Je dis : — Il est rapporté d’Abū Hurayra qu’il disait à sa fille : « Ô ma petite, garde-toi de te parer d’or, car je crains pour toi la fournaise. »
Parole du Très-Haut : « et, lorsqu’il s’agit de contester, il n’est pas capable de s’exprimer clairement. »
C’est-à-dire : dans la polémique et la présentation d’un argument probant.
Qatādah a dit : « Aucune femme ne parle en avançant une preuve sans la retourner contre elle-même. »
Dans le muṣḥaf d’ Ibn Masʿūd on lit également : « et, lorsqu’il s’agit de contester, il n’est pas capable de s’exprimer clairement. »
Sens du verset : peut-on attribuer à Allah quelqu’un doté d’un tel caractère ? – Il est évident que cela est impossible.
On a aussi dit : « celui qu’on élève au milieu des parures » désigne leurs idoles qu’ils ont façonnées d’or et d’argent et qu’ils ont embellies ; l’ont affirmé Ibn Zayd et ad-Ḍaḥḥāk. Dans cette optique, l’expression « et, lorsqu’il s’agit de contester, il n’est pas capable de s’exprimer clairement » signifie : il demeure muet, incapable de répondre.
Le pronom « man » est alors à la place de l’accusatif : ils ont adopté pour Allah un être élevé au milieu des parures. Il est toutefois permis de l’entendre au nominatif comme début d’énoncé, le prédicat étant sous-entendu, a déclaré al-Farrāʾ ; on l’estimera ainsi : « Ou bien celui qui se trouve dans cet état mérite-t-il l’adoration ? » Si tu le souhaites, tu peux également l’analyser au génitif, en reprise du début de la phrase — « par ce qu’Il propose » — ou du « parmi ce que » dans « parmi ce qu’Il crée des filles ». La considération d’un badal (substitut) dans ces deux cas demeure toutefois faible, l’alif interrogatif faisant écran entre le substitué et son substitut.
« Et ils ont fait des anges, qui sont les serviteurs du Tout-Miséricordieux, des femelles. »
Les lecteurs koufiens récitent « ʿibādu » au pluriel. Abū ʿUbayd a préféré cette lecture, parce que sa chaîne de transmission est plus élevée et parce qu’Allah — exalté soit-Il — ne fait que démentir leur prétention selon laquelle les anges seraient « les filles d’Allah » ; Il leur fait savoir qu’ils sont Ses serviteurs et nullement Ses filles.
Il est rapporté d’Ibn ʿAbbās qu’il récita « ʿibādu r-Raḥmān ». Saʿīd ibn Jubayr dit alors : « Dans mon muṣḥaf il est écrit “ʿabdu r-Raḥmān”. » — « Efface-le, répondit Ibn ʿAbbās, et écris-le : “ʿibādu r-Raḥmān”. »
La vérification de cette récitation se trouve dans la Parole du Très-Haut : « Mais ce sont plutôt des serviteurs honorés » (Coran 21 : 26) ; dans Sa parole : « Ceux qui ont mécru pensent-ils pouvoir prendre, en dehors de Moi, Mes serviteurs pour alliés ? » (18 : 102) ; et encore : « Ceux que vous invoquez en dehors d’Allah ne sont que des serviteurs comme vous » (7 : 194).
Les autres lecteurs récitent « ʿinda r-Raḥmān » avec un nūn atone ; Abū Ḥātim a opté pour cette lecture. Elle est confirmée par la Parole du Très-Haut : « Ceux qui sont auprès de ton Seigneur » ainsi que par : « À Lui appartiennent ceux qui sont dans les cieux et sur la terre, et ceux qui se trouvent auprès de Lui » (21 : 19).
Le but est d’exposer leur mensonge et de mettre en évidence leur ignorance.