Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Deuxièmement – Des juristes se sont appuyés sur ce verset pour juger que celui qui a juré de ne plus adresser la parole à un homme puis lui dépêche un intermédiaire a violé son serment, car l’envoyé y est qualifié de « parlant » à l’égard du destinataire, sauf si le sermenteur avait expressément l’intention d’une adresse verbale en face-à-face.

Ibn al-Mundhir a dit : Les savants ont divergé au sujet d’un homme qui jure de ne pas parler à Untel, puis lui écrit une lettre ou lui envoie un messager.
• Ath-Thawrî : « Le messager ne constitue pas une parole. »
• Ach-Shâfiʿî : « Il n’apparaît pas qu’il rompe son serment. »
• An-Nakhaʿî : « En ce qui concerne la lettre, il a bel et bien rompu son serment. »
• Mâlik : « Il se parjure aussi bien par la lettre que par le messager. » Il déclara toutefois à une autre occasion : « Le messager est plus léger (moins grave) que la lettre. »
• Abû ʿUbayd : « La parole est autre chose que l’écriture et que le geste. »
• Abû Thawr : « Il ne se parjure pas par la lettre. »

Ibn al-Mundhir conclut : « Il ne se parjure ni par la lettre ni par le messager. »

Je dis : Tel est aussi l’avis de Mâlik.

Abû ʿUmar rapporte : « Celui qui a juré de ne pas parler à un homme puis le salue – volontairement ou par oubli –, ou salue un groupe dans lequel il se trouve, a, selon Mâlik, rompu son serment dans tous ces cas. Mais s’il lui envoie un messager, ou le salue au cours de la prière, il n’a pas rompu son serment. »

Je dis : Il se parjure toutefois dans le cas du messager, à moins qu’il n’ait visé une conversation directe, conformément au verset ; tel est l’avis de Mâlik et d’Ibn al-Mâjishûn. Ce point a déjà été longuement traité au début de la sourate Maryam[1]. Louange à Allah.

[1] Nos savants ont exposé cette question de façon complète – qu’Allah leur fasse miséricorde.

Sourate ach-Chûrâ (42), versets 52-53 :
« De même, Nous t’avons révélé un esprit (ar-Rûḥ) émanant de Notre ordre. Tu ne savais pas ce qu’étaient le Livre ni la foi ; mais Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Et certes, tu guides vers un chemin droit, le chemin d’Allah, à qui appartient ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. En vérité, c’est vers Allah que toutes les affaires reviennent. »

Il y a dans ces versets quatre questions.
Premièrement – Sa parole – Exalté soit-Il : « Et de même, Nous t’avons révélé ». Autrement dit : de la même manière que Nous avons révélé aux prophètes avant toi, Nous t’avons révélé
« un esprit » : c’est-à-dire la prophétie, selon Ibn ʿAbbâs.
Al-Ḥasan et Qatâda : « une miséricorde venant de Nous ».
As-Suddi : « une révélation ».
Al-Kalbî : « un Livre ».
Ar-Rabîʿ : c’est l’ange Jibrîl.
Ad-Ḍaḥḥâk : c’est le Coran – et c’est également l’avis

الثَّانِيَةُ- احْتَجَّ بِهَذِهِ الْآيَةِ مَنْ رَأَى فِيمَنْ حَلَفَ أَلَّا يُكَلِّمَ رَجُلًا فَأَرْسَلَ إِلَيْهِ رَسُولًا أَنَّهُ حَانِثٌ، لِأَنَّ الْمُرْسَلَ قَدْ سُمِّيَ فِيهَا مُكَلِّمًا لِلْمُرْسَلِ إِلَيْهِ، إِلَّا أَنْ يَنْوِيَ الْحَالِفُ الْمُوَاجَهَةَ بِالْخِطَابِ. قَالَ ابْنُ الْمُنْذِرِ: وَاخْتَلَفُوا فِي الرَّجُلِ يَحْلِفُ أَلَّا يُكَلِّمَ فُلَانًا فَكَتَبَ إِلَيْهِ كِتَابًا أَوْ أَرْسَلَ إِلَيْهِ رَسُولًا، فَقَالَ الثَّوْرِيُّ: الرَّسُولُ لَيْسَ بِكَلَامٍ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يَبِينُ أَنْ يَحْنَثَ. وَقَالَ النَّخَعِيُّ: وَالْحُكْمُ فِي الْكِتَابِ يَحْنَثُ. وَقَالَ مَالِكٌ: يَحْنَثُ فِي الْكِتَابِ وَالرَّسُولِ. وَقَالَ مَرَّةً: الرَّسُولُ أَسْهَلُ مِنَ الْكِتَابِ. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدٍ: الْكَلَامُ سِوَى الْخَطِّ وَالْإِشَارَةِ. وَقَالَ أَبُو ثَوْرٍ: لَا يَحْنَثُ فِي الْكِتَابِ. قَالَ ابْنُ الْمُنْذِرِ: لَا يَحْنَثُ فِي الْكِتَابِ وَالرَّسُولِ. قُلْتُ: وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ. قَالَ أَبُو عُمَرَ: وَمَنْ حَلَفَ أَلَّا يُكَلِّمَ رَجُلًا فَسَلَّمَ عَلَيْهِ عَامِدًا أَوْ سَاهِيًا، أَوْ سَلَّمَ عَلَى جَمَاعَةٍ هُوَ فِيهِمْ فَقَدْ حَنِثَ فِي ذَلِكَ كُلِّهِ عِنْدَ مَالِكٍ. وَإِنْ أَرْسَلَ إِلَيْهِ رَسُولًا أَوْ سَلَّمَ عَلَيْهِ فِي الصَّلَاةِ لَمْ يَحْنَثْ. قُلْتُ: يَحْنَثُ فِي الرَّسُولِ إِلَّا أَنْ يَنْوِيَ الْمُشَافَهَةَ، لِلْآيَةِ، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ وَابْنِ الْمَاجِشُونِ. وَقَدْ مَضَى فِي أَوَّلِ " سُورَةِ مَرْيَمَ" «١» هَذَا الْمَعْنَى عن علمائنا مستوفى، والحمد لله. [سورة الشورى (٤٢) : الآيات ٥٢ الى ٥٣] وَكَذلِكَ أَوْحَيْنا إِلَيْكَ رُوحاً مِنْ أَمْرِنا مَا كُنْتَ تَدْرِي مَا الْكِتابُ وَلا الْإِيمانُ وَلكِنْ جَعَلْناهُ نُوراً نَهْدِي بِهِ مَنْ نَشاءُ مِنْ عِبادِنا وَإِنَّكَ لَتَهْدِي إِلى صِراطٍ مُسْتَقِيمٍ (٥٢) صِراطِ اللَّهِ الَّذِي لَهُ مَا فِي السَّماواتِ وَما فِي الْأَرْضِ أَلا إِلَى اللَّهِ تَصِيرُ الْأُمُورُ (٥٣) فِيهِ أَرْبَعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَكَذلِكَ أَوْحَيْنا إِلَيْكَ" أَيْ وَكَالَّذِي أَوْحَيْنَا إِلَى الْأَنْبِيَاءِ مِنْ قَبْلِكَ أَوْحَيْنَا إِلَيْكَ " رُوحاً" أَيْ نُبُوَّةً، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ. الْحَسَنُ وَقَتَادَةُ: رَحْمَةً مِنْ عِنْدِنَا. السُّدِّيُّ: وَحْيًا. الْكَلْبِيُّ: كِتَابًا. الرَّبِيعُ: هُوَ جبريل. الضحاك: هو القرآن. وهو قول
(١). راجع ج ١١ ص ٨٦

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