On rapporte qu’on amena un khunthâ des Anṣâr et que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – dit :
« Attribuez-lui la part successorale d’après le premier organe par lequel il urine. »
C’est ce qu’a également rapporté Muḥammad b. al-Ḥanafiyya d’après ʿAlî, et quelque chose de semblable est rapporté de Ibn ʿAbbâs. Tel est l’avis d’Ibn al-Musayyab, d’Abû Ḥanîfa, d’Abû Yûsuf et de Muḥammad (b. al-Ḥasan), et al-Muzanî l’a relaté au nom de ash-Shâfiʿî.
D’autres ont objecté : « La miction ne constitue pas un indice probant. »
Si l’urine s’écoule par les deux orifices à la fois, Abû Yûsuf juge qu’on statue selon l’organe dont l’émission est la plus abondante. Abû Ḥanîfa rejeta cette opinion et s’exclama : « Irais-tu jusqu’à la peser ?! » Quant aux disciples de ash-Shâfiʿî, ils n’ont pas retenu la quantité comme critère.
Il est rapporté de ʿAlî et de al-Ḥasan qu’ils dirent : « On compte ses côtes, car la femme en possède une de plus que l’homme. » La parole des savants à ce sujet a déjà été exposée, de façon détaillée, dans le verset des successions de « Les Femmes »(1) – louange à Allah.
Quatrièmement –
Le qâḍî Abû Bakr ibn al-ʿArabî a déclaré : « Certaines figures de la masse ont nié l’existence du khunthâ, sous prétexte qu’Allah Très-Haut a réparti la création entre mâle et femelle. »
Nous disons : voilà une ignorance de la langue, une sottise indigne de l’éloquence et une méconnaissance de l’étendue de la Puissance. Quant à la Puissance d’Allah – exalté soit-Il –, elle est immense et Il est Omniscient; quant au sens apparent du Coran, il ne nie nullement l’existence du khunthâ, car Allah – Très-Haut – dit :
« À Allah appartient la royauté des cieux et de la terre; Il crée ce qu’Il veut. »
Il s’agit d’une louange formulée de manière générale, qu’il n’est pas permis de restreindre, car Sa Puissance l’exige. Quant à Sa parole :
« Il accorde des filles à qui Il veut, et accorde des garçons à qui Il veut; ou Il les associe garçons et filles, et rend stérile qui Il veut »,
elle décrit ce qui prévaut habituellement parmi les créatures et se tait sur le cas(2) rare, puisqu’il est déjà compris dans la portée générale de la première parole. La réalité l’atteste, et la vue même dément celui qui le nie. Ainsi, il étudiait jadis avec nous, au ribât Abû Saʿîd, auprès de l’imâm martyr venu du Maghreb, un khunthâ dépourvu de barbe, doté de deux seins et ayant à son service une esclave; ton Seigneur en sait mieux que quiconque. Malgré la longue fréquentation, la pudeur m’a empêché de l’interroger, et je regrette aujourd’hui de ne pas l’avoir questionné sur son état.
[Surate ash-Shûrâ (42), verset 51]
« Il n’appartient à aucun être humain qu’Allah lui parle si ce n’est par révélation, ou de derrière un voile, ou qu’Il dépêche un Messager qui révèle alors, par Sa permission, ce qu’Il veut. En vérité, Il est le Très-Haut, le Sage. » (51)