forme d’utilisation. Le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a, en outre, déclaré :
“Elles sont à eux en ce bas-monde et à nous dans l’Au-delà”,
si bien qu’il ne nous a accordé aucune part à leur sujet ici-bas.
Troisièmement — Si le récipient est cerclé de l’un de ces deux métaux, ou s’il comporte un anneau en or ou en argent, Mâlik a dit :
“Il ne m’agrée pas qu’on y boive ; de même, lorsqu’un miroir porte un anneau d’argent, il ne m’agrée pas que l’on y contemple son visage.”
Il se trouvait chez Anas un récipient cerclé d’argent, et il disait : « J’y ai abreuvé le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue. » Ibn Sîrîn rapporte : « Ce récipient possédait un anneau de fer. Anas voulut le remplacer par un anneau d’argent, mais Abû Ṭalḥa déclara : “Je ne changerai rien à ce qu’a fait le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue.” Il y renonça donc. »
Quatrièmement — Lorsque son utilisation n’est pas permise, sa détention ne l’est pas davantage, car ce dont l’usage est illicite ne peut être possédé, tels l’idole ou le luth. Dans les ouvrages de nos savants, on lit que celui qui le brise doit en payer la valeur ; c’est là un avis vicié, car le briser est un devoir et nul prix n’est donc dû à son égard. Il n’est jamais permis de l’évaluer pour la zakât, et tout autre avis n’est pas digne d’attention.
Quant à la parole du Très-Haut : « … sur des plateaux … » (bi-ṣiḥāfin), al-Jawharî dit : « La ṣaḥfa est semblable à une qaṣʿa, et son pluriel est ṣiḥāf. » Al-Kisâ’î précise : « La plus grande des grandes écuelles est la jafna ; vient ensuite la qaṣʿa, qui rassasie dix personnes, puis la ṣaḥfa, qui en rassasie cinq, puis la mi’kala, qui rassasie deux ou trois personnes, puis la suḥayfa, qui rassasie un seul homme. Ṣaḥîfa désigne également le livre, et son pluriel est ṣuḥuf ou ṣaḥā’if. »
Au sujet de la parole du Très-Haut : « … et des coupes … » (wa-akwābin), al-Jawharî dit : « Le kawb est un kūz — une cruche — dépourvu d’anse, et son pluriel est akwāb. »
Al-Aʿshâ a dit, décrivant le vin :