Quant à lui – qu’Allah prie sur lui et le salue –, il était croyant en Allah, le Très-Glorieux ; jamais il ne se prosterna devant une idole, n’associa quoi que ce fût à Allah, ne commit fornication, ne but de vin ; il n’assista pas non plus aux veillées de divertissement (1), ni au pacte d’al-Maṭar (2), ni à l’alliance des Muṭayyabīn (3). Bien au contraire, Allah l’en préserva et l’en protégea.
Si l’on objecte : « ‘Uthmân b. Abî Shaybah a pourtant rapporté, avec sa chaîne, d’après Jâbir, que le Prophète – paix et salut sur lui – participait avec les polythéistes à leurs rassemblements ; il aurait entendu alors deux anges derrière lui, l’un disant à l’autre : “Va, tiens-toi derrière lui”, et l’autre de répondre : “Comment me placer derrière lui alors qu’il vient encore d’honorer les idoles et ne s’en est point abstenu ?” » –
la réponse est que ce ḥadîth a été fermement rejeté par l’Imâm Aḥmad b. Ḥanbal, qui déclara : « Ce récit est fabriqué ou proche de la fabrication. » Ad-Dâraquṭnî ajouta : « ‘Uthmân s’est trompé dans sa chaîne ; dans son ensemble, le hadith est désavoué, son isnâd n’emporte pas l’accord ; qu’on n’y prête donc aucune attention. »
À l’inverse, ce qui est authentiquement connu du Prophète – paix et salut sur lui – auprès des gens de science, c’est sa parole : « Les idoles me furent rendues odieuses », ainsi que sa réponse, dans l’épisode de Baḥîrâ : lorsque ce dernier le conjura par al-Lât et al-‘Uzzâ, à l’occasion de leur rencontre en Syrie durant un voyage entrepris avec son oncle Abû Ṭâlib alors qu’il n’était encore qu’un enfant, le moine, ayant décelé en lui les signes de la prophétie, voulut l’éprouver. Le Prophète – paix et salut sur lui – lui dit alors : « Ne me conjure pas par elles ; par Allah, jamais je n’ai haï quoi que ce soit autant qu’elles. » Baḥîrâ insista : « Par Allah, informe-moi donc de ce que je t’interroge », et lui répondit : « Interroge sur ce qu’il te plaira. »
De même, il est bien établi dans sa biographie – paix et salut sur lui –, et c’est là une faveur qu’Allah lui accorda, qu’avant même la Révélation il s’opposait aux polythéistes qui, lors du ḥajj, se tenaient à Muzdalifa, alors que lui, il se tenait à ‘Arafât, parce qu’il était