[Sourate az-Zukhruf (43), verset 25]
« Alors Nous Nous sommes vengés d’eux ; observe donc quelle fut la fin des négateurs. » (25)
Le Très-Haut dit :
« Nous Nous sommes vengés d’eux » – en les frappant de la sécheresse, du massacre et de la captivité ;
et : « observe donc quelle fut la fin des négateurs » – c’est-à-dire l’issue finale de quiconque a taxé les Messagers de mensonge.
La lecture adoptée par la majorité (al-ʿāmmah) est : « qāla a-wa-law jiʾtukum ».
Ibn ʿĀmir et Ḥafṣ lisent : « qāla a-wa-law », considérant qu’il s’agit du récit du Prédicateur (an-nadhīr) rapportant qu’il leur a tenu ces propos.
Abū Jaʿfar lit : « qul a-wa-law jiʾnākum », avec un nūn et un alif, l’interpellation émanant du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — au nom de l’ensemble des Messagers.
[Sourate az-Zukhruf (43), versets 26-27]
« Et rappelle-leur lorsque Abraham dit à son père et à son peuple : “Certes, je me désolidarise de ce que vous adorez,
sauf Celui qui m’a créé ; c’est assurément Lui qui me guidera.” » (26-27)
Le Très-Haut dit :
« Et rappelle-leur lorsque… » c’est-à-dire : évoque à leur souvenir le moment où il déclara ;
« Abraham dit à son père et à son peuple : “Je suis barā’ de ce que vous adorez.” »
Le terme barā’ est employé pour le singulier et, au-delà, ne se met ni au duel, ni au pluriel, ni au féminin, car il s’agit d’un nom verbal (maṣdar) utilisé comme adjectif. Aussi ne dit-on pas : al-barā’ān ni al-barā’ūn, car le sens est « celui qui se désavoue » ou « ceux qui se désavouent ».
Al-Jawharī a dit : « Je me désavoue de telle chose ; j’en suis barā’, dégagé. Ce terme ne se dualise ni ne se pluralise, parce qu’il est originellement un maṣdar, de même que dans : samiʿa samāʿan. Si, toutefois, tu dis : barī’ ou khalī, alors le mot s’emploie au duel, au pluriel et au féminin ; on dira au pluriel : naḥnu minhu burā’- comme faqīh / fuqahā’ – ou barā’, comme karīm / kirām ; abrā’, comme sharīf / ashrāf ; abriyā’, comme naṣīb / anṣibā’ ; ou barī’ūn. Pour le féminin : imraʾatun barīʾah, humā barīʾatān, hunna barīʾāt, barāyā ; pour le masculin : rajulun barīʾ, burā’, analogue à ʿajīb / ʿujāb. Al-Barā’ (avec la voyelle fatḥa) désigne également la première nuit du mois, ainsi nommée parce que la lune « se désolidarise » du soleil.
« Sauf Celui qui m’a créé » : il s’agit d’une exception rattachée, car ils adoraient Allah parallèlement à leurs idoles. Qatādah a dit : « Ils disaient : “Allah est notre Seigneur”, tout en vénérant les idoles. » Il est également permis d’y voir une exception disjointe : « mais Celui qui m’a créé — c’est Lui qui me guide ». Abraham prononça ces paroles par confiance en Allah et pour alerter son peuple sur le fait que la guidée vient de leur Seigneur.
[Sourate az-Zukhruf (43), verset 28]
« Et Il en fit une parole durable dans sa descendance, afin qu’ils reviennent. » (28)