Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

On dit : « [Voilà] un “lieu d’ahl” » lorsqu’on y trouve un groupe ; il s’agit alors des ʿaṣabah et des femmes comptées parmi les quʿdad (1). Le terme ʿaṣabah dérive d’ailleurs de ce mot, tout en étant plus restreint que lui.

Dans le ḥadīth de l’Ifk, on interpella ainsi le Prophète : « Ô Messager d’Allah, ta famille ! Nous n’en connaissons que le bien », visant par là ʿĀʾishah. Toutefois, la femme n’entre pas dans cette dénomination d’après le consensus, bien qu’elle constitue le fondement même de la vie conjugale ; en effet, son lien n’est pas certain, puisqu’il peut se modifier et se dissoudre par le divorce.

Mālik a dit : « Les Āl de Muḥammad sont tout homme pieux » ; mais cela ne relève pas de la présente question. Il voulait montrer que la foi est plus spécifique que la simple parenté : elle est englobée par l’appel prophétique et visée par la miséricorde.

Abū Isḥāq at-Tūnisī estime, pour sa part, que le terme ahl englobe quiconque est apparenté par les deux lignées parentales ; il a ainsi respecté l’étymologie, mais a négligé l’usage et la pratique courante. Or ces notions reposent soit sur la signification propre, soit sur l’usage établi quand le mot est employé sans précision ; il s’agit là, en somme, de deux registres linguistiques.

Huitième terme : qarābah (la parenté).

Il existe à son sujet quatre avis :

  1. Mālik, dans le livre de Muḥammad b. ʿAbdūs, soutient qu’il s’agit des proches puis des plus proches selon l’ijtihād ; n’y entrent ni les enfants des filles ni ceux des tantes maternelles.
  2. ʿAlī b. Ziyād y fait entrer tous les parents issus des deux côtés, paternel et maternel.
  3. Ashhab y inclut toute parenté utérine, hommes et femmes confondus.
  4. Ibn Kinānah y intègre les oncles et tantes paternels, les oncles et tantes maternels ainsi que les nièces issues des sœurs.

Ibn ʿAbbās, commentant la parole du Très-Haut : « Dis : “Je ne vous demande pour cela aucun salaire, si ce n’est l’affection due aux proches” » (2) [ash-Shūrā : 23], déclara : « excepté que vous entreteniez le lien de parenté qui existe entre vous et moi ». Il ajouta : « Il n’est pas de clan de Quraysh sans qu’il n’existe entre lui et le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — un lien de parenté ». Voilà la limite du terme, et Allah est plus savant.

Neuvième terme : al-ʿashīrah (le clan).

Sa définition est fixée par le ḥadīth authentique : lorsque Allah — Très-Haut — révéla : « Et avertis tes proches parents » (3) [ash-Shuʿarāʾ : 214], le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — convoqua les sous-tribus de Quraysh et les nomma, comme cela a été relaté plus haut ; elles constituent l’ʿashīrah la plus proche. Les autres, dans l’usage général, demeurent des ʿashīrah. Le terme doit donc, par ijtihād, être rapporté au sens le plus restreint et à la plus grande proximité, ainsi que l’ont enseigné nos savants.

(1) quʿdad : catégorie de femmes incluses dans l’assemblée familiale.
(2) Coran 42 : 23.
(3) Coran 26 : 214.

يُقَالُ: مَكَانُ أَهْلٍ إِذَا كَانَ فِيهِ جَمَاعَةٌ، وَذَلِكَ بِالْعَصَبَةِ وَمَنْ دَخَلَ فِي الْقُعْدَدِ «١» مِنَ النِّسَاءِ، وَالْعَصَبَةُ مُشْتَقَّةٌ مِنْهُ وَهِيَ أَخْصُّ بِهِ. وَفِي حَدِيثِ الْإِفْكِ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، أَهْلُكَ! وَلَا نَعْلَمُ إِلَّا خَيْرًا، يَعْنِي عَائِشَةَ. وَلَكِنْ لَا تَدْخُلُ فِيهِ الزَّوْجَةُ بِإِجْمَاعٍ وَإِنْ كَانَتْ أَصْلَ التَّأَهُّلِ، لِأَنَّ ثُبُوتَهَا لَيْسَ بِيَقِينٍ إِذْ قَدْ يَتَبَدَّلُ رَبْطُهَا وَيَنْحَلُّ بِالطَّلَاقِ. وَقَدْ قَالَ مَالِكٌ: آلُ مُحَمَّدٍ كُلُّ تَقِيٍّ، وَلَيْسَ مِنْ هَذَا الْبَابِ. وَإِنَّمَا أَرَادَ أَنَّ الْإِيمَانَ أَخْصُّ مِنَ الْقَرَابَةِ فَاشْتَمَلَتْ عَلَيْهِ الدَّعْوَةُ وَقُصِدَ بِالرَّحْمَةِ. وَقَدْ قَالَ أَبُو إِسْحَاقَ التُّونِسِيُّ: يَدْخُلُ فِي الْأَهْلِ كُلُّ مَنْ كَانَ مِنْ جِهَةِ الْأَبَوَيْنِ، فَوَفَّى الِاشْتِقَاقَ حَقَّهُ وَغَفَلَ عَنِ الْعُرْفِ وَمُطْلَقِ الِاسْتِعْمَالِ. وَهَذِهِ الْمَعَانِي إِنَّمَا تُبْنَى عَلَى الْحَقِيقَةِ أَوْ عَلَى الْعُرْفِ الْمُسْتَعْمَلِ عِنْدَ الْإِطْلَاقِ، فَهَذَانِ لَفْظَانِ. اللَّفْظُ الثَّامِنُ- قَرَابَةٌ، فِيهِ أَرْبَعَةُ أَقْوَالٍ: الْأَوَّلُ- قَالَ مَالِكٌ فِي كِتَابِ مُحَمَّدِ بْنِ عَبْدُوسٍ: إِنَّهُمُ الْأَقْرَبُ فَالْأَقْرَبُ بِالِاجْتِهَادِ، وَلَا يَدْخُلُ فِيهِ وَلَدُ الْبَنَاتِ وَلَا وَلَدُ الْخَالَاتِ. الثَّانِي- يَدْخُلُ فِيهِ أَقَارِبُهُ مِنْ قِبَلِ أَبِيهِ وَأُمِّهِ، قاله عَلِيُّ بْنُ زِيَادٍ. الثَّالِثُ- قَالَ أَشْهَبُ: يَدْخُلُ فِيهِ كُلُّ رَحِمٍ مِنَ الرِّجَالِ وَالنِّسَاءِ. الرَّابِعُ- قَالَ ابْنُ كِنَانَةَ: يَدْخُلُ فِيهِ الْأَعْمَامُ وَالْعَمَّاتُ وَالْأَخْوَالُ وَالْخَالَاتُ وَبَنَاتُ الْأُخْتِ. وَقَدْ قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ فِي تَفْسِيرِ قَوْلِهِ تَعَالَى " قُلْ لَا أَسْئَلُكُمْ عَلَيْهِ أَجْراً إِلَّا الْمَوَدَّةَ فِي الْقُرْبى " «٢» [الشورى: ٢٣] قَالَ: إِلَّا أَنْ تَصِلُوا قَرَابَةَ مَا بَيْنِي وَبَيْنَكُمْ. وَقَالَ: لَمْ يَكُنْ بَطْنٌ مِنْ قُرَيْشٍ إِلَّا كَانَ بَيْنَهُ وَبَيْنَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَرَابَةٌ، فَهَذَا يَضْبِطُهُ وَاللَّهُ أَعْلَمُ. اللَّفْظُ التَّاسِعُ- الْعَشِيرَةُ، وَيَضْبِطُهُ الْحَدِيثُ الصَّحِيحُ: إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى لَمَّا أَنْزَلَ " وَأَنْذِرْ عَشِيرَتَكَ الْأَقْرَبِينَ" «٣» [الشعراء: ٢١٤] دَعَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بُطُونَ قُرَيْشٍ وَسَمَّاهُمْ- كَمَا تَقَدَّمَ ذِكْرُهُ- وَهُمُ الْعَشِيرَةُ الْأَقْرَبُونَ، وَسِوَاهُمْ عَشِيرَةٌ فِي الْإِطْلَاقِ. وَاللَّفْظُ يُحْمَلُ عَلَى الْأَخَصِّ الْأَقْرَبِ بِالِاجْتِهَادِ، كَمَا تَقَدَّمَ مِنْ قول علمائنا.
(١). في الأصول:" ومن دخل في العقد". وفي ابن العربي:" ومن دخل في العقدة" وقد أثبتناه كما ترى استئناسا بما في شرح الباجي على الوطء، وعبارته:" ... ولا يدخل في ذلك الخالات. ومعنى ذلك عندي العصبة أو من كان في قعددهن من النساء". والقعدد (بضم أوله وسكون ثانيه وضم ثالثه وفتحه): القربى. (٢). آية ٢٣ سورة الشورى. (٣). آية ٢١٤ سورة الشعراء. راجع ج ١٣ ص ١٤٣

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