Il y est question de deux points :
Premièrement – Sa parole – Exalté soit-Il :
« Il n’appartient à aucun être humain qu’Allah lui parle si ce n’est par révélation ».
La raison en est que les Juifs dirent au Prophète – paix et bénédictions sur lui : « Ne veux-tu donc pas parler à Allah et Le regarder, si tu es réellement Prophète, comme Moïse Lui a parlé et L’a contemplé ? Nous ne croirons pas en toi tant que tu n’auras pas fait cela. » Le Prophète – paix et bénédictions sur lui – répondit :
« En vérité, Moïse ne Le contemplera jamais. »
C’est alors que fut révélé :
« Il n’appartient à aucun être humain qu’Allah lui parle si ce n’est par révélation »,
affirmation rapportée par an-Naqqâsh, al-Wâḥidî et ath-Thaʿlabî.
« Par révélation » : Mujâhid a dit : « C’est un souffle qu’Il insuffle dans son cœur, cela devient une inspiration. » De cela relève la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui :
« L’Esprit Saint a insufflé dans mon for intérieur[1] : “Nulle âme ne mourra avant d’avoir achevé sa subsistance et son terme ; craignez donc Allah et recherchez [les biens] avec mesure ; prenez ce qui est licite et laissez ce qui est illicite.” »
« Ou de derrière un voile » : comme lorsqu’Il parla à Moïse.
« Ou qu’Il dépêche un Messager » : tel l’envoi de Jibrîl – paix sur lui.
On a dit encore :
« Par révélation » : une vision qu’il voit durant son sommeil – propos de Muḥammad b. Zuhayr.
« Ou de derrière un voile » : comme lorsqu’Il parla à Moïse.
« Ou qu’Il dépêche un Messager » : Zuhayr dit : « Il s’agit de Jibrîl – paix sur lui. »
« Alors il révèle, par Sa permission, ce qu’Il veut » : cette révélation transmise par les messagers est une adresse qu’ils font entendre aux prophètes d’une voix articulée et qu’ils voient de leurs yeux ; ainsi en était-il de Jibrîl – paix sur lui – lorsqu’il descendait avec la révélation sur le Prophète – paix et bénédictions sur lui.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Jibrîl – paix sur lui – est descendu vers chaque prophète, mais personne ne l’a vu parmi eux si ce n’est Muḥammad, ʿĪsâ, Mûsâ et Zakariyyâ – sur eux la paix. Quant aux autres, la révélation leur parvenait sous forme d’inspiration dans le sommeil. »
On a également dit :
« Si ce n’est par révélation » : c’est-à-dire par l’envoi de Jibrîl ;
« ou de derrière un voile » : comme lorsqu’Il parla à Moïse ;
« ou qu’Il dépêche un Messager » : vers l’ensemble des gens.
Az-Zuhrî, Shayba et Nāfiʿ récitent : « aw yursilu rasūlan fayūḥiya » avec les deux verbes au nominatif, tandis que le reste des lecteurs les récitent à l’accusatif. Le nominatif marque une nouvelle proposition : « et Il envoie… ».
On a dit encore : « yursilu » au nominatif tient ici lieu de circumstanciel, le sens étant : « si ce n’est en révélant ou en envoyant. » Ceux qui le lisent à l’accusatif le coordonnent à l’emplacement du mot « révélation », car le sens est : « Il n’appartient à aucun humain qu’Allah lui parle si ce n’est qu’Il révèle ou qu’Il envoie. » Il est aussi possible de comprendre l’accusatif par l’ellipse de la préposition dans « an » sous-entendu, le verbe occupant alors la fonction de circonstanciel : « ou en envoyant un Messager. »
Il n’est pas correct de coordonner « ou qu’Il envoie » – à l’accusatif – à « qu’Il lui parle », car cela corromprait le sens : « Il ne conviendrait pas qu’Allah envoie un homme ou qu’Il lui envoie un Messager », alors qu’Il a bel et bien envoyé des messagers issus des humains et leur a envoyé des messagers.
[1] Rūʿî : mon for intérieur, mon cœur.