Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :
« Nous avons certes envoyé Moïse avec Nos signes. »

Lorsque le Prophète — que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui — eut été informé qu’Allâh tirerait vengeance pour lui de son ennemi et qu’Il avait déjà établi l’argument décisif en prenant pour témoins les prophètes et l’accord unanime de tous sur l’unicité, Il confirma cette vérité par le récit de Moïse et de Pharaon : la négation de Pharaon, puis ce qui le frappa, lui et son peuple, de noyade et d’avilissement. Autrement dit : « Nous avons envoyé Moïse avec des miracles », à savoir les neuf signes ; ils le traitèrent de menteur et, finalement, la belle issue lui fut réservée ; il en sera donc de même pour toi.

Le terme « ils riaient » signifie : par raillerie et moquerie ; ils faisaient croire à leurs partisans que ces signes relevaient de la magie et de l’illusion et qu’eux-mêmes pouvaient les produire.

Sa parole : « Nous ne leur montrions aucun signe qui ne fût plus grand que son frère » indique que les prodiges accordés à Moïse sont au nombre des signes majeurs, et que chacun était plus grand que le précédent.

On a dit également : « … sinon qu’il est plus grand que son frère », parce que le premier confère une connaissance et le second confère une connaissance ; le second s’ajoute donc au premier et la clarté s’en trouve accrue. Le terme « frère » évoque ici la ressemblance et l’affinité, comme lorsqu’on dit : « Celle-ci est la compagne de celle-là », c’est-à-dire qu’elles sont proches par le sens.

« Nous les saisîmes par le châtiment », c’est-à-dire pour avoir renié ces signes, selon Sa parole, exalté soit-Il : « Nous avons certes saisi les gens de Pharaon par des années de sécheresse et par une diminution des récoltes » (al-Aʿrâf, 130) — ainsi que par l’inondation, les sauterelles, les poux et les grenouilles. Ces derniers prodiges furent pour eux un châtiment et, pour Moïse, des signes.

« Peut-être reviendront-ils » : de leur mécréance.

« Ils dirent : “Ô magicien !” » Lorsque le châtiment se manifesta, ils dirent : « Ô magicien ! », l’appelant comme ils avaient coutume de le faire auparavant.

Il a été dit : ils appelaient les savants « magiciens » et l’interpellèrent ainsi par vénération.

Ibn ʿAbbâs a dit : « Ô magicien ! », c’est-à-dire « Ô savant !» ; le magicien était, chez eux, un personnage éminent qu’ils honoraient, et la magie n’était pas pour eux une expression péjorative.

Il a encore été dit : « Ô toi qui nous as dominés par ta magie ! » On dit : « sāḥartuhu fa-saḥartuhu », c’est-à-dire : je l’ai dominé par la magie, tout comme les Arabes disent : « ḫāṣamtuhu fa-ḫaṣamtuhu » — je l’ai dominé dans la dispute —, « fāḍaltuhu fa-faḍaltuhu », et autres expressions analogues. Il se peut aussi qu’ils aient réellement voulu dire « magicien » au sens propre, sous forme d’interrogation ; il ne les blâma pas pour cela, espérant qu’ils croient.

Ibn ʿĀmir, Abû Ḥaywah et Yaḥyâ b. Wathâb ont récité : « yâ yâ sâḥiru » — sans alif, la hâ’ étant vocalisée au ḍamma —, parce que la hâ’ a été assimilée à ce qui la précède et contrainte de suivre la ḍamma de la yâ’ qu’exige l’interpellation du singulier.

Al-Farâʾ a cité ce vers :
Ô cœur obstiné, haletant tourmenté,
Reprends-toi, fuis ces belles au regard enchanté.

قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَلَقَدْ أَرْسَلْنا مُوسى بِآياتِنا" لَمَّا أَعْلَمَ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ مُنْتَقِمٌ لَهُ مِنْ عَدُوِّهِ وَأَقَامَ الْحُجَّةَ بِاسْتِشْهَادِ الْأَنْبِيَاءِ وَاتِّفَاقِ الْكُلِّ عَلَى التَّوْحِيدِ أَكَّدَ ذَلِكَ قصة مُوسَى وَفِرْعَوْنَ، وَمَا كَانَ مِنْ فِرْعَوْنَ مِنَ التَّكْذِيبِ، وَمَا نَزَلَ بِهِ وَبِقَوْمِهِ مِنَ الْإِغْرَاقِ والتكذيب، أَيْ أَرْسَلْنَا مُوسَى بِالْمُعْجِزَاتِ وَهِيَ التِّسْعُ الْآيَاتُ فَكُذِّبَ، فَجُعِلَتِ الْعَاقِبَةُ الْجَمِيلَةُ لَهُ، فَكَذَلِكَ أَنْتَ. وَمَعْنَى " يَضْحَكُونَ" اسْتِهْزَاءً وَسُخْرِيَةً، يُوهِمُونَ أَتْبَاعَهُمْ أَنَّ تِلْكَ الْآيَاتِ سِحْرٌ وَتَخْيِيلٌ، وَأَنَّهُمْ قَادِرُونَ عَلَيْهَا. وَقَوْلُهُ: " وَما نُرِيهِمْ مِنْ آيَةٍ إِلَّا هِيَ أَكْبَرُ مِنْ أُخْتِها" أَيْ كَانَتْ آيَاتُ مُوسَى من كبار الْآيَاتِ، وَكَانَتْ كُلُّ وَاحِدَةٍ أَعْظَمَ مِمَّا قَبْلَهَا. وَقِيلَ: " إِلَّا هِيَ أَكْبَرُ مِنْ أُخْتِها" لِأَنَّ الْأُولَى تَقْتَضِي عِلْمًا وَالثَّانِيَةُ تَقْتَضِي عِلْمًا، فَتُضَمُّ الثَّانِيَةُ إِلَى الْأُولَى فَيَزْدَادُ الْوُضُوحُ. وَمَعْنَى الْأُخُوَّةِ الْمُشَاكَلَةُ وَالْمُنَاسَبَةُ، كَمَا يُقَالُ: هَذِهِ صَاحِبَةُ هَذِهِ، أي هما قريبتان في المعنى. " وَأَخَذْناهُمْ بِالْعَذابِ" أَيْ عَلَى تَكْذِيبِهِمْ بِتِلْكَ الْآيَاتِ، وَهُوَ كَقَوْلِهِ تَعَالَى: " وَلَقَدْ أَخَذْنا آلَ فِرْعَوْنَ بِالسِّنِينَ وَنَقْصٍ مِنَ الثَّمَراتِ" «١» [الأعراف: ١٣٠] . وَالطُّوفَانُ وَالْجَرَادُ وَالْقُمَّلُ وَالضَّفَادِعُ. وَكَانَتْ هَذِهِ الْآيَاتُ الْأَخِيرَةُ عَذَابًا لَهُمْ وَآيَاتٍ لِمُوسَى. " لَعَلَّهُمْ يَرْجِعُونَ" مِنْ كُفْرِهِمْ. " وَقالُوا يَا أَيُّهَا السَّاحِرُ" لَمَّا عَايَنُوا الْعَذَابَ قَالُوا يَا أَيُّهَا السَّاحِرُ، نَادَوْهُ بِمَا كَانُوا يُنَادُونَهُ بِهِ مِنْ قَبْلِ ذَلِكَ عَلَى حَسْبِ عَادَتِهِمْ. وَقِيلَ: كَانُوا يُسَمُّونَ الْعُلَمَاءَ سَحَرَةً فَنَادَوْهُ بِذَلِكَ عَلَى سَبِيلِ التَّعْظِيمِ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: " يَا أَيُّهَا السَّاحِرُ" يَا أَيُّهَا الْعَالِمُ، وَكَانَ السَّاحِرُ فِيهِمْ عَظِيمًا يُوَقِّرُونَهُ، وَلَمْ يَكُنِ السِّحْرُ صِفَةَ ذَمٍّ. وَقِيلَ: يَا أَيُّهَا الَّذِي غَلَبَنَا بِسِحْرِهِ، يُقَالُ: سَاحَرْتُهُ فَسَحَرْتُهُ، أَيْ غَلَبْتُهُ بِالسِّحْرِ، كَقَوْلِ الْعَرَبِ: خَاصَمْتُهُ فَخَصَمْتُهُ أَيْ غَلَبْتُهُ بِالْخُصُومَةِ، وَفَاضَلْتُهُ فَفَضَلْتُهُ، وَنَحْوَهَا. وَيَحْتَمِلُ أَنْ يَكُونَ أَرَادُوا بِهِ السَّاحِرَ عَلَى الْحَقِيقَةِ عَلَى مَعْنَى الِاسْتِفْهَامِ، فَلَمْ يَلُمْهُمْ عَلَى ذَلِكَ رَجَاءَ أَنْ يُؤْمِنُوا. وَقَرَأَ ابْنُ عَامِرٍ وَأَبُو حَيْوَةَ ويحيى بن وثاب " وايه السَّاحِرُ" بِغَيْرِ أَلِفٍ وَالْهَاءُ مَضْمُومَةٌ، وَعِلَّتُهَا أَنَّ الْهَاءَ خُلِطَتْ بِمَا قَبْلَهَا وَأُلْزِمَتْ ضَمَّ الْيَاءِ الذي أوجبه النداء المفرد. وأنشد الفراء: يا أيها الْقَلْبُ اللَّجُوجُ النَّفَسِ ... أَفِقْ عَنِ الْبِيضِ الْحِسَانِ اللعس
(١). آية ١٣٠ سورة الأعراف.

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