Ils n’ont donc aucune excuse, ni pour avoir attribué une descendance à Allah – glorifié soit-Il –, ni pour avoir décrété que les anges seraient des femelles, les filles d’Allah. Le fait même de les qualifier de « serviteurs » constitue un éloge : comment ont-ils pu adorer des êtres qui se trouvent, eux, au comble de la servitude ? Et comment ont-ils pu affirmer, sans la moindre preuve, qu’ils sont des femelles ?
Ici, le verbe « jaʿala » revêt la signification de « déclarer » ou « prononcer un jugement ». On dit par exemple : « J’ai fait (jaʿaltu) de Zayd l’homme le plus savant », c’est-à-dire : je l’ai déclaré tel.
« Ont-ils assisté à leur création ? » Autrement dit : étaient-ils présents lors de la création des anges pour décider qu’ils sont des femelles ?
On rapporte que le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – leur demanda : « Qu’est-ce qui vous fait savoir qu’ils sont des femelles ? » Ils répondirent : « Nous tenons cela de nos ancêtres et nous attestons qu’ils ne nous ont pas menti en affirmant qu’ils sont des femelles. » Allah, Très-Haut, dit alors : « Leur témoignage sera consigné et ils seront interrogés », c’est-à-dire qu’ils seront questionnés à son sujet dans l’Au-delà.
Nāfiʿ a récité : « أَوُشْهِدُوا » (awush-hidū) – une hamza interrogative précédant une hamza dammée, allégée – sans allongement, sauf dans la transmission d’al-Musayyibī où l’on allonge. Al-Mufaḍḍal, d’après ʿĀṣim, rapporte la même lecture, les deux hamzas étant pleinement articulées. Les autres lecteurs récitent : « أَشَهِدُوا » (ashahidu) avec une seule hamza interrogative. D’après az-Zuhrī, on lit : « أُشْهِدُوا خَلْقَهُمْ » (ush-hidū khalqahum) sous forme affirmative.
La lecture la plus répandue est : « سَتُكْتَبُ شَهَادَتُهُمْ » (satuktabu shahādatuhum) – verbe passif, tāʾ dammée, et « shahādatuhum » au nominatif. As-Sulamī, Ibn as-Samayqaʿ et Hubayrah, d’après Ḥafṣ, lisent : « سَنَكْتُبُ شَهَادَتَهُمْ » (sanaktubu shahādatuhum) avec un nûn (nous) et « shahādatuhum » à l’accusatif, le sujet étant exprimé. Selon Abū Rajāʾ, on récite : « سَتُكْتَبُ شَهَادَاتُهُمْ » (satuktabu shahādātuhum), « shahādāt » étant alors au pluriel.
« Et ils dirent : “Si le Tout-Miséricordieux l’avait voulu, nous ne les aurions pas adorés. Ils n’en ont aucune science ; ils ne font que conjecturer.” » (Sourate az-Zukhruf, 43 : 20)
La Parole du Très-Haut : « Et ils dirent : ‘Si le Tout-Miséricordieux l’avait voulu…’ » signifie que les polythéistes, par dérision et moquerie, déclarèrent : « Si, comme vous le prétendez, le Tout-Miséricordieux l’avait voulu, nous n’aurions pas adoré ces anges. » C’est là une parole de vérité, mais dont ils visent un sens erroné. Toute chose, en effet, s’accomplit selon la volonté d’Allah ; Sa volonté, comme Sa science, est nécessaire, de sorte qu’on ne peut l’invoquer à titre de justification. Ce qui contredit ce qu’Il sait ou veut reste possible, même si cela ne se produit pas. S’ils avaient adoré Allah à la place des idoles, nous saurions alors qu’Allah avait voulu d’eux ce qu’ils auraient accompli. Cette idée a déjà été évoquée dans la sourate al-Anʿām à propos de Sa parole : « Ceux qui ont associé diront : ‘Si Allah avait voulu, nous ne Lui aurions pas donné d’associés…’ » (6 : 148), ainsi que dans la sourate Yā Sīn : « Allons-nous nourrir celui qu’Allah, s’Il l’avait voulu, aurait nourri ? » (36 : 47).
Quant à Sa parole : « Ils n’en ont aucune science », elle renvoie à