Sourate Az-Zukhruf (43), verset 16
« Prend-Il donc, parmi ce qu’Il crée, des filles, et vous a-t-Il, vous, distingués par les fils ? »
Parole du Très-Haut : « Prend-Il donc, parmi ce qu’Il crée, des filles »
La lettre mîm de « am » est ici une particule de liaison. Le sens sous-entendu est : « Aurait-Il pris, parmi ce qu’Il crée, des filles, comme vous le prétendez en disant que les anges sont les filles d’Allah ? » L’énoncé revêt la forme interrogative, mais il vise le blâme et la réprobation.
« et vous a élus pour les fils » : c’est-à-dire qu’Il vous aurait réservés et privilégiés, vous, par les garçons. On dit : « aṣfaytuhu bi-kadha » lorsque l’on accorde à quelqu’un une faveur particulière ; « aṣfaytuhu al-wudd » signifie : je lui ai voué une affection exclusive. De même, « ṣāfaytuhu » et « taṣāfaynā » signifient : nous nous sommes acquittés l’un envers l’autre de toute rancœur.
Le verset exprime l’étonnement face à leur audace : ils attribuent à Allah le choix des filles, tandis qu’ils réservent pour eux-mêmes les fils, alors qu’Il est sanctifié, exalté au-delà d’avoir un enfant. Quand bien même un ignorant supposerait qu’Il se serait attribué une progéniture, pourquoi ne Lui aurait-il pas assigné le sexe le plus noble ? Et pourquoi ces gens garderaient-ils pour eux-mêmes ce qu’il y a de plus honorable, et pour Lui ce qu’ils jugent inférieur ?
C’est exactement ce qu’indique Sa parole :
« Vous seraient-ils les garçons
et à Lui les filles ? Voilà certes un partage inique. »
(An-Najm 21-22)
Sourate Az-Zukhruf (43), verset 17
« Et lorsque l’un d’eux reçoit l’annonce de ce qu’il propose comme comparaison pour le Tout-Miséricordieux, son visage reste assombri et il étouffe de chagrin. »
Parole du Très-Haut : « Et lorsque l’un d’eux reçoit l’annonce de ce qu’il propose comme exemple pour le Tout-Miséricordieux »
c’est-à-dire quand on lui annonce la naissance d’une fille.
« son visage reste assombri » : autrement dit, son visage devient noirci.
On a dit : cela est dû à la nullité de la comparaison qu’il a avancée.
D’autres ont dit : c’est à cause même de la nouvelle de la naissance d’une fille ; la preuve s’en trouve dans la sourate An-Naḥl : « Et lorsque l’un d’eux est informé de la naissance d’une fille… » (16 : 58).
Il était d’usage, chez eux, que si l’on disait à l’un d’eux qu’une fille venait de lui naître, il s’attristait, son visage s’assombrissait de colère et de regret, et il se trouvait rempli d’angoisse.
Ainsi, on rapporte à propos de certains Arabes que, lorsque la femme de l’un d’eux mettait au monde une fille, il désertait la maison où elle se trouvait, si bien qu’elle composa ces vers :
Qu’a donc Abû Ḥamza pour ne plus nous venir ?
Il reste dans la demeure voisine, sans plus en sortir.
Courroucé que nous ne lui donnions pas de garçons, dit-on ;
Pourtant nous ne prenons que ce que le Donateur nous donne, tout bon.
On lit également « muswaddan » et « musawwād-un ». Selon la récitation majoritaire, « wajhuhu » (son visage) est le sujet du verbe « ẓalla », et « muswaddan » en est l’attribut. Il est toutefois permis de considérer que « ẓalla » contient un pronom renvoyant à « aḥad-un », qui en serait alors le sujet, tandis que « wajhuhu »