sur un rajl (رَجْلٍ) — la consonne jīm y est sans voyelle.
« … d’un notable des deux cités » : c’est-à-dire de l’une des deux cités, tout comme dans Sa parole — exalté soit-Il : « Il en sort des perles et du corail » (ar-Raḥmân, 22) (1), c’est-à-dire de l’une d’elles ; ou encore : sur l’un des deux hommes appartenant aux deux cités.
Les deux cités sont : La Mecque et Ṭâʾif.
Quant aux deux hommes, il s’agit d’al-Walîd b. al-Mughîra b. ʿAbd Allâh b. ʿUmar b. Makhzûm, l’oncle d’Abû Jahl, et — pour Ṭâʾif — d’Abû Masʿûd ʿUrwa b. Masʿûd ath-Thaqafî, selon Qatâda.
D’autres ont dit : ʿUmayr b. ʿAbd Yalîl ath-Thaqafî, de Ṭâʾif, et ʿUtba b. Rabîʿa, de La Mecque — c’est l’avis de Mujâhid.
D’après Ibn ʿAbbâs, le notable de Ṭâʾif serait Ḥabîb b. ʿAmr ath-Thaqafî.
As-Suddî, pour sa part, mentionne Kinâna b. ʿAbd b. ʿAmr.
Il est rapporté qu’al-Walîd b. al-Mughîra — que l’on surnommait « la Fleur de Quraysh » — disait : « Si ce que prétend Muḥammad était vrai, la révélation serait descendue sur moi ou sur Abû Masʿûd. »
Allâh — Très-Haut — dit alors : « Sont-ce eux qui répartissent la miséricorde de ton Seigneur ? » c’est-à-dire la prophétie, voudraient-ils l’assigner à qui bon leur semble ?
« C’est Nous qui avons réparti entre eux leur subsistance dans la vie d’ici-bas » : Nous avons appauvri certains et enrichi d’autres ; si l’affaire de ce bas-monde ne leur est pas confiée, comment pourrait-on leur remettre celle de la prophétie ?
Qatâda a dit : « Tu vois un homme faible de constitution, peu habile et balbutiant, et la vie lui est pourtant largement ouverte ; puis tu vois un homme très ingénieux, à la langue éloquente, mais dont la subsistance est restreinte » (2).
Ibn ʿAbbâs, Mujâhid et Ibn Muḥayṣin — selon une version — ont lu : « maʿâyişahum » (« leurs moyens de subsistance »).
Et l’on a dit : Nous avons accordé aux notables des deux cités ce que Nous leur avons accordé non par honneur pour eux — alors que Je suis capable de leur retirer ce bienfait ; quel mérite et quelle valeur ont-ils donc ?
« Et Nous avons élevé les uns au-dessus des autres en degrés » : Nous les avons distingués, si bien qu’il y a supérieur et inférieur, dirigeant et dirigé — a dit Muqâtil.
D’autres ont dit : par la liberté et la servitude, les uns étant maîtres, les autres esclaves. — ou encore : par la richesse et la pauvreté. — ou encore : par la mission d’ordonner le bien et d’interdire le mal.
« … afin que les uns prennent les autres à leur service » : As-Suddî et Ibn Zayd ont dit : en serviteurs et domestiques ; les riches réquisitionnent les pauvres, de sorte que les uns deviennent le moyen de subsistance des autres.
Qatâda et ad-Ḍaḥḥâk ont dit : c’est-à-dire que les uns possèdent les autres.
Il a aussi été dit qu’il s’agit de la moquerie ; c’est-à-dire pour que le riche se raille du pauvre.
Al-Akhfash a déclaré : « L’on dit sakhar-tu bihi comme sakhar-tu minhu ; ḍaḥik-tu minhu comme ḍaḥik-tu bihi ; hazîʾ-tu minhu comme hazîʾ-tu bihi : toutes ces formes sont correctes. Le nom est as-sukhrīyah (avec ḍamma). On dit aussi as-sukhrīyy et as-sikhrīyy (avec ḍamma ou kasra). Tous ont vocalisé le mot “sukhriyyan”, sauf Ibn Muḥayṣin et Mujâhid qui l’ont lu “sikhriyyan”."