Il y a, dans ce passage, trois points à traiter :
Premièrement –
La parole du Très-Haut : « وَجَعَلَها كَلِمَةً باقِيَةً » – « Et Il en fit une parole durable ».
Le pronom du verbe « جَعَلَها » renvoie à l’énoncé : « إِلَّا الَّذِي فَطَرَنِي » – « sauf Celui qui m’a créé » ; le sujet implicite du verbe, quant à lui, désigne Allah – exalté soit-Il. Autrement dit, Allah a fait que cette parole, cette déclaration, demeure au sein de sa descendance, c’est-à-dire ses fils et les fils de ses fils : ils se sont transmis l’absolue désaveu de toute adoration en dehors d’Allah et se sont mutuellement recommandé de s’y tenir. Le mot « ʿaqib » désigne ceux qui viennent après lui.
As-Suddī a dit : « Il s’agit de la Famille de Muḥammad – qu’Allah le bénisse et le salue. »
Ibn ʿAbbās a dit : L’expression « فِي عَقِبِهِ » signifie « dans sa descendance ». Il y a, dans la phrase, un procédé d’antéposition et de report : le sens est : « Car c’est assurément Lui qui me guidera, afin qu’ils reviennent, et Il en fit une parole durable dans sa descendance » ; autrement dit, il leur adressa ces propos pour qu’ils se repentent de l’adoration de tout autre qu’Allah.
Mujāhid et Qatādah ont dit : La parole, c’est : « Lā ilāha illā Allāh ».
Qatādah a ajouté : « Il se trouvera toujours, dans sa descendance, quelqu’un qui adore Allah jusqu’au Jour de la Résurrection. »
Aḍ-Ḍaḥḥāk a dit : La parole, c’est : « Que vous n’adoriez qu’Allah. »
ʿIkrimah a dit : Il s’agit de l’Islam, conformément à la parole du Très-Haut : « C’est Lui qui vous a nommés “musulmans” auparavant… » (al-Ḥajj, 78).
Al-Quraẓī a dit : C’est la recommandation d’Ibrāhīm à ses fils – sa parole : « Ô mes fils ! Certes, Allah vous a choisi la religion… » (al-Baqarah, 132) – qu’Il a rendue parole durable dans sa lignée et parmi ses enfants.
Ibn Zayd a dit : La parole est son affirmation : « Je me suis soumis au Seigneur des mondes » (al-Baqarah, 131) ; puis il récita : « C’est Lui qui vous a nommés “musulmans” auparavant… »
D’aucuns ont dit : La parole, c’est la prophétie.
Ibn al-ʿArabī a déclaré : « La prophétie est demeurée sans interruption dans la descendance d’Ibrāhīm ; quant au tawḥīd, ils en sont la source et les autres peuples ne le tiennent que par eux. »
Deuxièmement –
Ibn al-ʿArabī dit : « Si cette faveur est restée attachée à Ibrāhīm dans sa lignée, relayée d’époque en époque, c’est grâce à ses deux invocations exaucées. La première : Sa parole où Allah dit : “Je vais faire de toi un guide pour les gens.” Il répondit : “Et parmi ma descendance ?” Il fut dit : “Mon pacte ne concerne pas les injustes.” (al-Baqarah, 124). Autrement dit : ‘Oui, sauf celui d’entre eux qui commet l’injustice ; pour celui-là, point d’alliance.’ La seconde : Sa prière : “Préserve-moi ainsi que mes fils que nous n’adorions les idoles.” (Ibrāhīm, 35). »
On a dit : la première des deux invocations est plutôt sa supplication : « Accorde-moi une renommée véridique parmi les générations futures. » (ash-Shuʿarāʾ, 84). Aussi, toute communauté le vénère, que ce soit sa propre descendance ou d’autres qui se rattachent à lui par Sām ou par Noé.
Troisièmement –
Ibn al-ʿArabī a dit : « La mention, ici, de la “descendance” (ʿaqib) revêt un sens étendu qui relève du domaine juridique ; c’est sur cette base que se fondent les contrats dʿumrā et les actes de fondation pieuse (taḥbīs). »
Le Prophète – qu’Allah le couvre d’éloges et le salue – a dit :