C’est un remplacement (badal) du pronom. Quant à « muswaddan », c’est le prédicat de « ẓalla ». Il est également permis de considérer que « wajhuhu » est élevé au nominatif par son statut de mubtadaʾ, tandis que « muswaddan » en serait le prédicat ; dans ce cas, « ẓalla » porterait son sujet implicite et la proposition entière en constituerait le prédicat.
« wa huwa kaẓīm » : c’est-à-dire affligé, a dit Qatādah ; on a dit aussi : accablé de détresse, selon ʿIkrimah ; et encore : silencieux, selon Ibn Abī Ḥātim — cela en raison du caractère fallacieux de son analogie et de la nullité de son argument.
Quiconque admet que les anges soient les filles d’Allah fait des anges les semblables d’Allah, car l’enfant appartient à l’espèce de son géniteur et lui ressemble.
Or celui dont le visage s’assombrit lorsqu’on lui attribue ce qu’il réprouve est, à plus forte raison, fondé à voir son visage s’assombrir si l’on attribue une telle chose à quelqu’un de plus noble que lui ; que dire alors d’Allah, Majestueux et Sublime !
Ce qui suffit pour l’explication de ce verset a déjà été exposé dans la sourate an-Naḥl.
Sourate az-Zukhruf (43), versets 18-19 :
« Ou bien celle qu’on élève au milieu des parures et qui, dans la dispute, est incapable de s’exprimer clairement ? (18)
Et ils ont fait des anges, qui sont les serviteurs du Tout-Miséricordieux, des femelles. Ont-ils assisté à leur création ? Leur témoignage sera consigné, puis ils seront interrogés. (19) »
Parole du Très-Haut : « Ou bien celle qu’on élève au milieu des parures » comporte deux questions.
Premièrement : Sa parole — exalté soit-Il — « ou bien celle qu’on élève » signifie : qu’on nourrit et qu’on fait grandir. Le terme nushūʾ désigne l’éducation ; on dit : « J’ai grandi (nashaʾtu) parmi les Banū Untel… ». « Nushiʾa » et « unshiʾa » ont le même sens.
Ibn ʿAbbās, ad-Ḍaḥḥāk, Ibn Waththāb, Ḥafṣ, Ḥamzah, al-Kisāʾī et Khalaf lisent « yunashshaʾu » avec la yāʾ dammée, la nūn fatha et shīn redoublée, c’est-à-dire : qu’on élève et qu’on fait grandir parmi les parures. Abū ʿUbayd a préféré cette lecture, car la chaîne y est plus élevée. Les autres lisent « yunashshaʾu » avec yāʾ ouverte et nūn sakina ; Abū Ḥātim la préfère : elle signifie : qu’on affermit et qu’on fait croître. Le terme vient de nashaʾa, « s’élever », selon al-Harawī. Ainsi « yunashshiʾu » est transitif, alors que « yanshaʾu » est intransitif.
Deuxièmement : Sa parole — exalté soit-Il — « au milieu des parures » signifie : dans l’ornement. Ibn ʿAbbās et d’autres ont dit : il s’agit des jeunes filles, dont l’apparence diffère de celle des hommes. Mujāhid a dit : il a été permis aux femmes de porter l’or et la soie, puis il a récité ce verset. Al-Ilkiyā a déclaré : il y a là une preuve de la licéité des bijoux pour les femmes, et le consensus est établi sur ce point ; les traditions à ce sujet sont innombrables.