Sa parole – exalté soit-Il : « Les factions divergèrent donc entre elles. »
Qatâdah a dit : c’est-à-dire entre eux-mêmes.
À leur sujet, deux avis sont rapportés :
Le premier : il s’agit des Gens du Livre, juifs et chrétiens, dont les uns s’opposèrent aux autres ; tel est l’avis de Mujâhid et as-Suddi.
Le second : il s’agit des chrétiens – nestoriens, melkites et jacobites – qui divergèrent au sujet de ‘Îsâ ;
les nestoriens dirent : « Il est le fils d’Allah » ;
les jacobites affirmèrent : « Il est Allah » ;
et les melkites dirent : « Il est le troisième de trois, dont l’un est Allah. »
Cet avis est rapporté par al-Kalbî et Muqâtil, et cela a déjà été mentionné dans la sourate Maryam «1».
« Malheur donc aux injustes » : c’est-à-dire à ceux qui ont mécru et pratiqué l’association, comme dans la sourate Maryam «2».
« à cause du châtiment d’un Jour douloureux » : c’est-à-dire dont le châtiment est douloureux ; semblable à l’expression : « une nuit dormante », c’est-à-dire dans laquelle on dort.
« N’attendent-ils donc » : Il vise ici les factions ; ils « n’attendent »…
« que l’Heure » : c’est la Résurrection ;
« pour qu’elle leur vienne subitement » : à l’improviste ;
« alors qu’ils ne s’en rendent pas compte » : sans qu’ils en aient conscience. Cela a déjà été évoqué ailleurs «3».
On a également dit : le sens est que les polythéistes arabes n’attendent rien d’autre que l’Heure. Ainsi, « les factions » désignerait, selon cette interprétation, ceux qui se sont ligués contre le Prophète – qu’Allah le couvre d’éloges et de salut – et l’ont traité de menteur parmi les associateurs. Ce passage se rattache alors à Sa parole – exalté soit-Il : « Ils ne t’avancent cet exemple que par polémique » «4» (az-Zukhruf, 58).
[Coran, sourate az-Zukhruf (43), verset 67]
« Les proches amis, ce jour-là, seront ennemis les uns des autres, sauf les pieux. » (67)
Sa parole – exalté soit-Il : « Les proches amis, ce jour-là » : c’est-à-dire, le Jour de la Résurrection.
« Les uns seront ennemis des autres » : c’est-à-dire des adversaires ; les uns s’opposeront aux autres et se maudiront mutuellement.
« Sauf les pieux » : eux demeureront intimes aussi bien dans ce bas-monde que dans l’au-delà. Tel en est le sens selon Ibn ʿAbbâs, Mujâhid et d’autres.
An-Naqqâsh rapporte que ce verset fut révélé au sujet d’Ubayyah ibn Khalaf al-Jumahî et de ʿUqbah ibn Abî Muʿayt ; ils étaient des amis proches. ʿUqbah avait l’habitude de s’asseoir en compagnie du Prophète – qu’Allah le couvre d’éloges et de salut. Les Qurayshites dirent alors : « ʿUqbah ibn Abî Muʿayt a abandonné la religion de ses pères ! »
Ubayyah lui dit : « Mon visage t’est interdit si tu rencontres Muhammad sans cracher sur son visage. » ʿUqbah s’exécuta ; le Prophète – qu’Allah le couvre d’éloges et de salut – fit alors vœu de le tuer, et il le fit exécuter le jour de Badr, après capture «5». Ubayyah fut tué au cours du combat. À leur sujet fut révélé ce verset.
Aṭ-Thaʿlabî – qu’Allah lui fasse miséricorde – rapporte, au sujet de ce verset «6», qu’il y avait deux amis croyants et deux amis mécréants ; l’un des deux croyants mourut et dit : « Ô Seigneur,