car c’était là la station d’Ibrâhîm – paix sur lui.
Et si l’on objecte : « Or Allah – Très-Haut – a dit : « Dis : Suivez plutôt la religion d’Ibrâhîm » (1) [Al-Baqarah, 135], puis : « Suis la religion d’Ibrâhîm » (2) [An-Nahl, 123], et encore : « Il vous a prescrit, en matière de religion… » (3) [Ash-Shûrâ, 13] – verset –, ce qui suppose qu’il était déjà lié à une loi révélée », la réponse est que cela ne concerne que les points sur lesquels les législations ne divergent pas : l’affirmation de l’unicité et l’établissement de la religion, comme cela a été exposé ailleurs et dans cette même sourate, à propos de Sa parole : « Il vous a prescrit, en matière de religion… » [Ash-Shûrâ, 13]. Louange à Allah.
Quatrièmement, une fois ce principe établi, sache que les savants ont divergé sur le sens de la parole du Très-Haut : « Tu ne connaissais ni le Livre ni la foi ».
– Un groupe, rapporté par Ath-Tha‘labî, a expliqué que « la foi » désigne ici les prescriptions et les repères de la foi.
– D’autres ont dit : il s’agit des détails de cette Loi, c’est-à-dire que tu étais ignorant de ces détails ; Al-Qushayrî mentionne qu’il est permis d’employer le terme « foi » pour désigner les ramifications de la Sharî‘ah.
– Il a également été avancé : avant la Révélation, tu ne savais pas réciter le Coran ni appeler les créatures à la foi ; semblable propos est rapporté d’Abû Al-‘Âliyah.
– Le juge Bakr a dit : tu ne connaissais pas non plus la foi entendue comme obligations et règles. Il ajoute : auparavant, il croyait déjà en l’unicité d’Allah ; puis les obligations, qu’il ignorait jusque-là, furent révélées, si bien que, par la charge légale, sa foi s’accrut. Ces quatre explications sont proches les unes des autres.
– Ibn Khuzaymah a soutenu que le mot « foi » vise ici la prière, conformément à la parole du Très-Haut : « Allah n’allait pas laisser perdre votre foi » (4) [Al-Baqarah, 143], c’est-à-dire votre prière tournée vers Bayt al-Maqdis ; l’expression est donc générale, tandis que l’intention porte sur un cas particulier.
– Al-Husayn b. al-Faḍl dit : « Tu ne connaissais ni le Livre ni les gens de la foi » ; il s’agit d’une ellipse du complément, c’est-à-dire : qui, parmi eux, croit ? Abû Ṭâlib, al-‘Abbâs ou d’autres ?
– Autre avis : tu ne savais rien lorsque tu étais dans le berceau et avant la puberté.
– Al-Mâwardî rapporte une opinion semblable d‘Alî b. ‘Isâ : tu n’aurais pas connu le Livre sans la mission prophétique, ni la foi sans la puberté.
– Une autre interprétation dit : tu n’aurais pas connu le Livre sans Notre bienfait à ton égard, ni la foi sans Notre guidée ; ce qui est plausible.
Quant au terme « foi » ici, deux opinions sont retenues :
- Il s’agit de la foi en Allah, que le Prophète connut après sa puberté et avant la prophétie.
- Il désigne la religion de l’Islam, qu’il ne connut qu’après l’envoi de la révélation.