Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Deuxièmement —
Saʿîd ibn Jubayr a dit : « Les bêtes de troupeau (al-anʿâm) visées ici sont les chameaux et les bovins. »
Abû Muʿâdh a dit : « Il ne s’agit que des chameaux. » C’est l’avis correct, compte tenu de la parole du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue :
« Tandis qu’un homme chevauchait une vache, celle-ci lui dit : “Je n’ai pas été créée pour cela ; j’ai été créée pour le labour.” »
Le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — déclara alors : « J’y crois, moi, Abû Bakr et ʿUmar », alors qu’ils n’étaient pas présents parmi les gens¹. Cette question a déjà été traitée en détail au début de la sourate « An-Naḥl »² — louange à Allah.

Troisièmement —
La parole du Très-Haut : « afin que vous vous teniez droits sur leurs dos » ne concerne que les chameaux, comme nous venons de l’indiquer ; car l’on prend place dans le ventre du navire, non sur son dos. Toutefois, Allah a mentionné les deux montures au début du verset, puis Il a rattaché la fin à l’une d’elles. Il se peut aussi qu’Il ait fait de leur extérieur leur intérieur : l’eau l’ayant recouvert et dissimulé, leur intérieur est devenu visible, se montrant aux observateurs et apparaissant aux voyants.

Quatrièmement —
La parole du Très-Haut : « puis que vous rappeliez le bienfait de votre Seigneur lorsque vous vous y êtes installés » signifie : lorsque vous y montez. Le rappel du bienfait consiste à louer Allah pour avoir soumis ces montures à notre service, sur terre comme sur mer.
« et que vous disiez : “Gloire à Celui qui nous a soumis ceci” », c’est-à-dire : Il a rendu ce moyen de transport docile pour nous. Dans la récitation de ʿAlî ibn Abî Ṭâlib : « Subḥâna man sakhkhara lanâ hâdhâ ».
« et nous n’aurions pu, nous, le maîtriser » — c’est-à-dire : nous n’en aurions pas eu la capacité, selon Ibn ʿAbbâs et al-Kalbî.
Al-Akhfash et Abû ʿUbayda disent que muqrinîn signifie « ceux qui le retiennent fermement ».
D’autres ont dit : « semblables en force et en pouvoir », d’où leur expression : « Il est le qirn d’untel » lorsqu’il est son égal en force.
On dit encore : « Untel est muqrin pour untel », c’est-à-dire qu’il le maîtrise ; « j’ai aqrantu telle chose » : je l’ai supportée ; « il lui a aqrana » : il l’a supportée et l’a dominée, comme s’il était devenu son qirn (son pair).
Allah — exalté soit-Il — dit : « et nous n’aurions pu, nous, le maîtriser », c’est-à-dire : nous n’en aurions pas eu la capacité.
Quṭrub cita ces vers dʿAmr ibn Maʿdi Karib :
« Les tribus savent bien ce qu’est ʿUqayl…
Dans les malheurs, ils sont muqrinînâ pour nous. »
Et un autre poète dit :
« Vous avez enfourché ma monture avec insolence et injustice,
mais vous n’êtes pas muqrinînâ pour les choses difficiles. »
Al-muqrin désigne également celui que submerge sa charge : il possède des chameaux ou des moutons sans personne pour l’aider, ou il fait boire ses chameaux sans gardien pour les contenir.
Ibn as-Sikkît a dit : quant à son étymologie, deux avis existent. Le premier veut qu’il provienne d’al-iqrân ; on dit : « aqrana – yaqrin – iqrânan » lorsqu’on en a la capacité ; « aqranta kadhâ » lorsque tu l’as supportée et maîtrisée, comme s’il l’avait

الثَّانِيَةُ- قَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: الْأَنْعَامُ هُنَا الْإِبِلُ وَالْبَقَرُ. وَقَالَ أَبُو مُعَاذٍ: الْإِبِلُ وَحْدَهَا، وَهُوَ الصَّحِيحُ لِقَوْلِهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (بَيْنَمَا رَجُلٌ رَاكِبُ بَقَرَةً إِذْ قَالَتْ لَهُ لَمْ أُخْلَقْ لِهَذَا إِنَّمَا خُلِقْتُ لِلْحَرْثِ) فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ:] آمَنْتُ بِذَلِكَ أَنَا وَأَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ [. وَمَا هُمَا «١» فِي الْقَوْمِ. وَقَدْ مَضَى هَذَا فِي أَوَّلِ سُورَةِ " النَّحْلِ" «٢» مُسْتَوْفًى وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. الثَّالِثَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " لِتَسْتَوُوا عَلى ظُهُورِهِ" يَعْنِي بِهِ الْإِبِلَ خَاصَّةً بِدَلِيلِ مَا ذَكَرْنَا. وَلِأَنَّ الْفُلْكَ إِنَّمَا تُرْكَبُ بُطُونُهَا، وَلَكِنَّهُ ذَكَرَهُمَا جَمِيعًا فِي أَوَّلِ الْآيَةِ وَعَطَفَ آخِرَهَا على أحدهما. ويحتمل أن يجعل ظاهرهما باطنهما، لان الماء غمره وستره وباطنهما ظَاهِرًا، لِأَنَّهُ انْكَشَفَ لِلظَّاهِرِينَ وَظَهَرَ لِلْمُبْصِرِينَ. الرَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " ثُمَّ تَذْكُرُوا نِعْمَةَ رَبِّكُمْ إِذَا اسْتَوَيْتُمْ عَلَيْهِ" أَيْ رَكِبْتُمْ عَلَيْهِ وَذِكْرُ النِّعْمَةِ هُوَ الْحَمْدُ لِلَّهِ عَلَى تَسْخِيرِ ذَلِكَ لَنَا فِي الْبَرِّ وَالْبَحْرِ. " وَتَقُولُوا سُبْحانَ الَّذِي سَخَّرَ لَنا هَذَا" أَيْ ذَلَّلَ لَنَا هَذَا الْمَرْكَبَ. وَفِي قِرَاءَةِ عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ " سُبْحَانَ مَنْ سَخَّرَ لَنَا هَذَا" . " وَما كُنَّا لَهُ مُقْرِنِينَ" أَيْ مُطِيقِينَ، فِي قَوْلِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَالْكَلْبِيِّ. وَقَالَ الْأَخْفَشُ وَأَبُو عُبَيْدَةَ: " مُقْرِنِينَ" ضَابِطِينَ. وَقِيلَ: مُمَاثِلِينَ فِي الْأَيْدِ وَالْقُوَّةِ، مِنْ قَوْلِهِمْ: هُوَ قِرْنُ فُلَانٍ إِذَا كَانَ مِثْلَهُ فِي الْقُوَّةِ. وَيُقَالُ: فُلَانٌ مُقْرِنٌ لِفُلَانٍ أَيْ ضَابِطٌ لَهُ. وَأَقْرَنْتُ كَذَا أَيْ أَطَقْتُهُ. وَأَقْرَنَ لَهُ أَيْ أَطَاقَهُ وَقَوِيَ عَلَيْهِ، كَأَنَّهُ صَارَ لَهُ قِرْنًا. قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " وَما كُنَّا لَهُ مُقْرِنِينَ" أَيْ مُطِيقِينَ. وَأَنْشَدَ قُطْرُبٌ قَوْلَ عَمْرِو بن معد يكرب: لَقَدْ عَلِمَ الْقَبَائِلُ مَا عُقَيْلٌ ... لَنَا فِي النَّائِبَاتِ بِمُقْرِنِينَا وَقَالَ آخَرُ: رَكِبْتُمْ صَعْبَتِي أَشَرًا وَحَيْفًا ... وَلَسْتُمْ لِلصِّعَابِ بِمُقْرِنِينَا وَالْمُقْرِنُ أَيْضًا: الَّذِي غَلَبَتْهُ ضَيْعَتُهُ، يَكُونُ لَهُ إِبِلٌ أَوْ غَنَمٌ وَلَا مُعِينَ لَهُ عَلَيْهَا، أَوْ يَكُونُ يَسْقِي إِبِلَهُ وَلَا ذَائِدَ لَهُ يَذُودُهَا. قَالَ ابْنُ السِّكِّيتِ: وَفِي أَصْلِهِ قَوْلَانِ: أَحَدُهُمَا- أَنَّهُ مَأْخُوذٌ مِنَ الْإِقْرَانِ، يُقَالُ: أَقْرَنَ يُقْرِنُ إِقْرَانًا إِذَا أَطَاقَ. وَأَقْرَنْتَ كَذَا إِذَا أَطَقْتَهُ وَحَكَمْتَهُ، كَأَنَّهُ جعله
(١). أي أبو بكر وعمر لم يكونا حاضرين. (٢). راجع ج ١٠ ص ٧٢ [ ..... ]

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