Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Quiconque constitue une donation viagère (ʿumrā) en faveur d’un bénéficiaire et de sa descendance, celle-ci appartient définitivement à celui qui la reçoit ; elle ne retourne pas au donateur, car il s’agit d’un don qui, par son effet, entre dans le domaine des héritages. »

Cette expression se présente sous onze formulations :

Première formulation – al-walad (l’enfant). Lorsqu’elle est employée sans précision, elle désigne tout être issu d’un homme et de son épouse, qu’il s’agisse de filles ou de garçons. Elle peut toutefois, dans la langue comme dans la Loi révélée, ne viser que la descendance masculine à l’exclusion des filles ; c’est pourquoi l’héritage s’applique à l’enfant spécifié et aux fils du spécifié, à l’exclusion de la descendance par les filles, celle-ci relevant d’un autre clan. Pour la même raison, ils n’entrent pas dans la fondation pieuse (ḥabs) libellée sous ce terme ; tel est l’avis de Mālik, énoncé dans al-Majmūʿah et ailleurs.

Je dis : tel est le madhhab de Mālik et de l’ensemble de ses premiers compagnons. Parmi leurs preuves figure l’unanimité selon laquelle les petits-enfants issus des filles n’ont pas droit à l’héritage, malgré la parole du Très-Haut : « Allah vous enjoint, au sujet de vos enfants… » [An-Nisâ’, 11] ¹.

Un groupe de savants, cependant, estime que les enfants des filles font partie des « enfants » et des « descendants » et qu’ils sont donc compris dans les fondations pieuses, lorsque le constituant dit : « J’ai affecté ceci à mes enfants » ou « à ma postérité ». Tel est le choix d’Abū ʿUmar Ibn ʿAbd al-Barr et d’autres. Ils s’appuient sur la parole d’Allah – Puissant et Majestueux – : « Vous sont interdites vos mères et vos filles… » [An-Nisâ’, 23] ².

Ils disent : puisque le Seigneur a interdit (en mariage) les filles, et que, par consensus, la fille de la fille est comprise dans cet interdit, il est établi qu’elle est bien « fille » ; il s’ensuit qu’elle doit entrer dans la fondation de son grand-père lorsqu’il l’a réservée à ses « enfants » ou à sa « descendance ». Cette question a déjà été traitée en détail sous « Al-Anʿām » ³.

Deuxième formulation – al-banūn (les fils). S’il dit : « Ceci est un ḥabs pour mon fils », la disposition se limite à l’enfant désigné et ne s’étend pas au-delà ni ne se multiplie. Mais s’il dit : « pour mes enfants (waladī) », elle s’étend et englobe quiconque naîtra. Et s’il dit : « pour mes fils (banīya) », mâles et femelles y sont inclus.

Mālik a dit : « Celui qui fait une aumône au profit de ses fils et des fils de ses fils, ses filles et les filles de ses filles y entrent également. » ʿĪsā a rapporté d’Ibn al-Qāsim que, s’il fonde au bénéfice de ses filles, les filles de sa fille y sont comprises avec ses propres filles issues de ses reins. Toutefois, la majorité de ses compagnons maintient que la descendance issue des filles n’entre pas sous la dénomination de « banīn ».

On rétorquera peut-être : le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit, au sujet d’al-Ḥasan, fils de sa fille :

« Cet enfant à moi est un seigneur ; peut-être Allah réconciliera-t-Il, par son intermédiaire, deux grands groupes de musulmans. »

Nous répondons : il s’agit là d’une figure de style ; le Messager n’a voulu, par cette expression, que l’honorer et l’élever. Ne vois-tu pas qu’il est permis d’en nier l’application, puisqu’un homme peut dire de l’enfant de sa fille : « Ce n’est pas mon fils » ? S’il s’agissait d’une réalité littérale, il ne serait pas licite d’en faire la négation.

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¹ An-Nisâ’, 11.
² An-Nisâ’, 23.
³ Voir le commentaire de la sūrah al-Anʿām, pour un exposé détaillé de cette question.

(أَيُّمَا رَجُلٍ أَعْمَرَ عُمْرَى لَهُ وَلِعَقِبِهِ فَإِنَّهَا لِلَّذِي أُعْطِيهَا لَا تَرْجِعُ إِلَى الَّذِي أَعْطَاهَا لِأَنَّهُ أَعْطَى عَطَاءً وَقَعَتْ فِيهِ الْمَوَارِيثُ) . وَهِيَ تَرِدُ عَلَى أَحَدَ عَشَرَ لَفْظًا: اللَّفْظُ الْأَوَّلُ- الْوَلَدُ، وَهُوَ عِنْدَ الْإِطْلَاقِ عِبَارَةٌ عَمَّنْ وُجِدَ مِنَ الرَّجُلِ وَامْرَأَتِهِ فِي الْإِنَاثِ وَالذُّكُورِ. وَعَنْ وَلَدِ الذُّكُورِ دُونَ الْإِنَاثِ لُغَةً وَشَرْعًا، وَلِذَلِكَ وَقَعَ الْمِيرَاثُ عَلَى الْوَلَدِ الْمُعَيَّنِ وَأَوْلَادِ الذُّكُورِ مِنَ الْمُعَيَّنِ دُونَ وَلَدِ الْإِنَاثِ لِأَنَّهُ مِنْ قَوْمٍ آخَرِينَ، وَلِذَلِكَ لَمْ يَدْخُلُوا فِي الْحَبْسِ بِهَذَا اللَّفْظِ، قَالَهُ مَالِكٌ فِي الْمَجْمُوعَةِ وَغَيْرِهَا. قُلْتُ: هَذَا مَذْهَبُ مَالِكٍ وَجَمِيعُ أَصْحَابِهِ الْمُتَقَدِّمِينَ، وَمِنْ حُجَّتِهِمْ عَلَى ذَلِكَ الْإِجْمَاعِ عَلَى أَنَّ وَلَدَ الْبَنَاتِ لَا مِيرَاثَ لَهُمْ مَعَ قَوْلِهِ تعالى " يُوصِيكُمُ اللَّهُ فِي أَوْلادِكُمْ" «١» [النساء: ١١] . وَقَدْ ذَهَبَ جَمَاعَةٌ مِنَ الْعُلَمَاءِ إِلَى أَنَّ وَلَدَ الْبَنَاتِ مِنَ الْأَوْلَادِ وَالْأَعْقَابِ يَدْخُلُونَ فِي الْأَحْبَاسِ، يَقُولُ الْمُحْبِسُ: حَبَسْتُ عَلَى وَلَدِي أَوْ عَلَى عَقِبِي. وَهَذَا اخْتِيَارُ أَبِي عُمَرَ بْنِ عبد البر وغيره، واحتجوا بقول الله عز وجل: " حُرِّمَتْ عَلَيْكُمْ أُمَّهاتُكُمْ وَبَناتُكُمْ" «٢» [النساء: ٢٣] . قَالُوا: فَلَمَّا حَرَّمَ اللَّهُ الْبَنَاتِ فَحُرِّمَتْ بِذَلِكَ بِنْتُ الْبِنْتِ بِإِجْمَاعٍ عُلِمَ أَنَّهَا بِنْتٌ وَوَجَبَ أَنْ تَدْخُلَ فِي حَبْسِ أَبِيهَا إِذَا حَبَسَ عَلَى وَلَدِهِ أَوْ عَقِبِهِ. وَقَدْ مَضَى هَذَا الْمَعْنَى فِي " الْأَنْعَامِ" «٣» مُسْتَوْفًى. اللَّفْظُ الثَّانِي- الْبَنُونَ، فَإِنْ قَالَ: هَذَا حَبْسٌ عَلَى ابْنِي، فَلَا يَتَعَدَّى الْوَلَدَ الْمُعَيَّنَ وَلَا يَتَعَدَّدُ. وَلَوْ قَالَ وَلَدِي، لَتَعَدَّى وَتَعَدَّدَ فِي كُلِّ مَنْ وُلِدَ. وَإِنْ قَالَ عَلَى بَنِيَّ، دَخَلَ فِيهِ الذُّكُورُ وَالْإِنَاثُ. قَالَ مَالِكٌ: مَنْ تَصَدَّقَ عَلَى بَنِيهِ وَبَنِي بَنِيهِ فَإِنَّ بَنَاتَهُ وَبَنَاتَ بَنَاتِهِ يَدْخُلْنَ فِي ذَلِكَ. رَوَى عِيسَى عَنِ ابْنِ الْقَاسِمِ فِيمَنْ حَبَسَ عَلَى بَنَاتِهِ فَإِنَّ بَنَاتَ بِنْتِهِ يَدْخُلْنَ فِي ذَلِكَ مَعَ بَنَاتِ صُلْبِهِ. وَالَّذِي عَلَيْهِ جَمَاعَةُ أَصْحَابِهِ أَنَّ وَلَدَ الْبَنَاتِ لَا يَدْخُلُونَ فِي الْبَنِينَ. فَإِنْ قِيلَ فَقَدْ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي الْحَسَنِ ابْنِ ابْنَتِهِ: (إِنَّ ابْنِي هَذَا سَيِّدٌ وَلَعَلَّ اللَّهَ أَنْ يُصْلِحُ بِهِ بَيْنَ فِئَتَيْنِ عَظِيمَتَيْنِ مِنَ الْمُسْلِمِينَ) . قُلْنَا: هَذَا مَجَازٌ، وَإِنَّمَا أَشَارَ بِهِ إِلَى تَشْرِيفِهِ وَتَقْدِيمِهِ، أَلَا تَرَى أَنَّهُ يَجُوزُ نَفْيُهُ عَنْهُ فَيَقُولُ الرَّجُلُ فِي وَلَدِ بِنْتِهِ لَيْسَ بِابْنِي، وَلَوْ كَانَ حَقِيقَةً مَا جاز نفيه عنه،
(١). آية ١١ سورة النساء. (٢). آية ٢٣ سورة النساء. (٣). راجع ج ٧ ص ٣١

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