Je (l’auteur) dis :
Le Messager d’Allah – que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui – fut croyant en Allah, le Très-Glorieux, depuis son enfance jusqu’à l’âge de puberté, comme cela a été établi plus haut.
On a dit encore, au sujet de la Parole du Très-Haut : « Tu ne savais pas ce qu’était le Livre ni la foi » :
c’est-à-dire que tu appartenais à un peuple illettré, qui ne connaît ni le Livre ni la foi, de sorte qu’il ne puisse être prétendu que tu aurais emprunté ce que tu leur apportes à quelqu’un parmi eux qui le connaissait.
C’est le même sens que dans Sa parole :
« Tu ne récitais, avant cela, aucun Livre et tu n’en traçais pas [les lettres] de ta droite ; sinon, les imposteurs se seraient certainement livrés au doute. »(1) [Al-ʿAnkabût, 48].
Ce sens est rapporté d’Ibn ʿAbbâs – qu’Allah l’agrée, lui et son père.
« Mais Nous l’avons fait… »
Ibn ʿAbbâs et Ad-Ḍaḥḥâk disent : il s’agit ici de la foi.
As-Suddî : le Coran.
Il a également été dit : la Révélation, c’est-à-dire : Nous avons fait de cette révélation
« une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons »,
à savoir celui que Nous choisissons pour la Prophétie,
comme dans Sa parole :
« Il accorde Sa miséricorde à qui Il veut. »(2) [Âl ʿImrân, 74].
Le pronom a été employé au singulier, parce qu’un verbe suivi de plusieurs compléments est, sous ce rapport, assimilé à un verbe suivi d’un seul complément ; ne vois-tu pas que l’on dit : « Ton arrivée et ton départ me plaisent », où le verbe reste au singulier bien qu’il y ait deux sujets ?
« Et certes, tu guides »
– c’est-à-dire : tu appelles et tu conduis –
« vers un chemin droit »,
une religion ferme, exempte de toute déviation.
ʿAlî (qu’Allah l’agrée) a dit : vers un Livre droit.
ʿÂṣim al-Jaḥdarî et Ḥawshab ont lu : « Et certes, tu es guidé » (forme passive), c’est-à-dire : tu es appelé.
Les autres lecteurs ont lu : « tu guides » (forme active).
Dans la lecture de Ubayy : « Et certes, tu appelles ».
An-Naḥḥâs dit : cette dernière lecture ne doit pas être récitée, car elle contredit le rasm (le texte consonantique officiel) ; on ne la considère que comme une explication de son auteur, à la manière d’un commentaire, tout comme il a dit : « Et certes, tu guides », c’est-à-dire : tu appelles.
Maʿmar a rapporté, d’après Qatâdah, au sujet de la Parole du Très-Haut :
« Et certes, tu guides vers un chemin droit » :
[il a dit] : « …et à chaque communauté un guide. »(3) [Ar-Raʿd, 7].
« Le chemin d’Allah »
est un remplacement (badal) du premier syntagme, le défini remplaçant l’indéfini.
ʿAlî a dit : c’est le Coran.
D’autres ont dit : c’est l’Islam ; cela est rapporté par An-Nawwâs ibn Samʿân d’après le Prophète – paix et salut d’Allah sur lui.
« Lui qui possède tout ce qui est dans les cieux et sur la terre »
par la souveraineté et la servitude, ou par la création.
« En vérité, vers Allah retournent toutes choses »
constitue une menace annonçant la résurrection et la rétribution.
Sahl ibn Abî l-Jaʿd dit : « Un muṣḥaf brûla et il n’en resta que la parole : “En vérité, vers Allah retournent toutes choses”. Un autre muṣḥaf tomba à l’eau ; tout son texte s’effaça, hormis cette même parole : “En vérité, vers Allah retournent toutes choses”. »
Et la louange appartient à Allah Seul.