Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

comme les émissaires des rois que l’on voit ici-bas ; mais il ignorait que les messagers d’Allāh ne sont, en vérité, soutenus que par des cohortes célestes. Tout être doué de raison sait que la protection qu’Allāh accorda à Mûsâ, alors qu’il était seul et isolé, face à Pharaon et à la multitude de ses partisans, de même que le secours divin manifesté par le bâton et la « main éclatante », était bien plus éloquent que s’il avait porté des bracelets ou qu’il eût été accompagné d’anges – pour l’assister, selon Muqātil, ou comme preuve de sa véracité, selon al-Kalbî. Rien de tout cela n’est requis, car le miracle suffit. Il se pouvait, d’ailleurs, qu’ils le traitassent de menteur même si les anges étaient venus, tout comme ils l’ont nié malgré la survenue des prodiges. Pharaon ne mentionna donc les anges qu’en rapportant les propres paroles de Mûsâ, car nul ne croit aux anges celui qui ne connaît pas leur Créateur.

[Sourate az-Zukhruf (43), verset 54]
« Il rendit son peuple frivole et ils lui obéirent ; ils étaient assurément un peuple pervers. »

La parole du Très-Haut :
« فَاسْتَخَفَّ قَوْمَهُ »
Ibn al-Aʿrâbî dit : le sens est : « il plongea son peuple dans l’ignorance. »

« فَأَطَاعُوهُ » – à cause de la légèreté de leurs esprits et de la faiblesse de leur intelligence.

On dit :
« اِسْتَخَفَّهُ الفَرَحُ » : la joie l’a troublé ; « اِسْتَخَفَّهُ » : il l’a poussé à l’ignorance ; et il en est ainsi dans la Parole du Très-Haut : « Que ceux qui ne sont pas assurés ne te détournent point. » [ar-Rûm : 60].

Et l’on a dit : il les a excités par ses paroles, si bien qu’ils l’ont suivi dans le démenti.

Et l’on a dit : « اِسْتَخَفَّ قَوْمَهُ », c’est-à-dire qu’il les trouva d’esprit léger. Cela n’implique pas qu’ils dussent l’obéir ; il faut donc sous-entendre ceci : il les trouva d’esprit léger, les appela à l’égarement et ils lui obéirent.

Et l’on a dit : il humilia et domina son peuple jusqu’à ce qu’ils le suivissent ; on dit : اِسْتَخَفَّهُ, à l’opposé de اِسْتَثْقَلَهُ ; et اِسْتَخَفَّ بِهِ : il le méprisa.

« إِنَّهُمْ كَانُوا قَوْمًا فَاسِقِينَ » : c’est-à-dire qu’ils étaient sortis de l’obéissance d’Allāh.

[Sourate az-Zukhruf (43), verset 55]
« Puis, lorsqu’ils Nous irritèrent, Nous Nous vengeâmes d’eux et Nous les noyâmes tous ensemble. »

La parole du Très-Haut :
« فَلَمَّا آسَفُونَا اِنْتَقَمْنَا مِنْهُمْ »

Al-Ḍaḥḥâk rapporte d’Ibn ʿAbbâs : c’est-à-dire « ils Nous ont mis en fureur et irrités. »

ʿAlî ibn Abî Ṭalḥah rapporte de lui : c’est-à-dire « ils Nous ont poussés au déplaisir. »

Al-Mâwardî dit : ces deux sens diffèrent ; la différence est que le sakhṭ consiste à manifester l’aversion, tandis que le ghaḍab est la volonté de châtier.

Al-Qushayrî : ici, al-asaf signifie la colère. Or la colère, lorsqu’elle est attribuée à Allāh, est soit la volonté de punir – elle relève alors des Attributs de l’Essence –, soit la punition même – elle relève alors des Attributs de l’Acte ; tel est le sens de la parole d’al-Mâwardî.

كَرُسُلِ الْمُلُوكِ فِي الشَّاهِدِ، وَلَمْ يَعْلَمْ أَنَّ رُسُلَ اللَّهِ إِنَّمَا أُيِّدُوا بِالْجُنُودِ السَّمَاوِيَّةِ، وَكُلُّ عَاقِلٍ يَعْلَمُ أَنَّ حِفْظَ اللَّهِ مُوسَى مَعَ تَفَرُّدِهِ وَوَحْدَتِهِ مِنْ فِرْعَوْنَ مَعَ كَثْرَةِ أَتْبَاعِهِ، وَإِمْدَادَ مُوسَى بِالْعَصَا وَالْيَدِ الْبَيْضَاءِ كَانَ أَبْلَغَ مِنْ أَنْ يَكُونَ لَهُ أَسْوِرَةٌ أَوْ مَلَائِكَةٌ يَكُونُونَ مَعَهُ أَعْوَانًا- فِي قَوْلِ مُقَاتِلٍ- أَوْ دَلِيلًا عَلَى صِدْقِهِ- فِي قَوْلِ الْكَلْبِيِّ- وَلَيْسَ يلزم هذا لان الاعجاز كاف، وَقَدْ كَانَ فِي الْجَائِزِ أَنْ يُكَذَّبَ مَعَ مَجِيءِ الْمَلَائِكَةِ كَمَا كُذِّبَ مَعَ ظُهُورِ الْآيَاتِ. وَذَكَرَ فِرْعَوْنُ الْمَلَائِكَةَ حِكَايَةً عَنْ لَفْظِ مُوسَى، لِأَنَّهُ لَا يُؤْمِنُ بِالْمَلَائِكَةِ مَنْ لَا يَعْرِفُ خالقهم. [[سورة الزخرف (٤٣) : آية ٥٤]] فَاسْتَخَفَّ قَوْمَهُ فَأَطاعُوهُ إِنَّهُمْ كانُوا قَوْماً فاسِقِينَ (٥٤) قَوْلُهُ تَعَالَى: " فَاسْتَخَفَّ قَوْمَهُ" قَالَ ابْنُ الْأَعْرَابِيِّ: الْمَعْنَى فَاسْتَجْهَلَ قَوْمَهُ " فَأَطاعُوهُ" لِخِفَّةِ أَحْلَامِهِمْ وَقِلَّةِ عُقُولِهِمْ، يُقَالُ: اسْتَخَفَّهُ الْفَرَحُ أَيْ أَزْعَجَهُ، وَاسْتَخَفَّهُ أَيْ حَمَلَهُ عَلَى الْجَهْلِ، وَمِنْهُ " وَلا يَسْتَخِفَّنَّكَ الَّذِينَ لا يُوقِنُونَ" «١» [الروم: ٦٠] . وَقِيلَ: اسْتَفَزَّهُمْ بِالْقَوْلِ فَأَطَاعُوهُ عَلَى، التَّكْذِيبِ. وَقِيلَ: اسْتَخَفَّ قَوْمَهُ «٢» أَيْ وَجَدَهُمْ خِفَافَ الْعُقُولِ. وَهَذَا لَا يَدُلُّ عَلَى أَنَّهُ يَجِبُ أَنْ يُطِيعُوهُ، فَلَا بُدَّ مِنْ إِضْمَارٍ بَعِيدٍ تَقْدِيرُهُ وَجَدَهُمْ خِفَافَ الْعُقُولِ فَدَعَاهُمْ إِلَى الْغِوَايَةِ فَأَطَاعُوهُ. وَقِيلَ: اسْتَخَفَّ قَوْمَهُ وَقَهَرَهُمْ حَتَّى اتَّبَعُوهُ، يُقَالُ اسْتَخَفَّهُ خِلَافَ اسْتَثْقَلَهُ، وَاسْتَخَفَّ بِهِ أَهَانَهُ. " إِنَّهُمْ كانُوا قَوْماً فاسِقِينَ" أَيْ خَارِجِينَ عَنْ طَاعَةِ اللَّهِ. [[سورة الزخرف (٤٣) : آية ٥٥]] فَلَمَّا آسَفُونا انْتَقَمْنا مِنْهُمْ فَأَغْرَقْناهُمْ أَجْمَعِينَ (٥٥) قَوْلُهُ تَعَالَى: " فَلَمَّا آسَفُونا انْتَقَمْنا مِنْهُمْ" رَوَى الضَّحَّاكُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: أَيْ غَاظُونَا وَأَغْضَبُونَا. وَرَوَى عَنْهُ عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَلْحَةَ: أَيْ أَسْخَطُونَا. قَالَ الْمَاوَرْدِيُّ: وَمَعْنَاهُمَا مُخْتَلِفٌ، وَالْفَرْقُ بَيْنَهُمَا أَنَّ السَّخَطَ إِظْهَارُ الْكَرَاهَةِ، وَالْغَضَبَ إِرَادَةُ الِانْتِقَامِ. الْقُشَيْرِيُّ: والأسف ها هنا بِمَعْنَى الْغَضَبِ، وَالْغَضَبُ مِنَ اللَّهِ إِمَّا إِرَادَةُ الْعُقُوبَةِ فَيَكُونُ مِنْ صِفَاتِ الذَّاتِ، وَإِمَّا عَيْنُ الْعُقُوبَةِ فَيَكُونُ مِنْ صِفَاتِ الْفِعْلِ، وَهُوَ مَعْنَى قول الماوردي.
(١). آية ٦٠ سورة الروم. (٢). في أز ل ... استخف بقومه ...

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