Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ils prétendent qu’il veut que nous l’adorions comme le peuple de ʿÎsâ adora ʿÎsâ ; Allah fit donc descendre ce verset.

Ibn ʿAbbâs a dit :
Il s’agit du débat qu’ʿAbdullâh ibn az-Zibʿarâ eut avec le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – au sujet de ʿÎsâ ; celui qui formula cette parabole n’est autre qu’ʿAbdullâh ibn az-Zibʿarâ as-Sahmî, alors qu’il était encore mécréant, lorsque les Quraychites lui dirent : « Muḥammad récite :
« Vous et tout ce que vous adorez en dehors d’Allah serez le combustible de la Géhenne »¹ [Al-Anbiyâ’ : 98]. »
Il répondit : « Si j’avais été présent auprès de lui, je l’aurais réfuté. »
Ils demandèrent : « Que lui aurais-tu dit ? »
Il dit : « J’aurais répondu : Le Messie que les chrétiens adorent et Uzayr que les juifs adorent – sont-ils donc tous deux le combustible de la Géhenne ? » Les Quraychites furent frappés par ses propos et estimèrent qu’il avait remporté la controverse ; tel est le sens de Sa parole : « yasuddûna ».

Alors Allah – Très-Haut – fit descendre :
« Quant à ceux à qui Nous avons déjà fait une belle promesse, ils en seront tenus à l’écart »² [Al-Anbiyâ’ : 101].

Si Ibn az-Zibʿarâ avait médité le verset, il ne s’y serait pas opposé, car Allah a dit « et ce que vous adorez » (وَما تَعْبُدُونَ) et non « et ceux que vous adorez » (وَمَنْ تَعْبُدُونَ). Il visait ainsi les idoles et tout ce qui est dépourvu d’intellect, et non le Messie ni les anges, même s’ils sont adorés. Ce point a déjà été expliqué à la fin de la sūrah Al-Anbiyâ’³.

Ibn ʿAbbâs rapporte encore que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit aux Quraychites : « Ô assemblée de Quraych, il n’y a aucun bien en quiconque est adoré en dehors d’Allah. »
Ils dirent : « Ne prétends-tu pas que ʿÎsâ était un serviteur prophète, un serviteur vertueux ? S’il en est ainsi, il a pourtant été adoré en dehors d’Allah ! » Alors Allah – exalté soit-Il – fit descendre :
« Et lorsque le fils de Maryam fut cité en exemple, voilà que ton peuple poussa des cris » ; autrement dit, ils clamèrent comme le beuglement des chameaux quand on leur charge des fardeaux.

Nāfiʿ, Ibn ʿÂmir et al-Kisâʾî lisent « yasuddûna » (avec ḍamma sur le ṣâd), et, selon An-Nakhaʿî, cela signifie : « ils se détournent » ; les autres la lisent avec kasra.
Al-Kisâʾî dit : ces deux lectures relèvent de deux dialectes, comme yaʿrishûna/yaʿrushûna et yanimmûna/yannumûna ; le sens est : « ils clament ».
Al-Jawharî a dit : ṣadda – yaṣuddu ṣadîdan, c’est-à-dire : il a clamé.
On a également dit : lue avec ḍamma, elle dérive de ṣudûd (l’aversion), c’est-à-dire l’éloignement ; lue avec kasra, elle provient de ḍajîj (le vacarme) – c’est l’avis de Qutrub.
Abû ʿUbayd a dit : si elle provenait de « ṣudûd » au sens de rejet de la vérité, on aurait dit : « lorsque ton peuple s’en détourne (ʿanhu yasuddûna) ».
Al-Farrâʾ a affirmé : les deux expressions, « minhu » ou « ʿanhu », sont équivalentes.
Ibn al-Musayyib explique que « yasuddûna » signifie « ils clament ». Ad-Ḍaḥḥâk dit : « yaʿijjûna » (ils poussent des cris). Ibn ʿAbbâs entend par là : « ils rient ».
Abû ʿUbaydah : celui qui lit avec ḍamma entend le sens de « ils s’écartent », c’est-à-dire qu’en raison de leur inclination ils se détournent, et « yasuddûna » n’est pas, dans ce cas, construit avec la préposition « min ». Celui qui lit avec kasra le comprend au sens de « ils clament » ; « min » se rattache alors directement à « yasuddûna », et le sens devient : « ils clament à son sujet ».

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¹ Le texte citant le verset emploie ici le démonstratif « ma » (ce que), non « man » (ceux que).
² Al-Anbiyâ’ : 101.
³ Voir la fin de la sūrah Al-Anbiyâ’.‎

يُرِيدُ أَنْ نَعْبُدَهُ كَمَا عَبَدَ قَوْمُ عِيسَى عِيسَى، فَأَنْزَلَ اللَّهُ هَذِهِ الْآيَةَ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: أَرَادَ بِهِ مُنَاظَرَةَ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الزِّبِعْرَى مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي شَأْنِ عِيسَى، وَأَنَّ الضَّارِبَ لِهَذَا الْمِثْلِ هُوَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ الزِّبَعْرَى السَّهْمِيُّ حَالَةَ كُفْرِهِ لَمَّا قَالَتْ لَهُ قُرَيْشٌ إِنَّ مُحَمَّدًا يَتْلُو " إِنَّكُمْ وَما تَعْبُدُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ حَصَبُ جَهَنَّمَ" «١» [الأنبياء: ٩٨] الْآيَةَ، فَقَالَ: لَوْ حَضَرْتُهُ لَرَدَدْتُ عَلَيْهِ، قَالُوا: وَمَا كُنْتَ تَقُولُ لَهُ؟ قَالَ: كُنْتُ أَقُولُ لَهُ هَذَا الْمَسِيحُ تَعْبُدُهُ النَّصَارَى، وَالْيَهُودُ تَعْبُدُ عُزَيْرًا، أَفَهُمَا مِنْ حَصَبِ جَهَنَّمَ؟ فَعَجِبَتْ قُرَيْشٌ مِنْ مَقَالَتِهِ وَرَأَوْا أَنَّهُ قَدْ خُصِمَ، وَذَلِكَ مَعْنَى قَوْلِهِ " يَصِدُّونَ" . فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى: " إِنَّ الَّذِينَ سَبَقَتْ لَهُمْ مِنَّا الْحُسْنى أُولئِكَ عَنْها مُبْعَدُونَ" «٢» [الأنبياء: ١٠١] . وَلَوْ تَأَمَّلَ ابْنُ الزِّبَعْرَى الْآيَةَ مَا اعْتَرَضَ عَلَيْهَا، لِأَنَّهُ قَالَ " وَما تَعْبُدُونَ" وَلَمْ يَقُلْ وَمَنْ تَعْبُدُونَ، وَإِنَّمَا أَرَادَ الْأَصْنَامَ وَنَحْوَهَا مِمَّا لَا يَعْقِلُ، وَلَمْ يُرِدِ الْمَسِيحَ وَلَا الْمَلَائِكَةَ وَإِنْ كَانُوا مَعْبُودِينَ. وَقَدْ مَضَى هَذَا فِي آخِرِ سُورَةِ " الْأَنْبِيَاءِ" «٣» . وَرَوَى ابْنُ عَبَّاسٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قال لِقُرَيْشٍ: ] يَا مَعْشَرَ قُرَيْشٍ لَا خَيْرَ فِي أَحَدٍ يُعْبَدُ مِنْ دُونِ اللَّهِ [. قَالُوا: أَلَيْسَ تزعم أن عيسى كان عبد انبيا وعبد اصالحا، فَإِنْ كَانَ كَمَا تَزْعُمُ فَقَدْ كَانَ يُعْبَدُ مِنْ دُونِ اللَّهِ!. فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى " وَلَمَّا ضُرِبَ ابْنُ مَرْيَمَ مَثَلًا إِذا قَوْمُكَ مِنْهُ يَصِدُّونَ" أَيْ يَضِجُّونَ كَضَجِيجِ الْإِبِلِ عِنْدَ حَمْلِ الأثقال. قرأ نَافِعٌ وَابْنُ عَامِرٍ وَالْكِسَائِيُّ " يَصِدُّونَ" (بِضَمِّ الصَّادِ) وَمَعْنَاهُ يُعْرِضُونَ، قَالَهُ النَّخَعِيُّ، وَكَسْرَ الْبَاقُونَ. قَالَ الْكِسَائِيُّ: هُمَا لُغَتَانِ، مِثْلُ يَعْرِشُونَ وَيَعْرُشُونَ، وَيَنِمُّونَ وَيَنُمُّونَ، وَمَعْنَاهُ يَضِجُّونَ. قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: وَصَدَّ يَصُدُّ صَدِيدًا، أَيْ ضَجَّ. وَقِيلَ: إِنَّهُ بِالضَّمِّ مِنَ الصُّدُودِ وَهُوَ الْإِعْرَاضُ، وَبِالْكَسْرِ مِنَ الضَّجِيجِ، قَالَهُ قُطْرُبٌ. قَالَ أَبُو عُبَيْدٍ: لَوْ كَانَتْ مِنَ الصُّدُودِ عَنِ الْحَقِّ لَكَانَتْ: إِذَا قَوْمُكَ عَنْهُ يَصُدُّونَ. الْفَرَّاءُ: هُمَا سَوَاءٌ، مِنْهُ وَعَنْهُ. ابْنُ الْمُسَيَّبِ: يَصُدُّونَ يَضِجُّونَ. الضَّحَّاكُ يَعِجُّونَ. ابْنُ عَبَّاسٍ: يَضْحَكُونَ. أَبُو عُبَيْدَةَ: مَنْ ضَمَّ فَمَعْنَاهُ يَعْدِلُونَ، فَيَكُونُ الْمَعْنَى: مِنْ أَجْلِ الْمَيْلِ يَعْدِلُونَ. وَلَا يُعَدَّى " يَصِدُّونَ" بِمِنْ، وَمَنْ كَسَرَ فَمَعْنَاهُ يَضِجُّونَ، فَ " مِنْ" مُتَّصِلَةٌ بِ " يَصِدُّونَ" وَالْمَعْنَى يَضِجُّونَ منه.
(١). آية ٩٨ سورة الأنبياء. (٢). آية ١٠١ سورة الأنبياء. (٣). راجع ج ١١ ص ٣٤٣ فما بعدها.

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