Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et cette récitation est une glose explicative ; dans cette perspective, la particule « min » est surérogatoire. Tel est l’avis de Mujâhid, as-Suddî, ad-Dahhâk, Qatâdah, ʿAtâʾ, al-Hasan ainsi que d’Ibn ʿAbbâs. Autrement dit : « Interroge les croyants parmi les Gens des deux Écritures, la Torah et l’Évangile. »

On a dit encore : le sens est : « Demande, ô Muḥammad, au sujet des prophètes que Nous avons envoyés avant toi » ; la préposition ʿan a été retranchée, si bien que l’arrêt sur « Nos messagers » est alors complet, puis l’interrogation commence sur le mode de la négation.

D’autres ont expliqué : le sens est : « Questionne les adeptes de ceux de Nos messagers que Nous avons envoyés avant toi » ; le complément a été omis. L’adresse s’adresse au Prophète — que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui — mais c’est sa communauté qui est visée.

« Avons-Nous, en dehors du Tout-Miséricordieux, institué des divinités qu’ils adorent ? » — Il parle ici des idoles comme l’on parlerait d’êtres doués de raison et dit « ils adorent (yuʿbadûn) », et non « qu’on adore » (tuʿbad) ou « qu’elles soient adorées » (yuʿbadna), parce que les divinités, dans leur entendement, tenaient lieu d’êtres conscients ; l’énoncé a donc pris la forme de ce que l’on rapporte au sujet d’êtres raisonnables.

La raison de cet ordre de questionner est que les Juifs et les polythéistes dirent au Prophète — paix et bénédictions sur lui : « Ce que tu as apporté contredit ceux qui t’ont précédé. » Allâh lui ordonna alors de consulter les prophètes, afin d’établir la preuve et la confirmation, non parce qu’il eût éprouvé le moindre doute.

Les exégètes ont divergé quant au fait de savoir si le Prophète — paix et bénédictions sur lui — les interrogea réellement, et ils se sont partagés en deux avis.

  1. Il les interrogea et les messagers répondirent : « Nous avons été envoyés pour proclamer l’unicité (at-tawḥîd) », selon al-Wâqidî.
  2. Il ne les interrogea pas, en raison de sa parfaite certitude à l’égard d’Allâh — Le Puissant, Le Majestueux —,
    au point qu’Ibn Zayd rapporte que Mîkâʾîl dit à Jibrîl :
    « Muḥammad t’a-t-il donc questionné à ce sujet ? »
    Jibrîl répondit : « Sa foi est trop forte et sa certitude trop grande pour qu’il ait besoin de poser cette question. » Ce sens a déjà été évoqué dans les deux traditions rapportées plus haut.

[Sourate az-Zukhruf (43), versets 46 à 52]
46. Nous avons certes envoyé Moïse avec Nos signes auprès de Pharaon et de ses notables, et il dit : « Je suis le Messager du Seigneur des mondes. »
47. Lorsqu’il leur vint avec Nos signes, ils s’en moquèrent aussitôt.
48. Nous ne leur montrions aucun signe qui ne fût plus grand que le précédent, et Nous les saisîmes par le châtiment afin qu’ils reviennent.
49. Ils dirent : « Ô magicien, invoque pour nous ton Seigneur, en vertu de l’engagement qu’Il a pris à ton égard ; certes, nous serons bien guidés. »
50. Mais lorsque Nous eûmes écarté d’eux le châtiment, les voilà qui rompèrent leur promesse.
51. Pharaon s’écria au milieu de son peuple : « Ô mon peuple ! Ne m’appartient-il pas la royauté d’Égypte et ces fleuves qui coulent à mes pieds ? Ne voyez-vous donc pas ? »
52. « Ne suis-je pas meilleur que cet homme insignifiant qui peine même à s’exprimer ? »

وَهَذِهِ قِرَاءَةٌ مُفَسِّرَةٌ، فَ " مِنْ" عَلَى هَذَا زَائِدَةٌ، وَهُوَ قَوْلُ مُجَاهِدٍ وَالسُّدِّيِّ وَالضَّحَّاكِ وَقَتَادَةَ وَعَطَاءٍ وَالْحَسَنِ وَابْنِ عَبَّاسٍ أَيْضًا. أَيْ وَاسْأَلْ مُؤْمِنِي أَهْلِ الْكِتَابَيْنِ التَّوْرَاةِ وَالْإِنْجِيلِ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى سَلْنَا يَا مُحَمَّدُ عَنِ الْأَنْبِيَاءِ الَّذِينَ أَرْسَلْنَا قَبْلَكَ، فَحُذِفَتْ " عَنْ" ، وَالْوَقْفُ عَلَى " رُسُلِنَا" عَلَى هَذَا تَامٌّ، ثُمَّ ابْتَدَأَ بِالِاسْتِفْهَامِ عَلَى طَرِيقِ الْإِنْكَارِ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى وَاسْأَلْ تُبَّاعَ مَنْ أَرْسَلْنَا مِنْ قَبْلِكَ مِنْ رُسُلِنَا، فَحَذَفَ الْمُضَافَ. وَالْخِطَابُ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالْمُرَادُ أُمَّتُهُ. " أَجَعَلْنا مِنْ دُونِ الرَّحْمنِ آلِهَةً يُعْبَدُونَ" أَخْبَرَ عَنِ الْآلِهَةِ كَمَا أَخْبَرَ عَمَّنْ يَعْقِلُ فَقَالَ " يُعْبَدُونَ" وَلَمْ يَقُلْ تُعْبَدُ وَلَا يُعْبَدْنَ، لِأَنَّ الْآلِهَةَ جَرَتْ عِنْدَهُمْ مَجْرَى مَنْ يَعْقِلُ فَأَجْرَى الْخَبَرَ عَنْهُمْ مَجْرَى الْخَبَرِ عَمَّنْ يَعْقِلُ. وَسَبَبُ هَذَا الْأَمْرِ بِالسُّؤَالِ أَنَّ الْيَهُودَ وَالْمُشْرِكِينَ قَالُوا لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ مَا جِئْتَ بِهِ مُخَالِفٌ لِمَنْ كَانَ قَبْلَكَ، فَأَمَرَهُ اللَّهُ بِسُؤَالِهِ الْأَنْبِيَاءَ عَلَى جِهَةِ التَّوْقِيفِ وَالتَّقْرِيرِ، لَا لِأَنَّهُ كَانَ فِي شَكٍّ مِنْهُ. وَاخْتَلَفَ أَهْلُ التَّأْوِيلِ فِي سُؤَالِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَهُمْ عَلَى قَوْلَيْنِ: أَحَدُهُمَا- أَنَّهُ سَأَلَهُمْ فَقَالَتِ الرُّسُلُ بُعِثْنَا بِالتَّوْحِيدِ، قَالَهُ الْوَاقِدِيُّ. الثَّانِي- أَنَّهُ لَمْ يَسْأَلْهُمْ لِيَقِينِهِ بِاللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ، حَتَّى حَكَى ابْنُ زَيْدٍ أَنَّ مِيكَائِيلَ قَالَ لِجِبْرِيلَ: (هَلْ سَأَلَكَ مُحَمَّدٌ عَنْ ذَلِكَ؟ فَقَالَ جِبْرِيلُ: هُوَ أَشَدُّ إِيمَانًا وَأَعْظَمُ يَقِينًا مِنْ أَنْ يَسْأَلَ عَنْ ذَلِكَ (. وَقَدْ تَقَدَّمَ هذا المعنى في الروايتين حسبما ذكرناه. [سورة الزخرف (٤٣): الآيات ٤٦ الى ٥٢] وَلَقَدْ أَرْسَلْنا مُوسى بِآياتِنا إِلى فِرْعَوْنَ وَمَلائِهِ فَقالَ إِنِّي رَسُولُ رَبِّ الْعالَمِينَ (٤٦) فَلَمَّا جاءَهُمْ بِآياتِنا إِذا هُمْ مِنْها يَضْحَكُونَ (٤٧) وَما نُرِيهِمْ مِنْ آيَةٍ إِلاَّ هِيَ أَكْبَرُ مِنْ أُخْتِها وَأَخَذْناهُمْ بِالْعَذابِ لَعَلَّهُمْ يَرْجِعُونَ (٤٨) وَقالُوا يَا أَيُّهَا السَّاحِرُ ادْعُ لَنا رَبَّكَ بِما عَهِدَ عِنْدَكَ إِنَّنا لَمُهْتَدُونَ (٤٩) فَلَمَّا كَشَفْنا عَنْهُمُ الْعَذابَ إِذا هُمْ يَنْكُثُونَ (٥٠) وَنادى فِرْعَوْنُ فِي قَوْمِهِ قالَ يَا قَوْمِ أَلَيْسَ لِي مُلْكُ مِصْرَ وَهذِهِ الْأَنْهارُ تَجْرِي مِنْ تَحْتِي أَفَلا تُبْصِرُونَ (٥١) أَمْ أَنَا خَيْرٌ مِنْ هذَا الَّذِي هُوَ مَهِينٌ وَلا يَكادُ يُبِينُ (٥٢)

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